Femmes Inspirantes

Xandres a eu l'honneur de rencontrer plusieurs femmes fortes du monde du sport, de la mode, la musique et plus. Découvrez toutes les interviews.

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for Xandres

« Un geste simple, un maximum d’effet » : voilà qui résume bien notre nouvelle collaboration « Inspiring Women ». Pour ce sixième partenariat, Xandres a fait appel à la créatrice de cols, styliste et optimiste full time Liesbeth Diels. Avec sa marque Lilirooz, elle ravit depuis deux ans les amatrices d’un look effet col sans s’encombrer d’une chemise complète. Avant de se faire connaître, Liesbeth a animé de multiples workshops de langues aux jeunes bruxellois tout en poursuivant son rêve : la mode. C’est via un job dans le marketing que celui-ci a commencé à prendre forme : Liesbeth s’est rapidement avérée à la hauteur en exerçant ses talents de styliste sur les shootings. « C’était comme rentrer à la maison », confie-t-elle. En tous cas au début, puisque ce n’est qu’après une période d’apprentissage qu’elle a décidé de tenter l’aventure en tant qu’indépendante. Depuis, Liesbeth est la styliste de référence de différentes personnalités flamandes et ses petits cols Lilirooz ornent le cou de femmes célèbres ainsi que moins connues. Et à partir de maintenant aussi avec le col exclusif en édition limitée « Lilirooz for Xandres ». C’est depuis son loft-slash-atelier digne de Pinterest qu’elle nous en dit un peu plus sur son parcours et ses passions.

D’où est venue l’inspiration pour créerta marque ?

Il y a quelques années, j’ai franchi le pas pour devenir styliste indépendante et personal shopper. En observant les garde-robes des femmes et en discutant avec elles, je ressentais fortement que chacune avait envie de briller à sa manière. L’une osera tout pour se démarquer lorsqu’une autre préfèrera un petit détail original. Moi-même, j’achetais régulièrement des chemises, mais plutôt parce que j’aimais porter des cols que la chemise elle-même. Et puis, la plupart des gens disposent d’espaces de rangement limités, les armoires sont pleines. Je voulais créer quelque chose de pratique et petit, au facteur de bien-être élevé, et pas seulement lancer une énième autre marque parce je devais absolument faire « quelque chose de branché ». Je me suis avant tout demandée : « Que puis-je faire pour les nombreuses femmes qui se sentent mal dans leur peau ? ». J’en suis vite venue à la conclusion qu’un beau col peut aider une femme à se sentir plus confiante en elle.

Au fait, d’où vient le nom Lilirooz ?

Ma fille ainée s’appelle Amélie-Rooz et la plus jeune Lili-Loïs. Pendant ma première grossesse, j’ai commencé un blog autour de la mode belge, et je l’ai appelé Lilirooz. J’ai ensuite arrêté le blog et j’ai continué à utiliser le nom : il est aussi une petite partie de moi.

Songeais-tu déjà à amener tes propres créations sur le marché lorsque tuasdécidé de devenir indépendante ?

Je ne pensais pas tant à créer, plutôt au styling. Durant mon dernier job fixe, j’ai travaillé en tant que styliste en fournissant simplement à de beaux magasins un shooting sur mesure. C'est ainsi que j'ai commencé à travailler avec des photographes intéressants et que j'ai rencontré Noémie Wolfs. Elle m’a demandé de travailler sur le livret de son album. J’ai ensuite été souvent appelée par des femmes afin d’optimaliser ensemble le contenu de leur garde-robe, d’en déterminer les pièces fortes et ce qu’il y manquait. C’est aussi de cette expérience que m’est venue l’idée de créer les cols.

Tes cols sont dessinés en Belgique et produits en Europe. Quelle importance accordes-tu à la durabilité et à l’empreinte écologique ?

Je me suis toujours préoccupée du développement durable, mais comme la plupart des gens, je me rends compte que ça pourrait être mieux. Je veux me sentir bien avec ce que je fais, tenir un propos honnête, sans stress inutile ou culpabilité...Certains aspects de l’industrie de la mode peuvent littéralement vous donner desinsomnies. En tant que styliste, j’essaie en priorité de collaborer avec des marques belges. J’étends ce principe avec les cols Lilirooz. Comme vous le dites, ils sont créés ici et produits en Europe. J’ai essayé de garder la production ici, mais le prix de vente serait vraiment trop élevé.

Tes créations sont maintenant portées par différentes personnalités, comment se sont noués les premiers contacts ?

Pendant mes activités de styling, j’ai appris à connaître un nombre de gens, et avec certains, ça a été un véritable clic. Ce qui fait que depuis, Noémie Wolfs, Julie Van den Steen et Veerle Dobbelaere portent mes créations presque systématiquement. J’ai rencontré Petra De Pauw via les réseaux sociaux, et ça a aussi matché. Via mon agence de presse, j’ai pris contact avec Véronique Leysen : le personnel de son café Maurice porte maintenant lui aussi les cols Lilirooz.

Parlons de « Lilirooz for Xandres », la nouvelle collaboration « Inspiring Women ». Raconte-nous comment Xandres t’a contactée...

J’étais surprise, parce que lorsque j’ai reçu leur premier mail, je n’avais mis encore qu’une seule collection sur le marché. Figurez-vous qu’ils n’en savaient rien, je trouve ça drôle après coup. Je les connaissais depuis longtemps bien sûr, mais pour être parfaitement honnête, j’en avais l’image d’un style hyper classique. Mais ce n’est pas le cas ! J’ai pu regarder en coulisses et ça m’a ouvert les yeux. Je trouve la vision de Xandres très jolie : leurs collections sont dessinées pour toutes les femmes, et donc les capsules « Inspiring Women » aussi. Avec Lilirooz, je crois qu’il est important de travailler avec les femmes sur leur confiance en elle, et ce sentiment se retrouve chez Xandres.

As-tu eu des doutes avant de débuter cette collaboration ?

Quand mon intuition me dit oui, j’y vais envers et contre tout. J’ai bien sûr fait quelques recherches pour voir si mon propos et celui de Xandres collaient, et comme je l’ai dit : ma vision est la même que la vôtre, donc ça aurait été bête de refuser.

Comment t’est venue l’idée d’utiliser les cristaux Swarovski pour le col « Lilirooz for Xandres » ?

Xandres m’a montré le moodboard avec les tissus et couleurs de leur collection automne/hiver 2017 et je m’en suis imprégnée. En tant que styliste, j’assiste aux ‘journées de la presse’ pour différentes marques lorsqu’elles présentent leurs collections en avant-première. C’est là que j’ai appris à mieux connaître Swarovski. J’ai pensé que ce serait une bonne idée de l’intégrer à mon travail pour cette collaboration, en tant qu’élément accrocheur .

Xandres s’est inspiré pour cette collection hivernale du slogan « Forward, March! ». Un encouragement que tout le monde peut utiliser à sa guise pour affronter les jours plus frais. Tu t’entoures aussi volontiers de slogans optimistes...

En effet ! Si tu me demandes qui m’inspire, je serai incapable de te citer un nom, mais les gens résolument positifs sont tous incroyables d’après moi. Avant, j’étais une pessimiste convaincue. Après diverses expériences personnelles, je me suis efforcée d’apprendre à voir les choses du bon côté et d’éviter ainsi les crampes d’estomac. C’est incroyable de constater les rencontres que j’ai faites suite à cela, et les portes qui se sont ouvertes. Je n’aurais même pas osé en rêver il y a quelques années. Et puis, j’ai eu mes deux filles, l’aînée à neuf ans et la plus jeune est en première primaire. Elles sont encore dans leur enfance et déjà ils se projettent dans l’image qu’elles renvoient aux autres, je ne trouve pas ça génial. Pour toutes ces raisons, je veux proposer quelque chose qui aide chacune de nous à se sentir bien. Les cols vous permettent de ne plus avoir à vous soucier de votre apparence.

Devons-nous considérer le col « Lilirooz for Xandres » comme une sorte de bijou ?

On a toujours dit de garder les vêtements chers pour les grandes occasions. En tant que styliste, je donne le conseil inverse : « Tirez parti de vos objets de valeur autant que possible ! ». Donc oui, tu peux voir nos cols comme un bijou, puisque tu le portes souvent et que tu peux le combiner avec tout !

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by Hampton Bays

Hampton Bays fête ses 25 printemps avec une collection capsule du top-modèle Élise Crombez. Dire qu’Élise entretient un lien particulier avec Hampton Bays est un euphémisme.

"Lorsque Hampton Bays m’a demandé de concevoir une collection capsule, je n’ai pas hésité un instant, dit Elise. À mes dix-sept ans, au début de ma carrière de mannequin, j’ai tout de suite été le visage de Hampton Bays. C’était ma toute première séance photo à l’étranger. Je me souviens encore toujours de ce lieu fantastique, des collines près de la côte irlandaise. Les images de la campagne ont longtemps trôné sur l’armoire de ma grand-mère. Pouvoir fêter aujourd’hui l’anniversaire de Hampton Bays par une collaboration, c’est vraiment formidable."

Quel a été le point de départ de la collection ?

"J’ai commencé par un mood board. J’ai un compte Tumblr où je stocke mes inspirations. J’entretiens un lien particulier avec la ‘femme des années 90’. Elle était en quelque sorte mon idéal pendant ma jeunesse et cela m’est toujours resté. Je ne suis pas une cliente facile. Je débourse volontiers un peu plus pour de la qualité, mais pas question de dépenser tout mon budget mensuel à des vêtements, non vraiment, très peu pour moi. À mes yeux, moins, c’est mieux. Je préfère avoir quelques beaux articles que je peux combiner de différentes manières. Je suis une adepte du principe : ‘End your day the way you started it’ (terminez votre journée comme vous l’avez commencée). Le soir, après un bon repas, vous devez pouvoir vous glisser à nouveau dans la tenue que vous portiez l’après-midi pour faire votre shopping."

Vous retrouvez-vous dans cette collection ?

"Absolument, la collection reflète parfaitement ce que j’aime porter. J’aime un peu moins les couleurs et les imprimés, mais d’autant plus les belles matières, comme le cachemire. J’adore m’emmitoufler par un matin bien froid. La jupe longue avec le pull assorti échancré dans le dos en cachemire sont mes articles favoris. Je trouve ce dos dénudé sexy et la jupe très confortable, chaude et féminine à la fois. Les tenues en laine se déclinent en quatre couleurs unies : blanc, camel, gris et noir. Le noir est une couleur sans histoire, elle est si facile à combiner. Le gris aussi, bien entendu. Pour le reste, la collection comprend également le mythique le T-shirt blanc, dans une belle finition, et deux foulards en soie."

D’où vous vient cet amour des foulards ?

"Cet amour m’a été transmis par ma mère. Les foulards en soie sont son accessoire favori. Pour elle, ils sont aussi incontournables qu’un rouge à lèvres. Ma tante est artiste et, enfant, je me souviens qu’elle peignait des foulards en soie. Je porte moi aussi des foulards. Ce que je préfère par-dessus tout, c’est relever un simple pull ou un T-shirt avec un foulard coloré. Je porte parfois aussi des foulards dans mes cheveux. Et dans l’avion, je peux douillettement me dissimuler derrière eux."

"Les foulards évoquent des femmes qui m’ont inspirée dans ma vie. L’un d’entre eux est imprimé d’une photo à la mer de moi et Charlotte Gesquière, prise par Jan Opdekamp. Je trouve de très jolies couleurs sable. Cette photo est très symbolique pour moi. Il y a quelques années, j’ai encore à une reprise travaillé comme modèle pour Hampton Bays, sur cette même plage où j’ai grandi, enfant, et où je vais encore toujours faire mon jogging ou pousser des cris sur un brise-lame lorsque je suis dans le pays. Le deuxième foulard est imprimé d’une œuvre d’art de mon amie Emily Jean Snyder. J’apprécie les couleurs pour leur beauté et leur fraîcheur. Emily est une femme fantastique, avec un style hors normes."

Votre style a-t-il changé avec l’âge ?

"Lorsque j’étais coiffée presque chaque jour lors d’une séance photo, je n’avais pas trop envie de faire attention à mon apparence dans mes temps libres. Les années aidant, j’apprécie de plus en plus de me montrer créative avec mon look et de me montrer différente. Je ressors d’anciens articles que j’avais reçus à l’époque de créateurs et j’aime essayer de nouveaux looks. Les vêtements vous permettent d’exprimer votre personnalité ou celle que vous aimeriez avoir. Cela peut changer chaque jour. Grâce à mes vêtements, je peux découvrir chaque facette de ma personnalité. Je trouve par ailleurs inspirant de voir des gens dans des tenues originales."

