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Alice Van Den Abeele 2

Alice Van Den Abeele

Cofondatrice de la vénérable ALICE Gallery installée à Bruxelles voici une dizaine d’années. Alice Van Den Abeele, notre Inspiring Woman du mois, promeut l’art des sous-cultures en marge des institutions. La galeriste, qui a développé un instinct infailible quant aux talents en devenir, ne se contente pas de les dénicher et ne cherhce pas à obtenir le consentement des élites artistiques pour redéinir ce qui “mérite d’être exposé dans un musée”. Alice collabore également à un projet ambitieux répondant au nom de "MIMA", un tout nouveau musée d’art contemporain basé à Molenbeek (Bruxelles), à deux pas du quartier Dansaert, dans une commune dont la réputation a été ternie par l’actualité de ces derniers mois. Véritable apôtre de l’art bottom-up issu d’internet, à l’écoute permanente de la génération d’artistes actuels et à venir, qui agit en toute indépendance de l’establishment, Alice est pour nous une véritable source d’inspiration.

Parlez-nous de votre enfance.

J’ai grandi dans la campagne de Hamme, pas très loin de Bruxelles. Ma mère était femme au foyer, mon père travaillait dans les assurances. J’ai quitté le cocon familial à l’âge de 15 ans parce que le système scolaire belge ne me convenait pas et que mon frère était lui aussi parti faire des études à l’étranger. J’ai demandé à mes parents d’aller dans un internat en Angleterre pour obtenir mon baccalauréat international, ce qu’ils ont accepté.

En quoi est-ce différent des écoles belges ?

Comme dans le système américain, on choisit les cours qui nous intéressent. Le cours d’art et histoire de l’art était donné par Paul Saville, un professeur tout simplement extraordinaire.

Vous vous êtes intéressée à l’art dès l’adolescence ?

Oui, à la pratique artistique surtout. Une fois mon diplôme en poche, je me suis rendue à Londres pour étudier l’architecture intérieure pendant un an. Ce n’était pas vraiment ma tasse de thé. Je me suis donc lancée dans l’étude de l’histoire de l’art au Simmons College à Boston. Je continuais à peindre, mais j’ai abandonné au bout d’un an car ce je me suis vite rendu compte que ce n’est pas ce que je faisais de mieux. (rires)

Est-ce à ce moment-là que vous avez eu l’idée d’ouvrir une galerie ?

Non, pas vraiment. J’ai fait plusieurs stages et j’ai travaillé dans différentes galeries avant de mettre le cap sur Paris pour rendre visite à un ami. J’y ai travaillé un certain temps pour une société événementielle et de télé-réalité, jusqu’à sa fermeture. J’ai rencontré Raph, mon mari et partenaire, lors d’un week-end à Bruxelles. Il me fallait faire un choix : rester à Paris et trouver un autre boulot ou revenir à Bruxelles, ce que j’ai fait.

Alice est aussi le prénom de ma grand-mère. L’artiste Sozyone Gonzalez a imaginé l’acronyme "Artists Living In Constant Elevation".

Qu’avez-vous fait à votre retour à Bruxelles ?

Alice Van Den Abeele : J’ai travaillé dans une galerie et organisé avec quelques amis des soirées courts métrages, baptisées "Future Shorts". Un jour, alors que j’étais à Paris avec Raph, nous sommes tombés sur une librairie qui tenait une petite galerie à l’arrière. De retour à Bruxelles, j’ai suggéré à Raph de faire pareil, à savoir ouvrir une galerie avec un petit magasin à l’avant où l’on expliquerait ce qui se passe à l’arrière de l’établissement. Quelques mois plus tard, nous avons ouvert A.L.I.C.E. rue Antoine Dansaert. Alice est mon prénom mais aussi celui de ma grand-mère. L’artiste Sozyone Gonzalez a imaginé l’acronyme "Artists Living In Constant Elevation".

Comment se passe la collaboration avec votre mari ? Que les choses soient bien claires : je ne pourrais pas faire tout ceci sans lui et un bon équilibre est indispensable. Pas question de parler administration, clients ou finances en-dehors du bureau et de la galerie. Mais le fait de voir et de parler des œuvres d’un artiste, de lire des livres est une véritable source d’inspiration 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est la partie la plus intéressante du travail. Nous avons chacun un rôle bien précis à jouer dans la galerie. Pas question d’empiéter sur les plates-bandes de l’autre.

Parlez-nous de votre nouveau projet, le Millennium Iconoclast Museum of Art (MIMA). Qui est à l’origine de ce concept ?

Au départ, le musée n’était pas notre idée mais celle de Michel de Launoit et de sa femme Florence. Ce couple de Bruxellois a conçu "La Ligue d'Impro". Ils s’intéressent à notre galerie depuis longtemps. Ils ont à cœur de promouvoir l’art et la culture au sens large.

Comment ont-ils pensé à vous ?

Ils voyagent énormément. Ils se sont demandé pourquoi il y a si peu d’institutions en Europe qui promeuvent l’art et les artistes que nous présentons à la ALICE Gallery. Ils savent que nous attirons un large public de visiteurs réguliers et que nous attachons beaucoup d’attention à nos artistes. Ce constat a suscité pas mal de réflexions. Les artistes que je pense être importants pour notre génération ne sont malheureusement pas assez présents dans les institutions européennes. Je me suis dit: "ce projet est fou." Mais en même temps, parce qu’il s’agit d’une galerie commerciale et que le grand public hésite parfois à pousser la porte de tels lieux. Après mûre réflexion, nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure !

Quelle forme d’art le MIMA veut-il mettre en avant ?

Nous promouvons les artistes contemporains qui se différencient par les moyens qu’ils utilisent et leur style de vie. Ils ont toutefois un point commun : ils ont réussi à se faire apprécier du grand public grâce à internet. La culture est désormais bottom-up et la plupart des artistes que nous promouvons et défendons ont acquis une certaine visibilité grâce à leurs pairs et non à l’une ou l’autre institution. Le MIMA veut aussi promouvoir des artistes avec lesquels nous ne pourrions probablement jamais collaborer à la ALICE Gallery, mais qui délivrent des messages ou expriment des idées très intéressantes sur le monde actuel qui méritent d’être amplifiés. Nous aimerions aller encore plus loin dans notre démarche, on verra avec le temps.

La situation du musée à Molenbeek a elle aussi son importance. Est-ce une décision délibérée ?

Molenbeek est au cœur d’un formidable multiculturalisme auquel nous tenons beaucoup. Il y a la proximité de différentes communautés, des touristes en visite et du centre historique de Bruxelles. Ce n’est pas toujours évident, mais c’est précisément ce qui fait la richesse du lieu. J’y ai habité pendant dix ans et cela m’a encouragée à poursuivre mon projet et à rendre la ville meilleure à tous les niveaux possibles. Mais Bruxelles est en mauvaise posture pour le moment. J’ai parfois l’impression de ne rien recevoir en retour.

Quel changement espérez-vous ?

J’aimerais un pouvoir décisionnel plus centralisé. J’aimerais que tous les Bruxellois paient leurs taxes pour que la ville soit moins endettée. J’aimerais que des experts du monde entier viennent voir Bruxelles et réfléchissent à la meilleure façon de rendre la ville plus verte et moins encombrée de voitures. Je pense que le problème de la mobilité doit être appréhendé dans sa globalité. Les amis qui vivent dans le haut de la ville me demandent où ils peuvent se garer ou comment se rendre au musée. Bruxelles est une petite ville. Il faut encourager les déplacements à vélo.

Vous avez indéniablement un goût artistique très développé. Mais quel rapport avec la mode ?

Pour moi, la mode doit être confortable avant tout parce que je suis une grande frileuse (rires). Quand je trouve un pantalon ou un sweat à mon goût, je l’achète dans différentes couleurs et le porte très longtemps. Le matin, je m’habille en fonction de mes activités prévues en journée, des éventuels rendez-vous. Il n’y a pas un styliste que je préfère. Je n’ai pas le temps de réfléchir à la mode. Pour moi, le style est avant tout une question de tissu, de douceur. Le type de matériau et le lieu de fabrication ont plus d’importance à mes yeux que la marque. La dimension éthique de la mode me préoccupe beaucoup plus qu’avant, c’est certain. Mais comme je l’ai dit, je n’ai ni le temps ni l’ambition cérébrale de m’occuper de mode.

Revenons-en à l’art. Que pouvez-vous nous dire à propos de la première exposition du MIMA ?

 Pour l’ouverture, nous avons programmé l’exposition "City Lights" qui met en scène cinq artistes américains : Faile, Swoon, Maya Hayuk et Momo. Quand on a peu de temps pour monter un projet, mieux vaut travailler avec des personnes en qui on a confiance. Il fallait un artiste principal et j’ai choisi Maya Hayuk avec qui je collabore depuis très longtemps. Ses œuvres exposées au musée Bonnefanten m’ont beaucoup touchée. Je les ai photographiées mais les photos étaient évidemment moins émouvantes que les œuvres in situ. Quand j’ai visité l’espace encore non aménagé, j’ai immédiatement pensé à elle. J’étais heureuse de pouvoir donner à ses œuvres la possibilité d’exprimer tout leur potentiel d’émotions.

Comment avez-vous impliqué les autres artistes ?

Momo a été très inspiré par l’immeuble qui abrite le MIMA. Il connaît bien Faile, ainsi que Swoon et Maya connaît Swoon. Autrement dit, ces artistes sont tous interconnectés. C’est fabuleux, non ? Quand j’ai évoqué la possibilité d’organiser une exposition commune, ils ont immédiatement réagi positivement.

Comment le public peut-il soutenir le musée ?

En venant tout simplement, avec les amis, la famille car l’achat du ticket d’entrée est déjà une grande contribution en soi. Si vous voulez vous engager plus avant, vous pouvez devenir ami du MIMA et à ce titre, recevoir un pack avec le premier catalogue. J’ai été très surprise de pouvoir lever autant de fonds grâce aux dons de particuliers. Je leur suis énormément reconnaissante, c’est vraiment incroyable. Les sociétés peuvent elles aussi se faire partenaires. Plusieurs partenariats sont actuellement en cours de négociation. Jusqu’à présent, le musée a bénéficié d’un formidable soutien alors qu’il n’a pas encore ouvert ses portes. La pression est là, c’est certain !

Nous vous souhaitons le meilleur. Rendez-vous à l’ouverture !

"City Lights"

24.03.2016 - 28.08.2016

MIMA

Quai du Hainaut 33

1080 Bruxelles

www.mimamuseum.eu