Cette collaboration a-t-elle titillé votre créativité ?

"Bien sûr, j’ai entre-temps commencé à travailler des vêtements qui pendent dans mes armoires depuis trop longtemps. J’ai encore bien d’autres projets. Bientôt, je quitterai Los Angeles pour New York. Dès que j’aurai ma Green Card, je me jetterai sur tout ce qui traverse ma route. Peut-être est-ce dans ma nature de passer d’un projet à l’autre. Parfois, je me demande si c’est le métier de mannequin qui m’a ainsi faite ou si c’est ma nature profonde. Qu’y avait-il en premier, la poule ou l’œuf ?

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Caroline Pauwels est rectrice de la VUB. Elle considère que l’engagement social est essentiel dans le rôle d’une université. Elle est attachée à Bruxelles, « une métropole qui présente des défis, mais surtout de très nombreuses opportunités ». Mère de deux enfants, elle profite de son rare temps libre pour s’attabler avec des amis, nager et se cultiver.

Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail ?
« L’humain et la science. Ou, comme je l’ai formulé dans ma campagne dans le cadre du rectorat : une science meilleure pour un monde meilleur. Je suis convaincue que l’engagement social est essentiel pour une université. J’aime également les ondes positives que ces établissements dégagent : on y est entouré d’individus jeunes, d’étudiants pour qui tout est encore possible. »

Comment comptez-vous faire la différence à ce poste ? « La VUB (ou Vrije Universiteit Brussel) incarne trois valeurs autour desquelles je veux axer ma politique. La première, la liberté, subit des pressions toujours plus fortes, y compris dans le domaine de la recherche scientifique. En Iran, un chercheur de la VUB a récemment été condamné à mort. La liberté est une valeur plus actuelle que jamais. Deuxième valeur : l’université, ou l’univers scientifique. Il s’agit d’un projet collectif dans lequel le partage de la connaissance est central. Nous consolidons ensemble des connaissances mises au service de la société. La troisième valeur, c’est Bruxelles. Une ville qui présente des défis, mais surtout beaucoup d’opportunités. Dans une ville comme Bruxelles, où l’on trouve une grande diversité culturelle, il est facile de faire des étudiants de véritables citoyens du monde. Notre localisation à Bruxelles est un atout. Le lien entre l’université et la ville a toute son importance. ».

Quel est l’aspect de votre travail que vous préférez ?
« C’est pour moi un privilège de pouvoir être la rectrice de la VUB. C’est un travail extrêmement varié : vous pouvez rencontrer un jour des prix Nobel et le lendemain vous occuper de la politique de mobilité ou de la gestion du personnel. Je travaille chaque jour avec des personnes passionnées, je suis entourée de jeunes qui sont enthousiastes et désireux d’apprendre de nouvelles choses. »

Vous avez fait l’actualité en évoquant l’instauration d’un quota féminin dans le corps professoral. Pourquoi est-ce nécessaire, selon vous ?
« C’est un thème dont je discute depuis longtemps avec mes amis et qui me fait hésiter depuis longtemps. C’est à mes yeux une décision difficile. La VUB compte actuellement 28 % de professeurs féminins, un taux qui la place devant les autres universités, mais n’a progressé que de 1 % au cours des dix dernières années, passant donc de 27 à 28 %. Or nous nous étions fixés pour objectif de parvenir à 33 % d’ici 2021. À ce rythme, nous n’atteindrons donc pas notre but. Voilà pourquoi nous avons décidé d’en faire une obligation : 1 professeur sur 3 devra être une femme. Par ailleurs, la diversité ne se limite pas à l’égalité homme-femme. J’estime qu’elle importe dans tous les domaines. Idéalement, l’université devrait également accueillir davantage de personnes issues de l’immigration, atteintes d’un handicap, etc. Nous prenons donc les mesures nécessaires en ce sens et tentons de mettre en place les incitants adéquats. »

Comment parvenez-vous à maintenir un équilibre entre vie privée et vie professionnelle ?
« En consacrant du temps à mes amis, à la nature, à la culture et au sport. Je nage tous les jours et cette petite heure de natation est réellement indispensable à mon bien-être. Je puise également de l’énergie dans les soirées passées entre amis. J’aime m’attabler avec eux, quel que soit le menu. J’aime surtout nos conversations. L’écrivain Karel Van De Woestijne a dit un jour qu’il considérait les longues soirées entre amis comme un luxe rare, et c’est précisément ce que je ressens. Je recharge également mes batteries en me cultivant, qu’il s’agisse d’expositions, de pièces de théâtre, de livres, de poèmes ou de films. »

Quels livres trouve-t-on actuellement sur votre table de nuit ?
«?Mes longues journées de travail me laissent moins de temps pour la lecture, mais je m’efforce de lire un peu chaque jour. Si je suis exténuée, j’ouvre un recueil de poésie. Pour l’instant, c’est celui d’Ilja Leonard Pfeijffer. Je lis un ou deux poèmes, jusqu’à tomber sur un passage qui me touche ou dans lequel je me retrouve. Je lis aussi Een goede man slaat soms zijn vrouw de Joris Luyendijk et How to resist: Turn Protest to Power de Matthew Bolton.?»

Accordez-vous une importance à votre tenue ? Suivez-vous la mode belge ?
«?Oui, je suis fière de la mode belge. Je perçois la mode comme une forme d’expression culturelle et je trouve que la Belgique fait de très belles choses, dans différents domaines. J’ai commencé à suivre la mode pendant mes études à Anvers — c’était l’époque des Six d’Anvers. J’admire l’entrepreneuriat belge dans le secteur de la mode. En ce qui me concerne, j’opte pour un style décontracté que j’agrémente toujours d’une touche d’originalité, comme les bottines à fleurs que je porte aujourd’hui sur un ensemble noir. Je me permets parfois un petit grain de folie. J’accorde également une grande importance à la mode durable et éthique, c’est pourquoi j’évite si possible les marques trop bon marché. Je crois qu’il est important de consommer local et je veux soutenir l’économie belge.?»

Xandres vous a choisie comme femme inspirante. Quelles sont les femmes qui à leur tour vous inspirent ?
«?Je me suis toujours sentie très proche de la philosophe Hannah Arendt et des écrivaines Karen Blixen et Virginia Woolf. J’ai lu à peu près tous leurs ouvrages et tout ce qui a été écrit au sujet de ces femmes. Toutes les trois étaient en quête de liberté, chacune était inspirante à sa manière. J’ai également de l’admiration pour des femmes actuelles telles que la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, et la manière dont elle s’attaque aux Facebook et aux Google de ce monde… La CEO actuelle de la SNCB, Sophie Dutordoir, m’inspire beaucoup elle aussi. Ce sont des femmes qui ne perdent pas leur objectif de vue. Elles sont pragmatiques et déterminées, mais toujours souriantes.?»

L’histoire de trois sœurs qui lancent ensemble leur affaire et fabriquent des produits entièrement faits main et durables, ça parle aux gens. Atelier Feryn
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Photographe de mode

Début 2016, Tiany Kiriloff voyait déjà en elle une photographe de talent dans le magazine mode et lifestyle en ligne Belmodo.tv. Chez Xandres aussi, nous avions immédiatement remarqué le langage visuel de la jeune Elien Jansen – et surtout sa manière de jouer avec les couleurs. Avant même d’être complètement sortie de l’école, cette talentueuse jeune femme fait déjà fureur dans l’univers de la mode. Nous sommes heureux de vous présenter la jeune photographe qui a si joliment immortalisé nos collections capsules ces derniers mois…

Quand as-tu su que tu voulais devenir photographe ?

« J’ai commencé à étudier la photographie il y a environ sept ans, pendant mes humanités artistiques à Hasselt. Ensuite j’ai poursuivi mes études à Narafi à Bruxelles, où j’ai commencé à me spécialiser dans la mode. J’ai remarqué que c’était vraiment mon truc. »

Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir photographe de mode ?

« J’aime surtout photographier les gens, les mettre en image d’une manière très spécifique. Dans la photo de mode, on manipule énormément les images. J’aime tester les limites pour rendre ce manque de naturel le plus naturellement possible. »

Depuis quelques temps, tu combines tes études de photographie avec des contrats rémunérés. Comment y parviens-tu ?

« Au début, j’avais du mal à trouver un équilibre. Cette année, j’ai peu de cours et beaucoup de stages, donc c’est plus simple à organiser. Je peux généralement prévoir mes missions professionnelles quelques semaines à l’avance et heureusement mon lieu de stage en tient également compte. Les deux se combinent bien. »

J’ai l’impression de réaliser mes rêves.

Quel est le projet dont tu es pour l’instant le plus fière?

« Difficile de faire un choix. Les shootings pour Xandres m’ont déjà apporté énormément. Ils m’ont permis de décrocher de nouveaux contrats pour lesquels j’ai souvent reçu des retours positifs. Belmodo est aussi un client important pour moi : Tiany Kiriloff a très vite remarqué mon travail. C’est grâce à elle que j’en suis arrivée là et que j’ai pu obtenir autant de contacts précieux dans l’univers de la mode. »

Qu’est-ce qui caractérise ton style ?

« Je pense avoir un style très féminin et innovant, ou rafraichissant. Je travaille toujours avec beaucoup de couleur. J’accorde énormément d’importance au cadre du shooting. Je veux que le concept soit entièrement cohérent. Voilà pourquoi j’aide souvent à chercher l’endroit parfait pour l’image que le client veut créer. C’est essentiel dans mes photos. Le cadre doit correspondre parfaitement au style des vêtements. »

Quel est l’endroit le plus exceptionnel dans lequel tu as réalisé un shooting ?

« Dans la nature, c’est le Cap Blanc-Nez en France. J’y ai réalisé un shooting bénévole et le paysage m’a beaucoup impressionnée. En matière d’architecture, j’ai adoré Den Bell à Anvers. Il y a dans ces bureaux un gigantesque escalier qui est très impressionnant, surtout lorsqu’on le photographie de haut en bas. Puis à Genk, il existe une salle de sport dont les vestiaires et les salles de douche sont entièrement roses. Cet endroit est très chic, mais je préfère ne pas trop en parler. Trouver ces lieux est l’un des principaux aspects de mon travail et je ne voudrais pas dévoiler toutes mes bottes secrètes. (rires) »

Xandres t’a élue femme inspirante. Quelle est la femme qui, toi, t’inspire ?

« La maquilleuse Nanja Massy m’inspire sur le plan professionnel. La manière dont elle gère sa carrière est impressionnante. Elle travaille également pour Belmodo et a publié un livre pour apprendre aux femmes à se maquiller elles-mêmes. En deux ans à peine, elle est devenue une figure incontournable dans le monde du maquillage en Flandre. Elle est passionnée et incroyablement charismatique. Dans le monde de la photographie, Annie Leibovitz est une source absolue d’inspiration. Elle a su se hisser au sommet. Dans l’industrie de la mode, des mannequins tels que Gigi Hadid et Kendall Jenner sont des femmes que j’admire. Dans la mode belge, Tiany Kiriloff m’inspire beaucoup. Elle est extrêmement attachante, sympathique et j’éprouve beaucoup de plaisir à travailler avec elle. »

Quels projets rêves-tu encore d’accomplir ?

« D’ici six à douze mois, je rêverais de pouvoir réaliser un shooting éditorial à l’étranger pour une marque de mode. Je voudrais voyager avec une marque pour photographier sur place. On m’a proposé il y a quelques mois d’effectuer un shooting au Cap, mais c’est finalement tombé à l’eau en raison de certaines circonstances. D’ici cinq ans, j’espère faire de la photo éditoriale de façon permanente pour plusieurs marques (de mode). »

Quelle est ta devise dans la vie ?

« Je n’en ai pas vraiment. On me dit toujours que je travaille trop, mais photographier et retravailler mes photos me procure du plaisir, donc je ne vois pas cela comme du travail. C’est une passion. J’ai l’impression de réaliser mes rêves. Je les poursuis, tout simplement ! Est-ce que c’est une devise ? »

Comment qualifierais-tu ton propre style vestimentaire ?

« Je n’ai pas vraiment un style défini. Je peux m’habiller de façon très décontractée. Vous ne me verrez jamais porter des talons lors d’un shooting par exemple. Pour une présentation en revanche, c’est une autre affaire. Tout dépend un peu de l’occasion. Je mélange toutes sortes de marques, grandes chaînes bon marché et collections plus haut de gamme. J’opte surtout pour des imprimés que je combine avec des pièces minimalistes. »

En plus d’être photographe et étudiante en photographie, tu prépares Studio Aélys, un projet visant à mettre en avant les vêtements de seconde main de manière créative. Quel est ton objectif ?

« Studio Aélys est un projet que je monte avec des amies. Nous voulons revaloriser les pièces de seconde main. Nous dénichons des vêtements d’occasion auxquels nous offrons une nouvelle jeunesse. Nous organisons ensuite un shooting photo et partageons le résultat sur notre page Instagram. Nous voulons surprendre les gens et leurs montrer à quel point les vêtements de seconde main peuvent être beaux et amusants. À terme, nous aimerons aussi les vendre. Les friperies sont très tendance en ce moment, mais les pièces vintage et de récup’ sont souvent trop chères. Nous voulons garder des prix tout à fait abordables. Donner réellement une seconde chance aux vêtements de seconde main. »

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Styliste bruxelloise

La cinquième collab Xandres “Inspiring Women” est là : créée avec la styliste bruxelloise Françoise Pendville, la cape “Cumulus for Xandres” associe de manière unique ce goût typiquement belge pour le pratique et un amour inconditionnel de l’élégance. Françoise Pendville n’a pas un parcours tout tracé. La styliste a dû faire de nombreux sacrifices et prendre des décisions difficiles pour créer la collection “Cumulus” qu’elle aime tant ; une ligne stylée de modèles imperméables aux détails soignés, selon ses propres termes. La superbe cape “Cumulus by Françoise Pendville for Xandres” est l’exemple parfait de ce que l’on peut accomplir lorsque l’on croit en ses capacités (avec l’aide d’une météo changeante, comme celle de notre plat pays). C’est dans son atelier “Cumulus” que nous avons rencontré la styliste pour parler de son ascension atypique et de ses recettes pour trouver l’équilibre et du temps, encore et toujours.

Comment l’idée de cette collaboration est-elle née ?

Hilde De Vrieze (CFO de Xandres, N.D.A.) faisait du shopping dans ma boutique, située au premier étage de l’espace Dépôt Design, à Bruxelles. Elle est venue me trouver, me disant qu’elle suivait mon travail depuis un certain temps et qu’elle était fan. Nous nous sommes mises à bavarder. Je lui ai parlé de mon amour pour les imperméables et les capes, de la naissance de ma marque “Cumulus” et de mes collaborations à d’autres collections. C’est alors qu’elle a dit : “Oh vraiment ? C’est intéressant. Je vais en toucher un mot chez Xandres, c’est là que je travaille.” Elle a tenu parole et, visiblement, les autres managers de la maison ont eux aussi trouvé cela intéressant.

Avez-vous éprouvé des doutes quant à l’association de “Cumulus” et de Xandres ?

Non, aucun. Ma devise est que toute collaboration est intéressante. Je me suis également sentie très honorée de faire partie du club des “Inspiring Women” de Xandres, car cela prouve que vous avez une histoire à raconter. Xandres est une marque avec un ADN belge particulier. C’est également une marque qui représente le style, la qualité et le souci du détail, des caractéristiques qui sont très importantes à mes yeux. Et Xandres raconte des histoires, tout comme moi. Mes clientes adorent que je leur parle de la manière dont je crée mes collections.


Mais découvrir ce qu’il y a en nous et ce que l’on devrait réellement faire, cela donne énormément de force.

Parlez-moi donc de la cape "Cumulus by Françoise Pendville for Xandres" qui sera disponible au printemps 2017.

Eh bien, dans ma propre collection, on trouve des imperméables, des capes et plusieurs autres accessoires pour la pluie. Xandres s’est montrée très intéressée par l’aspect "voyageur urbain". Aujourd’hui, on peut passer la journée à Paris pour voir une expo ou aller 3 jours à Venise. Je quitte la maison le matin, je vais travailler et le soir, je fais un saut à un vernissage avant de retrouver une amie. Chaque journée est différente. Le matin, avant de quitter son foyer, on réfléchit aux vêtements à prendre avec soi, on vérifie la météo… Vous pouvez toujours emporter l’un de mes impers ou capes, car ils sont super légers et vendus avec un petit sac qui se glisse dans le vôtre. Vive la liberté ! Pour cette collaboration, nous avons hésité entre l’imperméable et la cape. Notre choix s’est finalement porté sur cette dernière car elle a l’avantage d’être taille unique. Mon combat, que je partage avec Xandres, c’est l’élégance au quotidien. Nous avons raccourci la cape et fait quelques ajustements au niveau du ruban. La cape “Cumulus for Xandres” est un vêtement qui complète parfaitement une tenue Xandres. Je peux aller travailler, assister à une réunion, et s’il pleut, pas de problème : il me suffit d’enfiler ma cape. J’ai coutume de dire que mes capes sont parfaites pour aller à l’opéra comme pour aller cueillir des champignons.

Comment avez-vous lancé votre marque ?

Je n’ai pas fait d’études de stylisme. J’étais prof dans une école Freinet. J’adorais mon job, mais un jour, alors que je me tenais debout sous la pluie dans la cour de récré, j’ai eu une idée. Je me suis dit : “Je suis toujours à l’extérieur. Un manteau à la fois imperméable et esthétique me serait bien utile. Mais ça n’existe pas.” Alors j’en ai créé un. J’avais déjà fait des imperméables pour enfants, faciles à boutonner. J’ai commencé à vendre mon imper et mon activité a rapidement pris de l’ampleur. Certains acheteurs me demandaient davantage de choix, j’ai donc commencé à concevoir des pulls et des pantalons…

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je me suis retrouvée entourée d’une équipe, à concevoir une collection à chaque saison. Le processus créatif, c’est merveilleux, mais une fois que les vêtements doivent se matérialiser, vous vous retrouvez confrontée aux restrictions et autres impératifs commerciaux… Il faut aller vite. Au bout d’un moment, j’ai perdu foi en ce processus. Je voulais faire quelque chose de plus intemporel. C’est alors que je suis revenue à mes premiers amours : les imperméables. Je voulais des pièces bien pensées : des impers pratiques, durables, qui puissent vous suivre partout. Concevoir un produit de qualité supérieure, c’est une décision consciente ; que Xandres prend également. Vous devez vous concentrer sur ce que vous faites le mieux. Dans mon cas, c’est ce que je crée sous la marque “Cumulus”.

Comment avez-vous vécu cette transition d’un job plutôt sûr à la profession plus incertaine de créateur indépendant ?

Ça a été difficile. J’adorais mon job et j’étais titularisée. Mais à un moment donné, mon mari m’a dit : “Écoute, si c’est ce que tu veux faire, fais-le.” J’ai démissionné, mais j’ai continué à enseigner un petit moment, à temps partiel, en cours du soir. Il n’a toutefois pas fallu longtemps avant que je me décide pour de bon. Je me suis dit qu’il fallait prendre une décision finale au moment où j’aimais encore ce que je faisais et où j’avais encore de l’énergie. Si vous continuez à avancer jusqu’au moment où vous foncez dans le mur, jusqu’à ce que vous soyez trop fatiguée pour continuer, vous n’aurez pas l’énergie pour reprendre à zéro. Je ne sais pas ce qu’il se passera dans dix ans. Beaucoup de gens autour de moi prennent leur retraite. Je sais déjà que je vais continuer à travailler le plus longtemps possible. J’aime vraiment ce que je fais. Je me sens plus libre que jamais. Je me suis souvent inquiétée de ne pas être présente en permanence pour mes enfants, à cause de ma carrière, d’oublier de recouvrir leurs cahiers, de les déposer devant la grille de l’école leur premier jour… Mais plus tard, ils m’ont dit combien ils étaient fiers de mes efforts et de mon entreprise.

Vous êtes une mère, une créatrice, vous avez votre propre boutique, votre propre atelier et vos collections. Comment parvenez-vous à trouver votre équilibre ?

À partir du moment où je n’ai plus eu à gérer une structure d’équipe et que les enfants ont été un peu plus grands, j’ai choisi d’avoir davantage d’activités culturelles : cinéma, théâtre, voyages… Et nous avons une petite maison au Sénégal, près de l’océan. Il y fait très calme, je peux donc véritablement me relaxer. Je me suis récemment inscrite à l’Académie des Beaux-Arts de Boitsfort. J’y prends des cours de gravure et gravure à l’eau-forte. C’est pour moi une pratique méditative. Et je ne dois parler à personne si je n’en ai pas envie. Parfois, on me demande si je vais vendre mes gravures ou mes eaux-fortes. Pas question ! Je veux juste avancer, progresser. Il n’y a pas d’objectif derrière. Juste pouvoir donner libre cours à ma créativité. Lorsque je suis au cinéma, à un concert, lorsque je me balade dans les bois ou participe à un cours artistique, c’est alors que les idées viennent. C’est alors que je respire. J’en ai réellement besoin.

Votre boutique est à Bruxelles, tout comme votre atelier, situé à Schaerbeek. Êtes-vous installée dans la capitale depuis longtemps ?

J’ai vécu à Bruxelles toute ma vie et jamais je ne voudrai m’installer ailleurs. C’est une ville tellement multiculturelle ; elle nourrit l’esprit. Et c’est tellement pratique d’être à 200 km à peine d’autres pays. Si j’ai besoin de nouvelles idées aujourd’hui, je peux prendre le train pour Maastricht ou Londres et être de retour le soir même. Certains de mes amis résidant à l’étranger m’envient réellement pour cela.

Quelles sont les femmes qui vous ont toujours inspirée ?

Des femmes telles que Marie Curie. Ou Grace Kelly et son élégance fascinante. Parfois, se sont les femmes de mon entourage, lorsque je les vois s’épanouir. Ma belle-sœur vivait en Corse, dans les montagnes, avec un enfant en bas âge. Il n’y avait ni eau, ni électricité. Elle a dû se battre, travailler et suivre des cours dans le même temps, mais elle y est parvenue. Aujourd’hui, elle a une super vie. C’est très inspirant. La vie est courte. Mais découvrir ce qu’il y a en nous et ce que l’on devrait réellement faire, cela donne énormément de force.

À partir du 17 février dans tous les brand stores Xandres & Xandres xline et en ligne, jusqu'à épuisement de stocks (seulement 100 exemplaires)

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Les 3 cerveaux créateurs du jeune label de maroquinerie Feryn

La nouvelle saison des interviews des "Inspiring Women" démarre fort, avec un entretien tout de go avec les 3 cerveaux créateurs qui se cachent derrière la première Xandres-collab de 2016 : Lize, Mira et Yanne du jeune label de maroquinerie Feryn. Ensemble, elles ont donné naissance à une superbe collection de pochettes "Atelier Feryn for Xandres" ; de belles pièces coupées et tricotées main disponibles en édition limitée. Ce trio inspire par l’exemple qu’il donne de la manière dont les millennials font des affaires, conjuguant prise de décision rapide et utilisation optimale des médias sociaux sans perdre pour autant une once du plus grand respect qu’elles vouent à l’artisanat et aux valeurs sûres telles que Xandres. Leur principale source d’inspiration et de courage, ces twentysomethings plus que motivées, comme elles aiment à le clamer, la trouvent chez leur propre mère, qu’elles ont malheureusement perdue quelques semaines avant cette interview. Nous tenons donc à ajouter Maman Feryn en tant que star-DIY-avant-la-lettre à notre liste des "Inspiring Women". La manière dont elle a appris à ses filles à utiliser sans crainte une machine à coudre et les matériaux transpire aujourd’hui dans l’approche originale et la qualité de leurs designs.

Dites-nous en plus sur cet amour du travail fait main ?

Yanne: Je pense qu’il coule tout simplement dans nos veines. Maman faisait tout, mais alors tout, elle-même. Elle faisait des vêtements, mais pas que… Elle construisait, rénovait… !

Lize : Nos voyages, par exemple, nous les faisions dans une camionnette que maman avait complètement aménagée pour que nous puissions y dormir et y prendre nos repas à 5 ! Elle avait tout fait elle-même, même les matelas ! Le matin, les lits se rangeaient et se transformaient en table pour le petit-déjeuner. Notre camionnette avait même plusieurs niveaux, et moi, je dormais dans un hamac au-dessus de tout le reste.

Yanne : Elle nous a très vite permis d’utiliser sa machine à coudre. Lize a cousu elle-même sa robe de communion solennelle. Combien de petites filles de douze ans peuvent en dire autant et combien de mamans les auraient laissées faire?

Ensemble, elles ont donné naissance à une superbe collection de pochettes "Atelier Feryn for Xandres" ; de belles pièces coupées et tricotées main disponibles en édition limitée. Ce trio inspire par l’exemple qu’il donne de la manière dont les millennials font des affaires, conjuguant prise de décision rapide et utilisation optimale des médias sociaux sans perdre pour autant une once du plus grand respect qu’elles vouent à l’artisanat et aux valeurs sûres telles que Xandres. Leur principale source d’inspiration et de courage, ces twentysomethings plus que motivées, comme elles aiment à le clamer, la trouvent chez leur propre mère, qu’elles ont malheureusement perdue quelques semaines avant cette interview. Nous tenons donc à ajouter Maman Feryn en tant que star-DIY-avant-la-lettre à notre liste des "Inspiring Women". La manière dont elle a appris à ses filles à utiliser sans crainte une machine à coudre et les matériaux transpire aujourd’hui dans l’approche originale et la qualité de leurs designs.

Dites-nous en plus sur cet amour du travail fait main ?

Yanne: Je pense qu’il coule tout simplement dans nos veines. Maman faisait tout, mais alors tout, elle-même. Elle faisait des vêtements, mais pas que… Elle construisait, rénovait… !

Lize : Nos voyages, par exemple, nous les faisions dans une camionnette que maman avait complètement aménagée pour que nous puissions y dormir et y prendre nos repas à 5 ! Elle avait tout fait elle-même, même les matelas ! Le matin, les lits se rangeaient et se transformaient en table pour le petit-déjeuner. Notre camionnette avait même plusieurs niveaux, et moi, je dormais dans un hamac au-dessus de tout le reste.

Yanne : Elle nous a très vite permis d’utiliser sa machine à coudre. Lize a cousu elle-même sa robe de communion solennelle. Combien de petites filles de douze ans peuvent en dire autant et combien de mamans les auraient laissées faire?

L’histoire de trois sœurs qui lancent ensemble leur affaire et fabriquent des produits entièrement faits main et durables, ça parle aux gens.

Avez-vous quitté des emplois fixes pour démarrer Feryn ?

Mira : Yanne était institutrice maternelle et moi j’étais infographiste indépendante.

Lize : Moi, j’étais actrice et je le suis toujours.

Yanne : À l’école secondaire, nous avons toutes les trois choisi l’enseignement artistique, mais dans un premier temps, j’ai opté pour un emploi plus sûr et comme j’aimais bien les enfants, j’ai fait des études d’institutrice, un choix logique à mon sens. J’ai ensuite exercé ce métier à temps plein et avec beaucoup de passion pendant quatre ans, mais mes deux grossesses rapprochées m’ont légalement contrainte à arrêter de travailler et je me suis retrouvée à la maison pendant un certain temps. Entre-temps, Mira avait envie d’autre chose et nous avons alors construit l’espace où est aujourd’hui installé Feryn. Initialement, cet espace avait plutôt une vocation de lieu de hobby parce que nos parents voulaient se débarrasser des "annexes" sur leur terrain. À cette époque, nous suivions toutes les trois, et maman aussi, une formation sur le travail du cuir et c’est ainsi qu’il nous est apparu de plus en plus évident que le moment était venu pour nous de franchir le pas décisif.

Vous n’avez pas fait les choses à moitié… Dès octobre 2105, votre webshop était prêt. Un choix très malin, car les créations Feryn s’y sont vendues en un temps record. Le commerce en ligne ne cesse de se développer, ça c’est certain, mais malgré tout, certains designers continuent à lui préférer les étalages classiques. Est-ce cela qui a motivé votre décision?

Yanne : Notre but est de limiter au maximum les intermédiaires entre l’atelier et le client. Et, parce que nous adorons fabriquer nous-mêmes nos sacs à main et que nous ne voulons pas en sous-traiter la fabrication, il nous tient particulièrement à cœur de garder une bonne vue d’ensemble sur ce que nous faisons.

Lize : Nous nous voulons aussi un atelier le plus ouvert possible. Il y a bien sûr les collections en édition limitée dont nous ne réalisons que cinq pièces de chaque modèle, et pas une de plus. Ces pièces sont numérotées pour que le client sache combien en ont déjà été vendues. Mais à côté de ces collections, nous avons aussi notre coin "sur mesure". Les clients peuvent y choisir un modèle et le personnaliser : couleur, nombre de poches intérieures, gravure... Nous voulons encourager nos clients à être créatifs et nous avons souvent d’agréables surprises ! Un de nos clients a, par exemple, fait graver une lettre d’amour sur un sac qu’il a offert à sa femme.

Vous étiez-vous attendues au succès que vous rencontrez ?

Mira : Ce point était très difficile à estimer. Au moment de notre lancement officiel, nous avions créé une page Facebook pour montrer nos réalisations.

Lize : Notre lancement a aussi coïncidé avec le passage de la série télévisée "Voor wat hoort wat" dans laquelle je jouais un des rôles principaux et pour laquelle j’ai dû faire beaucoup de promotion. Dans ce cadre, on m’a souvent demandé ce que j’aimais faire et ces questions ont été pour moi des occasions rêvées de parler de notre marque de sacs à main. Ensuite, il est clair que l’histoire de trois sœurs qui lancent ensemble leur affaire et fabriquent des produits entièrement faits main et durables, ça parle aux gens.

Votre succès est-il aussi dû en partie aux médias sociaux?

Mira : Oui, absolument. Et nous mettons un point d’honneur à tenir à jour nos pages Facebook et Instagram. Pendant la fabrication du sac Xandres, par exemple, nous avons posté tous les jours de nouvelles informations sur l’évolution de la pochette.

Lize: Nous avons des clients dans toute la Belgique et leur manière d’apprendre à nous connaître, c’est de nous suivre en ligne. Étant situées à Deerlijk, il faut bien dire qu’on ne peut pas vraiment compter sur une clientèle de passage. Étant donné que nous fabriquons des sacs personnalisables, les clients qui achètent ces sacs sont aussi plus facilement enclins à en mettre une photo et à en parler sur les réseaux sociaux.

Parlez-nous de votre collaboration avec Xandres…

Lize : Une collaboration comme on en rêve! Il y a quelques mois, nous avons reçu des moodboards et des photos de studio de la collection Xandres Spring/Summer 16. Nous sommes alors parties, toutes les trois, à la recherche des couleurs qui revenaient dans les différentes collections et nous avons aussi été frappées par les différentes textures utilisées. Ces constatations nous ont menées à utiliser différents types de cuir pour notre pochette.

Yanne : Nous avons commencé par dessiner quelques modèles. Une équipe de Xandres est ensuite passée à l’atelier et a sélectionné un modèle et des couleurs. Le cuir "nude", nous l’avons d’emblée choisi ensemble comme couleur de base. Par la suite, nous avons fait le tour des marchands de cuir pour trouver des cuirs uniques. Enfin, nous avons proposé différentes combinaisons que nous trouvions personnellement très belles et Xandres nous a immédiatement rejointes dans ces choix.

Qu’espérez-vous retirer à long terme de cette collaboration?

Lize : Les gens associent Xandres à une marque de qualité. J’espère que cette collaboration leur donnera la même image de Feryn.

Travailler entre sœurs ne doit pas être évident tous les jours…

Lize: Nous avons toujours été aussi de bonnes amies, mais quand nous nous sommes associées, maman avait peur que cela ne pose des problèmes.

Mira : Mais, au final, tout est toujours une question d’équilibre entre donner et prendre. Il y a des jours où Yanne travaille plus que moi.

Yanne : Mais Mira produit plus en moins de temps et Lize participe à la conception des collections et au choix des matières et fait notre promotion.

Mira : Moi je m’occupe souvent de l’aspect graphique le soir. Nous nous faisons entièrement confiance.

Yanne : Bien sûr, il peut aussi arriver que nous ne soyons pas d’accord sur certains points et qu’on se chamaille un peu, mais tout rentre toujours très vite dans l’ordre. Il y a des familles dans lesquelles les frustrations et les problèmes s’accumulent et finissent par littéralement exploser. Pas chez nous !

Lize : Nous, on préfère dire ce qu’on à dire tout de suite.

Votre maman a connu vos premiers succès avec Feryn et le début de votre collaboration avec Xandres. Était-elle fière de vous ?

Mira : Oui, nous avons en fait réalisé son grand rêve de nous voir construire quelque chose ensemble, à trois.

Lize : Et elle n’a jamais douté de notre réussite.

Quels sont vos objectifs pour 2016 ?

Mira : Nous ne voulons pas grandir à tout prix, mais j’aimerais que fin 2016, nous puissions avoir un nouvel entretien aussi positif que celui-ci.

Yanne : Nous aimerions prendre plus de temps pour concevoir de nouvelles collections et répondre, par exemple, à l’importante demande en cartables pour enfants et en portefeuilles. Fin 2016 j’aimerais pouvoir dire: « Vous savez quoi? On a bien bossé ! ».

www.atelierferyn.be

En savoir plus sur notre collaboration avec Atelier Feryn.

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PDG de Rosette la Vedette

Elle rayonne d’énergie et sous les mots on sent une envie d’avancer sans cesse. C’est vrai dans chaque aspect de la vie de Wendy Rosseel : son travail, sa vie. Lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer en 2008, le monde s’est brusquement arrêté. Mais cela n’a duré qu’un moment : après le bouleversement, elle a vite bouillonné d’idées qui l’ont conduite à créer sa propre marque, Rosette la Vedette : une collection inédite de foulards et bonnets chimio pour les patients atteints de cancer.

« Lorsque j’ai eu un cancer et que mes cheveux sont tombés sous l’effet de la chimiothérapie, j’ai su tout de suite que je ne voudrais pas porter de perruque. J’avais envie d’un foulard ou d’un bonnet, mais rien ne correspondait à mes envies. Tout était tristounet, démodé. Ma mère a alors sorti sa machine à coudre pour me confectionner des bonnets sur mesure. Autour de moi, les réactions ont été très positives. C’est comme cela qu’a grandi l’idée de lancer ma propre marque et une boutique en ligne. Avant de lancer vraiment Rosette la Vedette, deux ans se sont écoulés. Après la fin de mon traitement, j’étais très heureuse d’être « normale » à nouveau et de retrouver mon emploi dans la communication. Pendant deux ans, l’idée a continué de trotter dans ma tête, et j’ai compris : il y avait vraiment quelque chose à faire. »

Qu’est-ce-qui vous a poussé à créer Rosette la Vedette ? Je sentais qu’il y avait un besoin, que ce produit était nécessaire pour certaines personnes. C’est un sentiment un peu étrange : bien sûr, je préférerais que personne n’ait besoin de ces bonnets. Mais je sais personnellement quelle différence cela peut faire de se sentir bien dans son apparence, surtout quand on est malade. Quand je vois des femmes porter mes bonnets, je trouve qu’elles ont l’air bien dans leur peau. Je crée des collections pour cacher la calvitie, mais surtout pour aider les patients à se sentir fiers d’eux et à surmonter leur embarras. Je vends un petit morceau de tissu, et beaucoup de bien-être. Je ne peux pas guérir les femmes, mais je peux les aider à contrôler leur apparence. L’envie de lancer quelque chose sur le marché a aussi joué. Dans mon métier de communicante, je ne pouvais influer que sur une toute petite partie d’un projet ou d’une marque. J’œuvrais à la dernière étape, et j’avais envie pour une fois d’agir au cœur des choses. Mais je ne me voyais pas me lancer là-dedans avant longtemps, disons après ma crise de la cinquantaine (rires). Quand je suis tombée malade, les pièces du puzzle se sont enfin assemblées.

Je vends un morceau de tissu et beaucoup de bien-être

La maladie vous a-t-elle changée ? De manière positive ? Soyons encore plus radical : elle ne m’a changée qu’en bien. Bien sûr, il n’y avait absolument rien de positif à court terme. Vous êtes malade et vous n’y pouvez rien. Il n’existe pas de mode d’emploi expliquant comment vivre un tel bouleversement. Mais plus le temps passe, plus la maladie s’éloigne, plus on voit comment on en sort marqué positivement.

Vous avez un exemple ? Pendant ma maladie, j’étais très fatiguée et j’étais obligée de revoir chaque jour ce que je voulais faire. J’avais tout juste assez d’énergie pour faire deux-trois choses par jour. J’ai appris à écouter mon corps et à me ménager. J’ai aussi appris à suivre mon instinct. Est-ce que cela m’enthousiasme ? Est-ce que cela peut me donner de l’énergie ? Avant mon cancer, j’endossais un rôle après un autre : après mes études j’ai commencé mon premier boulot, et puis un autre, sans vraiment réfléchir. Le cancer m’a appris à faire des choix en toute conscience. Il m’a aussi apporté la conviction qu’on ne choisit pas ce qui nous arrive, mais que ce que l’on choisit, c’est la façon dont on vit cette histoire, comment on fait avec.

Quels conseils ou astuces vous ont aidée pendant votre maladie ? Lorsque j’ai compris que j’allais subir une chimiothérapie, je me suis sentie coincée. J’en avais déjà vu les effets autour de moi, dans mon entourage. Le médecin m’a alors dit cette phrase rassurante : « Wendy, vous n’allez pas perdre le contrôle : vous allez juste nous le passer un moment, et nous vous le rendrons après. » Cela m’a énormément aidée. Je suis une personnalité qui veut tout contrôler, mais j’ai appris à lâcher prise et à faire confiance quand je me sens bien entourée. Cette pensée m’aide encore aujourd’hui. Mon instinct est l’élément moteur de mon entreprise. En faisant confiance à une équipe d’experts, on parvient à de bien meilleurs résultats. Cela ne signifie pas perdre le contrôle. J’ai rassemblé autour de moi une équipe fantastique. D’un seul coup de téléphone, on résout les problèmes, on planifie la nouvelle saison…

Que préférez-vous dans votre métier ? L’aspect créatif. J’ai le loisir de choisir des tissus et des couleurs deux fois par an. J’essaye d’imaginer comment le tissu va se draper sur la tête de mes clientes. Je suis par exemple très satisfaite de ma collection d’automne : pour moi, c’est la meilleure que j’aie créée. Les couleurs et les imprimés sont absolument parfaits.

Comment vous différenciez-vous des autres foulards et bonnets ? Je ne me laisse pas submerger par l’approche médicale ou par l’auto-apitoiement. Je veille naturellement à ce que mes bonnets soient de bons produits : ils ne doivent pas irriter le cuir chevelu, ils doivent être doux et offrir du volume. Mais les imprimés audacieux et colorés sont ma marque de fabrique. À mon avis, j’ose plus que les autres. J’ai une approche différente du modèle grâce à ma propre expérience qui me guide.

Xandres vous a élue femme inspirante. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Les gens dont je m’inspire et dont je m’entoure sont conscients de ce qu’ils sont capables de faire ou non et s’en satisfont. S’ils irradient autant d’énergie, c’est parce qu’ils entreprennent des choses qu’ils aiment faire et qu’ils font bien. Discuter avec de telles personnes me donne de l’énergie. Et puis, je les trouve apaisantes dans le sens où elles ne se sentent pas obligées de faire quelque chose mais suivent leurs envies. C’est ce mélange d’énergie et de sérénité qui m’attire.

Xandres est partenaire de Pink Ribbon, l’association qui sensibilise au cancer du sein et a fait d’octobre le mois du cancer du sein. Que représente Pink Ribbon pour vous ? La sensibilisation est très importante. Dans notre pays, le cancer du sein est la forme de cancer la plus répandue chez les femmes. Proportionnellement à l’échelle du monde, c’est en Belgique qu’il est le plus prévalent. Cette forme de cancer est du reste relativement facile à déceler quand on en connait les symptômes. Voilà pourquoi il faut que le cancer du sein reste un sujet de conversation. Grâce aux campagnes, les gens sont conscients que la maladie peut survenir, ils apprennent à la reconnaître, ce qui augmente les chances de survie. Il faut également que le cancer du sein ne soit plus un sujet tabou : nombreux sont ceux qui ne savent pas comment réagir lorsque la maladie affecte quelqu’un de leur entourage.

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Julie & Véronique

Lorsque l’avocate Julie Van Waes et l’ingénieure en aérospatiale Véronique Duponselle ont repris le magasin multimarques Jo.mode à Lochristi, ce fut un virage professionnel à 180 degrés. Malgré ce choix osé, un an plus tard les deux entrepreneuses ont tout pour elles. Pleines de passion et d’ambition, elles ont relevé ce nouveau défi et appris les ficelles du secteur de la mode. Depuis, Julie et Véronique ont ouvert une deuxième boutique multimarques à Izegem. « Nous pensons toutes les deux qu’il faut chaque jour rechercher le bonheur, aussi bien dans la vie professionnelle que sur le plan privé. Cela signifie qu’il faut faire des choix et tout mettre en œuvre pour y arriver. »

Pour quelles raisons avez-vous opéré ce changement de carrière ?

Julie :« Nous étions toutes les deux arrivées à un point de notre vie où nous avions l’envie d’entreprendre et de nous lancer dans les affaires. Le fait d’avoir atterri dans le secteur de la mode est totalement dû au hasard. Même si nous ne cherchions pas à y rentrer, nous sommes heureuses d’être dans ce domaine car il nous parle en tant que femmes. »

Véronique : « En tant que Strategy Consultant, j’étais en contact avec de nombreuses entreprises. Le fait de travailler à tous les niveaux et de goûter aux différents aspects d’une entreprise m’a donné envie de suivre le processus de A à Z plutôt que de toujours travailler par projet et pour un laps de temps défini. Par ailleurs, mon emploi précédent m’entraînait dans une vie extrêmement agitée et remplie : j’étais continuellement à l’hôtel. J’ai travaillé quatre ans en tant que consultante et sur cette période de temps, je n’ai passé qu’environ 6 mois en Belgique. Dès qu’on a des enfants, tout cela devient très difficile. Soit il faut trouver en permanence des solutions pour leur accueil, soit on choisit un autre mode de vie. J’ai choisi de relever un nouveau défi qui s’associait bien avec ma vie de famille. Et ce défi est vraiment génial. Je connaissais Jo.mode depuis un certain temps et j’ai sauté dans le train. Et c’est dans ce train que j’ai rencontré Julie. »

Quel est, selon vous, le plus grand défi de votre nouveau job ?

Julie : « Le plus grand défi est, selon moi, le fait que nous travaillons pour et avec des personnes. Le client occupe une place centrale, mais il n’est pas le seul. Le personnel et nos collègues ont également une très grande importance. Jongler avec cela n’est pas toujours facile. L’autre défi est d’ordre financier. Ce job a l’air très cool et il l’est, mais il comprend aussi de sérieuses responsabilités financières : les salaires des collaborateurs doivent être payés, les collections doivent être financées à l’avance. C’est, pour nous deux, un investissement financier qu’il ne faut pas sous-estimer. Il faut donc continuer à "faire tourner" le commerce. »

Quand on travaille dur, il faut être passionnée

Véronique, avez-vous trouvé un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle ?

Véronique : « Oui, cette combinaison me convient mieux : je dors chaque soir dans mon lit. C’est une grande différence. J’essaie d’être là chaque soir au coucher de mes enfants. Et le matin, je peux aussi les emmener à l’école. Les week-ends par contre, cela dépend. Nous travaillons un week-end sur deux. C’est une chose qu’il a fallu prendre en compte. Mais j’ai besoin d’exercer un travail qui me stimule. Je pourrais travailler de 9h à 5h et passer plus de temps avec mes enfants mais je ne serais pas heureuse. »

Julie : « Ce travail a fait de nous de meilleures mères. Nous essayons constamment de trouver l’équilibre. Ce n’est pas toujours facile mais le fait d’être deux est précieux. Seules, nous n’aurions peut-être pas osé franchir le pas. Nous avons toutes les deux des enfants, nous sommes dans le même bateau. Nous essayons donc de trouver un équilibre afin que la situation soit tenable pour l’une comme pour l’autre. Et nous avons chacune un mari qui comprend notre choix. »

Concrètement, comment faites-vous pour combiner un travail exigeant et votre famille ?

Véronique : « Pour moi, il est primordial d’instaurer une communication claire. À la maison, je discute du planning avec mon mari au début de la semaine, afin que nous sachions sans équivoque qui emmène les enfants à l’école et qui va les rechercher. Si tout est clairement établi à l’avance, chacun sait à quoi s’attendre pour la semaine. Une communication claire et un bon planning éloignent le stress. »

Xandres vous a sélectionnées en tant que femmes inspirantes. Mais vous, qui vous inspire ?

Véronique : « Je ne réfléchis pas beaucoup à cela : tout le monde mène sa propre vie et fait à sa manière. Je pense qu’au final, chacun doit poser ses propres choix. »

Julie : « Je regarde surtout mon entourage. Quand je vois ma maman qui a su élever trois enfants et qui va bientôt fêter ses 40 ans de mariage, je trouve cela inspirant et je dis "chapeau". »

Véronique : « Les personnes qui savent relativiser et profiter de la vie, qui visent le bonheur : ça c’est inspirant. »

Avez-vous réparti les rôles dans votre entreprise ?

Julie : « Nous faisons beaucoup de choses ensemble, par exemple la préparation des achats, les achats et le suivi. Pour la suite, nous avons chacune nos responsabilités : Véronique s’occupe davantage des chiffres, des graphiques et des analyses. Je me charge plutôt de tout ce qui concerne le personnel et naturellement de tous les aspects juridiques. Nous gérons ensemble les événements et le marketing et nous partageons les tâches projet par projet. »

Avez-vous été surprises par certains aspects du secteur de la mode ?

Julie : « Oui, par les marges bénéficiaires, qui sont en fait très faibles. Tout le monde pense que les marges sont énormes dans le monde de l’habillement, notamment en raison des réductions qui pleuvent au moment des soldes. Mais ce n’est pas le cas, hélas. Par ailleurs, du point de vue des commerçants, les soldes arrivent beaucoup trop tôt. Pour nous, les soldes seraient parfaits en février. Et en août pour les soldes d’été. Des soldes précoces perturbent le marché. Les vêtements perdent de leur valeur alors que la saison n’est pas encore passée. »

De quelle manière essayez-vous de vous distinguer avec Jo.mode ?

Julie : « Le service est très important. C’est par cet aspect que nous voulons et devons faire la différence. Nous ne souhaitons pas uniquement vendre, nous voulons rendre les gens heureux, leur offrir une expérience agréable. Par exemple, quand quelqu’un boit un café ici, dans notre coin détente, cela nous fait plaisir. Tout le monde est toujours tellement pressé, nous voulons délibérément créer un moment de repos, un moment de plaisir pour soi. C’est pourquoi nous accordons aussi tellement d’importance aux conseils de style. Si vous le désirez, vous n’avez pas à sortir de la cabine d’essayage : nos stylistes chercheront une tenue pour vous. Mais si vous préférez chercher et essayer une tenue en toute tranquillité, c’est aussi possible, bien sûr. »

Avez-vous une citation préférée ou une devise ?

Julie : « Vis au jour le jour, et vis bien. Tout ce que tu entreprends, essaye de le faire à 100 %. Mais surtout : si tu sors, sors à fond. Et quand tu es avec tes enfants, consacre-leur toute ton attention. La vie est trop courte pour faire les choses à moitié. »

Véronique : « On ne vit qu’une fois, telle est ma devise. Profite de ta vie au jour le jour, demain est un autre jour. Et amuse-toi, aussi bien au travail qu’à la maison. Vise le bonheur dans tout ce que tu entreprends. Si tu n’es pas heureuse, il faut faire d’autres choix. Quand on travaille dur, quand on travaille beaucoup, c’est plus agréable de le faire avec passion et beaucoup de conviction. »

www.jomode.be

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Membre du comité de gestion du Fonds Pink Ribbon

Notre "Inspiring Woman" du mois est l’infatigable Rosette Van Rossem (69 ans). Membre du comité de gestion du Fonds Pink Ribbon et directrice retraitée de Sanoma (qui édite Feeling, Flair et Libelle notamment), elle est l’instigatrice de Pink Ribbon qui lutte contre le cancer du sein, et est un véritable modèle de ténacité et d’engagement. Xandres soutient l’objectif que s’est fixé son organisation, à savoir combattre la maladie dans son acceptation, transmettre un message de courage et d’espoir, encourager la prévention et le dépistage, financer des projets concrets visant à améliorer la qualité de vie des patientes et ex-patientes.

Madame Van Rossem, il y a 5 ans, vous êtes passée d’une haute fonction commerciale au philanthropique. Pourquoi? Ce n’était pas une décision à visée carriériste, ma carrière est terminée. J’ai travaillé pour Sanoma jusqu’à mes 65 ans, jusqu’à la retraite donc. En tant que maison d’édition de nombreux magazines féminins, nous estimions qu’il fallait donner davantage la parole aux femmes belges. Un projet que j’ai proposé de mener à bien. Il se trouve qu’il était de plus en plus souvent question de cancer du sein, d’une part parce que les chiffres sont effarants, d’autre part parce que la communication est une des armes les plus efficaces pour lutter contre ce fléau. Informer, briser les tabous, dire les choses telles qu’elles sont. Mais toujours de façon positive car le but est de donner espoir. Nous avons donc commencé par publier un magazine spécial, très utile en ces temps de numérisation à outrance car nous savons à combien il est difficile, pour les femmes et pour leur entourage, de parler de cette maladie. Un magazine qui traîne sur la table de salon permet d’amorcer la conversation.

Au moment d’embrasser cette juste cause, aviez-vous déjà été confrontée au cancer du sein? Non, ni moi personnellement, ni personne de mon entourage immédiat. Mais depuis le temps que je traite du sujet, je suis entrée en contact avec de nombreuses patientes et certaines de mes amies ont été touchées par la maladie. A l’époque, le thème m’intéressait sur le plan professionnel et une petite voix me disait : "Tu as eu de la chance de faire une belle carrière. Tout le monde n’a pas cette chance." J’avais l’intention de m’impliquer dans un projet avec et au service d’autres femmes. Je voulais aussi mettre à profit tout ce que j’avais appris ainsi que mon réseau de relations. Quand l’heure de la retraite a sonné, s’est posée la question de savoir qui reprendrait mes attributions chez Pink Ribbon. J’ai fait savoir que j’avais l’intention de poursuivre mes activités et je suis devenue administratrice. À titre bénévole, c’est important à mes yeux. Ceci dit, ma succession est déjà assurée car même si je me sens bien aujourd’hui, la question est trop importante pour dépendre uniquement de mon état de santé.

Quels sont les grands enjeux en ce qui concerne le cancer du sein et comment Pink Ribbon définit-il ses priorités? Notre principal objectif consiste à privilégier la prévention et le dépistage, et d’apporter l’information adéquate. Pour ce qui est de la prévention, on ignore souvent qu’une bonne hygiène permettrait d’éviter un cancer sur trois, comme bouger une demi-heure par jour, surveiller son poids et son alimentation, éviter le tabac et les drogues, limiter sa consommation d’alcool. Encore faut-il faire passer le message avec beaucoup de précaution car le but n’est pas de culpabiliser. Nous savons aussi que si le cancer est diagnostiqué en phase initiale, les chances de guérison frôlent les 100% et le traitement est nettement moins lourd. Pour augmenter les chances de diagnostiquer la maladie le plus tôt possible, les femmes âgées de 50 à 69 ans sont invitées à faire une mammographie proposée gratuitement par les instances publiques. Malgré cela, beaucoup de femmes ne le font pas. Pourquoi?

Et que répondent-elles? Beaucoup de femmes pensent que l’examen est douloureux. Même si c’est le cas, que sont 20 secondes de douleur comparé à la maladie infiniment plus pénible ? Certaines évoquent aussi le risque d’irradiation pendant la mammographie, irradiation soi-disant susceptible d’induire le cancer. Or l’appareillage utilisé aujourd’hui ne produit pas plus de rayons que la quantité à laquelle on est exposé quand on prend l’avion à Bruxelles pour se rendre à Nice.

Ne pensez-vous pas que c’est par peur, tout simplement? Absolument. On préfère ne pas savoir car quid si le résultat s’avère positif ?

Angelina Jolie a fait parler d’elle dernièrement pour avoir subi une double ablation des seins à titre préventif. Cette initiative a-t-elle servi votre cause? Oui et non. Oui, cette publicité inattendue a fait avancer les choses car elle a eu pour effet de briser les tabous, d’attirer l’attention sur la maladie. Mais elle a aussi une conséquence très négative : de nombreuses femmes se sont rendues à l’hôpital pour demander un test génétique. Le problème est le suivant : comment prendre une décision importante si on n’est pas bien entouré? Si le test s’avère négatif, tout va

bien. Mais s’il est positif? Et si vous avez des filles? Vous imaginez l’angoisse? Et puis, la décision d’Angelina Jolie est-elle la seule réaction possible à un test positif? La mastectomie et la reconstruction? Bien sûr que non car il faut savoir que la reconstruction est beaucoup plus pénible et plus difficile que l’amputation et que tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir les meilleurs services dont Angelina Jolie a bénéficié. Il est parfaitement possible d’échapper à une intervention aussi dévastatrice. Même si le test génétique s’avère positif, rien ne dit que vous développerez un cancer. Un suivi régulier, tous les trois à six mois, suffit. Un des projets que nous soutenons traite de cette problématique et définit le cheminement décisionnel pour les femmes concernées à mettre en place dans les hôpitaux.

Quel est le nouveau projet pour 2015? Nous constatons –et c’est très positif – qu’il y a de plus en plus de survivants du cancer du sein et qu’ils peuvent vivre encore très longtemps. Mais même une fois guéri, le cancer du sein continue à faire partie intégrante de leur vie. L’angoisse ne disparaît pas, ils doivent vivre avec leurs cicatrices, une fatigue extrême et des problèmes de mémoire. Sans parler du "syndrome du gros bras" : les ganglions dans le creux de l’aisselle affectés par l’intervention chirurgicale ne fonctionnent plus normalement et le drainage ne se fait plus aussi bien. La campagne lancée en début d’année a pour but de sensibiliser aux conséquences des traitements chirurgicaux. Un des projets dont je m’occupe cette année et auquel je songeais depuis un moment a rapport avec Venise. Je connaissais l’existence d’un groupe de femmes vénitiennes dénommé "Pink Lioness", des survivantes du cancer du sein qui se rassemblent deux fois par semaine pour faire de l’aviron ensemble. D’abord parce que c’est un drainage lymphatique naturel, ensuite parce que c’est une sorte de cocon où elles rencontrent d’autres femmes au parcours similaire et avec lesquelles elles peuvent partager leurs expériences. Cette initiative poursuit un double objectif : sécuriser les patientes et leur offrir une certaine visibilité car le bateau sur lequel elles rament, toutes de rose vêtues, porte l’inscription en grand "Pink Lioness Venezia". Fières de se montrer, ces femmes proclament haut et fort: 'Ok, nous sommes malades ou avons été malades mais la vie est toujours aussi belle et nous sommes capables de faire encore pas mal de choses.’ Je suis entrée en contact avec elles au début de cette année et le courant est immédiatement passé, à tel point que nous avons décidé de créer une sorte de communauté Pink Ribbon Belgique/Pink Lioness Venezia. Je vais partir 5 jours à Venise avec 10 patientes belges qui feront chaque jour de l’aviron avec les Vénitiennes pour en découvrir les bienfaits. A leur retour, j’espère que l’écho dans les médias permettra de convaincre les différents clubs belges de tout faire pour encourager les patientes atteintes du cancer du sein à faire de l’aviron, à commencer par l’organisation d’une journée découverte à l’attention toute particulière de ces patientes.

Les rubans roses sont toujours disponibles? Evidemment! Après avoir été distribués gratuitement pendant plusieurs années, ils seront mis en vente pour la première fois. J’ai demandé à Edouard Vermeulen de Natan de concevoir un petit ruban spécial qui sera vendu 3 euros.

Il y a aussi le foulard "Xandres for Pink Ribbon", dont 15 euros seront reversés à Pink Ribbon pour chaque foulard vendu. Oui et ce foulard est superbe! Personnellement, j’adore les couleurs. A chaque nouvelle saison de mode, je cherche de nouvelles combinaisons de couleurs. J’étais autrefois fan de Kenzo mais je dois avouer que je ne suis plus les stylistes aussi assidument.

Vous fêterez bientôt votre 70e anniversaire. Comment avez-vous réussi à faire une carrière aussi brillante à une époque où ce n’était pas évident pour les femmes ? Votre ambition a-t-elle grandi au fur et à mesure ou est-ce vos parents qui vous ont transmis le virus? J’étais fille unique avec une mère au travail, cela a probablement joué. Elle était mon modèle et je l’ai toujours vue travailler. Il m’a fallu un certain temps pour me rendre compte que le monde extérieur ne voyait pas les filles et les garçons de la même façon. Je ne me suis pas posé de questions pendant de nombreuses années, je faisais ce que j’avais envie de faire, tout simplement. Go for it. J’ai épousé un homme dont la mère et la grand-mère ont, elles aussi, toujours été actives. Nous n’avons donc jamais eu de discussions du genre "qui fait quoi ou cela te convient si...". Au contraire, mon mari a mis sa carrière entre parenthèses pendant plusieurs années pour me permettre de conjuguer harmonieusement vie professionnelle et vie privée. Il avait –et a toujours – sa propre entreprise et gère librement son agenda. Je n’ai donc jamais été freinée, et encore moins culpabilisée. Pour moi, tout cela était parfaitement normal. Je ne pense pas m’arrêter en si bon chemin car je viens d’investir dans une nouvelle entreprise qui me prendra pas mal de temps. J’ai parfois le sentiment que c’est précisément parce que je n’ai plus rien à prouver que j’arrive à en faire autant.

www.pink-ribbon.be

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Pionnière en leçons d’estime de soi et d’image corporelle positive

Marte Boneschansker prête, pour la cinquième fois, son visage à la campagne Xandres xline. Et quel meilleur moment que la rentrée pour profiter des leçons d’estime de soi et d’image corporelle positive que ce membre clé de la famille Xandres a glanées tout au long de sa fructueuse carrière. Depuis ses débuts devant l’objectif, la mannequin n’a cessé de nous inspirer avec ses messages d’acceptation de soi, si importants et si communicatifs, combinés à une réelle prise de position vis-à-vis de son industrie, qu’elle partage volontiers avec ses amis et followers sur les réseaux sociaux, à coup de hashtag #confidenceisamuscle.

Comment êtes-vous tombée dans le mannequinat ? J’avais neuf ans la première fois que j’ai été repérée dans la rue, mais ma mère ne m’a pas autorisée à devenir mannequin avant mes seize ans. J’étais furax ! Alors jeune ado, je m’imaginais qu’elle entravait ma carrière. (rires) Aujourd’hui, je lui en suis reconnaissante, car cela m’a permis de développer ma taille et mes formes naturelles. À 16 ans, j’ai signé avec une agence de premier plan à Amsterdam. Je faisais un 38 et ils voulaient que je perde deux tailles. J’ai vraiment essayé, mais ce n’était pas pour moi. Mes hanches et ma poitrine ont continué à se développer et, quand j’ai quitté l’agence, j’avais une taille 40. J’étais prête à abandonner le mannequinat définitivement. Aussi, quand Euromodel m’a recrutée, deux ans plus tard, j’ai été très surprise. À l’époque, j’affichais un 42, ma taille actuelle.

Comment s’est passée cette deuxième incursion dans le mannequinat ? Au début, c’était étrange. Je m’excusais de ma taille auprès des clients, je n’étais pas à l’aise avec mon physique et lors des shootings, j’essayais de dissimuler mes courbes. J’ai même fait des rêves dans lesquels ma nouvelle agence m’appelait pour me dire qu’ils avaient fait une erreur et que je n’étais pas « taillée » pour le job. Mais shooting après shooting, j’ai gagné en assurance. Aujourd’hui, je trouve ça super de pouvoir être moi-même, avec ma taille naturelle, et travailler aux quatre coins du monde.

C’est la cinquième fois que vous incarnez la campagne Xandres xline. Ça vous fait quel effet ? C’est un tel honneur ! J’apprécie beaucoup que Xandres xline célèbre les femmes qui ont de la classe et de la personnalité. L’histoire que raconte la marque est vraiment fascinante. Elle vous fait vous sentir à la fois sensuelle, forte et élégante. Je me souviens du tout premier shooting, j’étais nerveuse, j’avais le trac. Mais toute l’équipe a été tellement adorable… une connexion s’est tout de suite établie. Lors des shootings pour Xandres xline, tout se met en place naturellement. Et on ressent ce mélange de concentration et d’excitation. Alors, on sait qu’on est en train de créer de belles choses ensemble.

La confiance est un muscle, travaillez-la au quotidien.

Y a-t-il des moments que vous appréciez tout particulièrement quand vous travaillez avec nous ? Il y en a tant ! Les lieux sont toujours fabuleux : j’ai adoré le shooting dans cette incroyable maison sur la côte hollandaise, un chef d’œuvre d’architecture moderne. Ou cet autre dans un gratte-ciel de Rotterdam, où les fenêtres s’étiraient du sol au plafond. Mais le shooting le plus émouvant est probablement celui qui a eu lieu juste après les attentats de Bruxelles. Nous étions tous tellement sous le choc… quelle journée étrange. Ça nous a anéantis, mais les images qui sont sorties sont vraiment très belles. C’est comme si le chagrin nous avait apporté une énergie cachée, comme une espèce de rituel. Nous voulions continuer à raconter des histoires, à aimer, à vivre. Quand je repense à cette journée, j’ai le sentiment de l’avoir passée avec ma famille.

Comment aimeriez-vous voir évoluer l’industrie du mannequinat ? J’ai l’impression qu’il est en train de se passer beaucoup de choses : certaines marques font appel à des filles différentes, des filles d’âges, d’ethnies et de morphologies différents. Les marques semblent enfin comprendre que les femmes ont besoin de voir un vrai reflet de la société, mais le processus est encore lent, en particulier pour les campagnes beauté. Mais je suis convaincue que cela évoluera aussi bientôt. L’heure est au changement. Lentement mais sûrement, la diversité s’installe, et elle est là pour rester.

Que pensez-vous des termes « mannequin plus size », « mode plus size » ou encore de l’expression « mannequin aux courbes généreuses », actuellement plus en vogue ? Je trouve que le terme est déroutant, qu’il prête à confusion, mais dans la profession, c’est le terme consacré que les agences utilisent pour faire appel au bon mannequin. Dans un monde idéal, on n’aurait plus à utiliser ce terme, mais tout cela est lié aux fameuses sample sizes. Je préfère nettement les expressions « curvy » ou « courbes généreuses ». À la fois moins agressives et plus vastes, elles se réfèrent davantage à la morphologie qu’à la taille.

Quelle a été la clé de votre propre auto-acceptation ? Je pense qu’on a tous subi un tel lavage de cerveau, tant les femmes que les hommes, avec cette idée que la femme doit avoir la taille fine et cette silhouette en forme de sablier. Un assistant-photographe m’a un jour montré des photos non retouchées de Lara Stone pour System Magazine, juste après la naissance de son premier enfant. Elle était incroyable, mais l’assistant a décrété qu’elle avait l’air énorme et pas du tout en forme. Vous plaisantez ? Elle vient d’avoir un bébé ! Elle était tout simplement sublime. Lara est une femme tellement forte, on ressent immédiatement qu’elle ne se soucie pas de ce que d’autres peuvent penser. L’acceptation de soi est un parcours difficile, en particulier pour les femmes. Même mon amie la plus mince trouve qu’elle a un peu de ventre. Et elle n’aime pas ça. Alors, je lui montre le mien et je lui dis combien je l’aime. C’est la clé. Aimer son corps. Aimer chacun de ses membres. Tous les matins, je me dis combien mes fesses, ou mes hanches, ou mon ventre, sont beaux. Je me dis que ma taille est un de mes atouts, que je suis élégante et attirante.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui diffèrent de ce que les magazines représentent parfois comme étant « la norme » ? Pour moi, la responsabilité incombe aux magazines. Il est très difficile pour une ado de se dire : « Attends, ce n’est pas la réalité : c’est une photo mise en scène et un mannequin. » Les magazines devraient représenter des morphologies, âges, genres et races différents. Des articles du genre « Votre corps est-il prêt pour l’été ? » sont criminels à mes yeux. C’est à cause de ce genre d’idées que les femmes se sentent mal dans leur corps. J’ai parfois l’impression que les magazines ne mesurent pas la portée de leur influence. Vous voulez que les femmes et les jeunes filles manquent d’assurance et soient malheureuses ou au contraire, les rendre maîtres de leur image et leur montrer leurs forces et leurs possibilités ? Aux jeunes filles, je dirais : consultez les magazines pour l’inspiration, la mode, les histoires, mais ne vous focalisez pas sur un corps ou un lifestyle « idéal ». Aimez-vous pour qui vous êtes au dehors comme au dedans. Et apportez une dose d’amour supplémentaire aux parties de votre corps que vous n’aimez pas. Exhibez-les. Et découvrez ce que vous aimez en vous, ce qui vous rend plus forte et indépendante. Chaque corps est « prêt pour la plage ». Foulez le sable et jetez-vous à l’eau !

Si vous pouviez remonter le temps, que diriez-vous à la Marte de 14 ans ? Je lui dirais de ne jamais faire régime, de garder la tête haute et d’être fière d’elle-même. De faire ce qu’elle aime. De travailler beaucoup et de s’amuser beaucoup. C’est ce que je continue à me répéter chaque jour.

Vous avez fait une école de théâtre et vous êtes actrice. Qu’est-ce qui vous plaît le plus lorsque vous êtes sur scène ? Jouer, c’est mon véritable amour et ma passion. J’aime être sur scène : l’empressement, l’énergie et l’interaction avec le public. Ça se passe en live et chaque soir est différent, ce qui rend l’expérience chaque fois intéressante. C’est comme une danse entre l’acteur et le public : sans l’un, l’autre n’existe pas.

En quoi la scène a-t-elle fait de vous une meilleure mannequin ? Lorsque je bosse comme mannequin, j’emporte toujours « mon bagage » avec moi. Le photographe est mon public, et je lui raconte une histoire avec mes yeux, mes mouvements et mon visage. J’essaie toujours de créer un personnage.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu d’un(e) professionnel(e) du monde du mannequinat ou de la scène ? Cela peut paraître évident, mais c’est d’être soi-même. Parfois, on a l’impression que pour être plus heureux, on doit changer. « Ils m’apprécieront davantage si je suis plus comme ceci… » ou « pour avoir un mec, je devrais être davantage comme elle. » Mais la vérité, c’est qu’il n’y a qu’un seul vous. Quelqu’un m’a un jour demandé : « Enfant, qu’aimais-tu ? » et je me suis souvenue du théâtre, que j’aimais me déguiser, lire, dessiner, écrire. J’ai recommencé à faire toutes ces choses et j’ai arrêté de me comparer aux autres. Si vous vous sentez à l’aise, que vous faites ce que vous aimez, que vous aimez qui vous êtes, vous êtes au plus beau de vous-même. Et c’est le type de beauté qui rayonne et touche les autres ; c’est une lumière que vous diffusez dans votre travail, vos relations, votre vie. C’est une source de bonheur.

Quel est votre mantra ou citation préférée? « La confiance est un muscle, travaillez-la au quotidien. »

www.instagram.com/marteboneschansker


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Head of Commercial Training chez Brussels Airlines

Pour Erica Raymaekers, 'Head of Commercial Training' et responsable de quelque 1300 membres d’équipage de cabine chez Brussels Airlines, les mots ‘flexibilité, ténacité et positivisme’ ne sont pas des qualités qu’on cite pour le plaisir sur la plateforme Instagram, mais de réelles compétences dont elle fait preuve au quotidien pour tirer le meilleur de ses collègues et offrir un service optimal aux passagers. Nous avons rencontré une 'Inspiring Woman' qui n’a pas trouvé le "job idéal" par hasard, mais a secoué ciel et terre pour faire de sa passion une réalité. Une femme capable d’inspirer son entourage par son inépuisable empathie et sa formidable éthique de travail dans un secteur où les défis sont permanents. Erica a en outre participé à la genèse des superbes uniformes que Xandres a conçus pour Brussels Airlines il y a quelques années et dont elle est une fan inconditionnelle: "En 26 ans de carrière, je n’ai jamais reçu autant de compliments que pour la robe rouge de Xandres."

Vous avez bâti une carrière de plus de 25 ans dans la navigation aérienne. Vous souvenez-vous du moment où vous avez décidé de travailler dans ce secteur ? Ce n’était pas un rêve d’enfant. Je n’avais aucune idée de ce que je vouIais faire plus tard. Après mes humanités, je me suis inscrite dans une école privée pour développer ma connaissance des langues étrangères. L’école proposait des stages dont un à l’aéroport. C’est là que j’ai rencontré d’anciennes élèves qui faisaient leurs débuts d’hôtesse de l’air chez DAT, une petite compagnie aérienne régionale active depuis l’aéroport d’Anvers qui, plus tard, allait constituer la base sur laquelle s’est fondée Brussels Airlines. Cela a excité ma curiosité et je me suis dit : OK, je ne vais pas faire ce boulot toute ma vie mais je suis jeune, je vais voyager dans le monde entier, pratiquer les langues, découvrir d’autres cultures. Cette perspective m’enthousiasmait … et me voici, 26 ans plus tard. Ma pointe de curiosité s’est muée en véritable passion.

Vous n’avez jamais eu peur de voler ? Jamais. Mes parents m’emmenaient régulièrement sur la Costa espagnole depuis mes 2 ans et demi. Enfant déjà, je trouvais le moment du décollage et de l’atterrissage particulièrement excitant et c’est encore le cas aujourd’hui. J’éprouve toujours une formidable sensation de liberté quand les roues décollent du bitume!

Quand avez-vous compris que ce métier était fait pour vous ? J’ai toujours été très sociable. Mes amies me surnommaient l’ ‘aimant humain’ de notre groupe. Quand nous allions quelque part et qu’il y avait un blanc ou que la conversation avait tendance à s’enliser, c’était toujours moi qui la relançait afin d’en faire un agréable moment. Il faut une bonne dose de peps pour faire ce boulot. Il ne suffit pas de parader avec charme.

Comment avez-vous vécu la faillite de la Sabena ? DAT, qui vous employait, n’a pas fait faillite mais les choses ont pas mal changé. Je voudrais commencer par dire que la faillite m’a beaucoup affectée. Par l’intermédiaire de DAT, nous volions aussi pour la Sabena et je connaissais pas mal de personnes qui y travaillait. D’un autre côté, cette expérience m’a donné encore plus d’énergie. J’ai réalisé qu’un coup dur comme celui-là pouvait déboucher sur d’autres opportunités, plus grandes encore. Après la faillite de la Sabena, nous avons eu la chance de pouvoir prendre un nouvel envol, et de devenir Brussels Airlines, la compagnie aérienne telle que nous la connaissons aujourd’hui. La Sabena affichait plus de destinations, plus exotiques que DAT. Je me suis mise à rêver: "Et si on m’offrait la possibilité de voler dans un de ces gros avions?" La chance m’a souri. Je me suis lancée corps et âme dans le développement d’une nouvelle compagnie aérienne belge. On s’est tous retroussé les manches en se disant: "En avant toutes!". J’ai grandi avec la nouvelle société et j’ai été assez rapidement propulsée à un poste à responsabilités.

Ce boulot demande une bonne dose de peps. Il ne suffit pas de parader avec charme.

Vous avez la flexibilité chevillée au corps apparemment… La flexibilité est indispensable dans ce secteur. Sans une bonne dose de flexibilité, vous n’y arriverez jamais. C’est tout sauf un job de fonctionnaire. On vole parfois jour et nuit, on travaille à Noël. On ne connaît ses horaires qu’un mois à l’avance ; difficile donc de faire des plans à long terme : une année vous travaillez le jour de votre anniversaire, l’année suivante pas. C’est un style de vie complètement différent. Pas toujours évident à expliquer à sa famille. J’enseigne aussi et parfois, les cours se donnent un jour férié. Cette année, une session se tenait le lundi de Pâques. J’ai reçu plusieurs mails me demandant si je ne m’étais pas trompée de date, ‘c’est le lundi de Pâques’, me faisait-on remarquer. Ce à quoi je répondais: “Bienvenue dans le monde de la navigation aérienne.” (rires) Voici une autre raison pour laquelle les membres de l’équipage doivent toujours réagir au quart de tour: chaque vol réunit des voyageurs de types très différents, du bourlingueur avec son sac à dos à l’étudiant qui n’a pas réussi son examen d’entrée en passant par les hommes d’affaires, le président d’un pays africain, Brad Pitt, les Diables Rouges, les danseurs de Tomorrowland... Notre radar doit être perpétuellement allumé pour pouvoir nous adapter aux personnes que nous avons en face de nous. C’est un métier passionnant.

Impossible de ne pas évoquer les attentats du 22 mars 2016. Dans quelle mesure avez-vous été personnellement affectée ? Tous autant que nous sommes, nous avons surmonté cette épreuve. Nous sommes des battants. Je me souviendrai toujours de la sérénité et du silence après l’intervention de M. Gustin, le CEO de Brussels Airlines, venu nous parler quelques minutes après le conseil de crise. Malgré la décision d’annuler tous les vols ce jour-là, tout le monde est resté en se disant qu’il pouvait être utile. C’est une autre de nos caractéristiques.

Pouvez-vous nous parler de "Wings for Children" ? Ce projet dans lequel je suis impliquée depuis plusieurs années a pour but d’organiser des vols au départ d’Anvers pour les enfants handicapés mentaux et physiques. Le vol ne dure qu’une vingtaine de minutes, mais l’embarquement et le débarquement prennent facilement une heure. Les enfants ne se tiennent plus de joie pendant le vol qui, pour nombre d’entre eux, constitue un baptême de l’air et un rêve qui se réalise. Quel plaisir de les voir. C’est une expérience très forte sur le plan émotionnel, tant pour l’équipage que pour les accompagnants.

Vous faites partie de l’équipe de direction du personnel de cabine de Brussels Airlines et vous donnez cours. J’ai toujours été en première ligne quand on cherchait un coach pour les formations. Je veux transmettre mes connaissances, mais aussi ma passion et mon enthousiasme. Au fil des années, j’ai été amenée à donner des formations à bord, parfois complétées par des formations au sol au sein de notre département formations. Depuis, j’ai pris en charge toute la coordination de la formation pour la section commerciale. Avec l’aide de 7 instructeurs, nous organisons des cours ayant pour objet les méthodes de travail à bord et –très important à mes yeux- le service au client. Comment gérer les conflits, se comporter de façon appropriée, faire preuve de style et de charisme, se sentir à l’aise dans son uniforme, etc.

Le fameux uniforme conçu par Xandres pour Brussels Airlines ! J’ai porté de très nombreux uniformes pendant ma longue carrière et je dois dire, en toute franchise, que c’est le premier uniforme qui illustre parfaitement l’image que nous voulons donner. Nous représentons la Belgique, la "belgitude" en quelque sorte. L’équipage doit refléter cette belgitude dans son comportement, son ouverture d’esprit, sa disponibilité mais aussi sa discrétion. Il est tout aussi important de se sentir parfaitement à l’aise dans son uniforme car cela se voit. La robe rouge de Xandres est parfaite, c’est un modèle à la fois stylé et confortable. C’est aussi le seul uniforme qui m’a valu autant d’éloges pendant ma carrière de 26 ans. J’ai fait partie du groupe de travail multigénérationnel qui a réfléchi à la conception de l’uniforme censé mettre en valeur tous les collaborateurs, quel que soit leur âge. Je crois pouvoir affirmer que le but a été atteint.

Qu’aimez-vous porter quand vous ne travaillez pas ? Même si je m’intéresse à la mode, je ne pense pas avoir de style particulier. J’essaie de trouver des vêtements dans lesquels je me sens bien, adaptés à ma silhouette et à ma personnalité. C’est de plus en plus facile avec l’âge, car on apprend à se connaître. J’ose expérimenter davantage car j’ai le luxe de trouver l’inspiration dans d’autres pays. Quand une nouvelle tendance se profile en Belgique, nous l’avons déjà vue plus tôt ailleurs en Europe ou aux États-Unis. Je me rends compte que mes amies et les gens qui ne travaillent pas dans la navigation aérienne mettent plus de temps à s’habituer aux nouvelles tendances.

Quelles sont vos destinations préférées ? J’adore Kigali. Le Rwanda est un pays magnifique, d’une beauté naturelle époustouflante. J’y retrouve une certaine sérénité. Admirer la nature par la fenêtre produit pour ainsi dire le même effet qu’une séance de yoga: je me sens à la fois zen et pleine d’énergie. Pour le reste, j’aime faire du shopping à New York et à Milan. J’ai aussi un faible pour l’Espagne: Bilbao, Madrid, Malaga...

Comment faites-vous pour combiner vie de famille et vie professionnelle ? Mon mari est souple et mes enfants n’ont jamais rien connu d’autre. Leur indépendance est un atout supplémentaire. L’équilibre entre ma vie privée et ma vie professionnelle est fondamental pour moi. Dans notre secteur, il faut pouvoir fermer la porte et passer à autre chose l’esprit serein. Je dois dire aussi que j’ai connu la maternité assez tard, après avoir déjà trouvé un certain équilibre. Je savais que cet équilibre ne serait pas perturbé par l’arrivée d’un enfant car il était hors de question de renoncer à mon travail. Ma famille m’a aussi beaucoup aidée. Quant à mes enfants, ils tirent aussi certains avantages de mon style de vie. J’ai toujours des histoires à raconter, je rapporte des petits cadeaux sympas, comme une robe de New York pour ma fille.

Quels conseils donneriez-vous pour un voyage réussi ? Essayez de profiter de votre voyage dès les premiers instants. N’attendez pas d’arriver à l’hôtel ou de vous plonger dans la piscine. Les vacances commencent dans l’avion. Le voyage est un mal nécessaire pour de nombreuses personnes, un état d’esprit que nous nous efforçons de changer. Nous mettons tout en œuvre pour mettre les voyageurs à l’aise. Pour ma part, je ne vais pas travailler, je vais voler.

Qu’aimeriez-vous faire au cours des prochaines années ? J’aimerais découvrir d’autres continents, voyager plus souvent en Orient. J’aimerais aussi que des vols vers l’Asie s’ajoutent à notre offre en expansion. Je suis passionnée par les cultures différentes de la nôtre et j’ai envie de mieux connaître la culture asiatique.

Avec un agenda aussi chargé et aussi imprévisible, je me dois de vous demander comment vous vous détendez ? Je fais du jogging et du vélo avec mon mari trois fois par semaine. Cela me permet de me vider la tête. C’est aussi une sorte de thérapie relationnelle, l’occasion de résoudre certains petits problèmes. C’est formidable, non ?

www.brusselsairlines.com


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Musicienne & Programmatrice artistique du Gent Festival Van Vlaanderen

“J’avais 15 ans environ, quand j’ai su que je ferais de la musique mon métier," nous confie Veerle Simoens l’avant-veille d’une nouvelle édition du Gent Festival Van Vlaanderen, "et finalement tout s’est enchaîné presque naturellement." En effet : tout commence à l’âge de 9 ans, quand elle découvre le violoncelle et s’avère avoir un véritable talent pour cet instrument. Ce talent l’amènera à faire des tournées tant en Belgique qu’à l’étranger avec le très prisé 'Simoens Trio' qu’elle crée avec ses sœurs tout aussi douées - Katrijn au piano et An au violon – dont elle assure la promotion et le management. Ce parcours l’a amenée à occuper aujourd’hui la fonction de Programmatrice artistique du Gent Festival Van Vlaanderen qui se déroule tous les ans, pendant deux semaines, dans la capitale de la Flandre orientale. Qu’on ne s’y trompe pas, cette évolution progressive n’est en rien liée à un heureux concours de circonstances et c’est précisément pourquoi cette musicienne/intendante a été choisie comme "Inspiring Woman" de ce mois. Les opportunités, il faut pouvoir et oser les saisir. Et quand on y arrive, on peut s’en servir pour aider la génération suivante à démarrer sur les chapeaux de roue. "J’ai ainsi mis sur pied le 'Generation Project', qui associe de jeunes musiciens à des valeurs sûres." Nous raconte-t-elle fièrement. Ou pour le dire autrement: Each one, teach one. Peut-on rêver d’une initiative plus inspirante ?

L’idée de former le Simoens trio vous serait-elle venue de ce qu’on vous demandait, à vous et à vos sœurs, de jouer ensemble dans les réunions de famille ? Pas du tout. Nous ne jouions même jamais ensemble. Nous n’avons commencé à le faire que quand ma sœur aînée a dû jouer de la musique de chambre en dernière minute pour son examen au Conservatoire et que par nécessité, nous l’avons aidée. Par contre, à partir de ce moment, on s’est rapidement rendu compte que sur le plan musical, ça « collait » entre nous et ensuite tout est allé très vite, mais j’avais quand même déjà vingt ans ! Très vite, je me suis tournée vers le management et les réservations tandis que ma sœur aînée s’occupait plutôt de nos finances et que ma plus jeune sœur se concentrait sur la recherche des morceaux à ajouter à notre répertoire.

Aujourd’hui encore, vous continuez à vous former sans relâche. Cette formation permanente semble revêtir une grande importance pour vous. Absolument. Quand on est musicien, la formation ne s’arrête pas à la fin des études. Qui plus est, quand on joue dans une petite formation, on a besoin, de temps en temps de quelqu’un qui élargit votre horizon et vous permet de vous améliorer. Je trouve qu'on emporte tout au long de son parcours, les différentes influences reçues de nos « professeurs » et qu'elles sont importantes. Mais n’allez surtout pas en déduire pour autant que je suis aveuglément n’importe qui… En fait, pour cela, je fais confiance à mon instinct et je choisis ce qui me convient.

Avec vos sœurs, vous avez sorti deux CD à succès et vous avez fait une tournée dans toute l’Europe. Quels sont les moments forts que vous en retenez ? Notre représentation au Concertgebouw d’Amsterdam. Cet endroit mythique, c’est un peu comme La Mecque de la musique classique et quand vous entrez dans une salle dans laquelle vous savez qu’ont joué tous les plus grands de la terre et que vous vous changez dans une loge où des héros l’ont fait avant vous, ça fait vraiment quelque chose de spécial.

Comment êtes-vous arrivée au Gent Festival Van Vlaanderen? Après mes études, j’ai surtout fait de nombreuses tournées avec mes sœurs. Puis, un jour, on m’a demandé de m’occuper du general management de Casco Phil, l’ancienne Philharmonie de Chambre de Belgique. Cette étape m’est apparue comme tout à fait logique puisque ce qu’on me demandait, c’était de faire ce que je faisais déjà pour notre trio, mais de le faire, bien sûr, à plus grande échelle. Je suis alors arrivée dans un biotope de pure créativité, mais, dans lequel, il fallait aussi oser associer un aspect commercial et un aspect novateur, cela tout simplement parce que Casco Phil est un orchestre non subventionné.

Une association "art & commerce" qui n’a finalement rien de choquant me direz vous sans doute. Et vous avez tout à fait raison. Au début, les yeux se sont pourtant écarquillés, je peux vous l’assurer. Dans le secteur de l’art et de la culture, le mot commercial reste souvent empreint d’une image très négative. Personnellement, je n’ai jamais considéré les choses de cette manière. Moi, j’estime que la musique est un produit comme un autre, qu’il faut amener le client à consommer. Assister à un concert, c’est vivre une expérience. Et toute expérience a le pouvoir potentiel de former et de changer les gens. Mais, pour répondre à votre question précédente: je suis passée de Casco Phil au Gent Festival Van Vlaanderen

pour devenir programmatrice artistique. Et c’est un grand honneur pour moi, parce que comme chacun le sait, ce festival est la mère de tous les festivals. Cette année, il en est à sa 58e édition et pourtant il est en pleine forme et toujours aussi jeune d’esprit ! Et ça, c’est grâce à notre équipe fantastique. Nous faisons de notre mieux pour être novateurs, notamment en organisant des événements qui s’adressent à un large public. Cette année, nous organisons ainsi le "Parklife" où l’on peut écouter de la musique, mais aussi assouvir sa passion de foodie auprès des meilleurs food trucks installés tout autour de l’événement. Ou encore, participer à un Parbike tout en profitant de beaux concerts.

"OdeGand" est un concept au sein du festival auquel participe également Xandres. Pouvez-vous m’en dire plus? Pour de nombreux Gantois, OdeGand marque le début de l’année culturelle. La ville se transforme alors en un podium géant et avec un seul ticket, vous pouvez vous concocter votre programme personnalisé. Ce que nous proposons va bien au-delà de la seule musique classique : il y a un village pour les enfants, des artistes qui viennent de tous les coins du monde et en clôture, nous présentons "West Side Story" dans la version originale de Leonard Bernstein. Un événement unique dont nous sommes très fiers car, en principe, cette version ne peut pas être donnée dans le cadre d’une production européenne. Le fait que j’ai pu obtenir les droits est un vrai miracle. Mais pour revenir à la collaboration avec Xandres: pendant OdeGand, nous allons envoyer des artistes dans le magasin. Cela pourra, par exemple, être un soprano qui viendra y donner le meilleur de lui-même pendant cinq minutes. Nos hôtesses seront également toutes habillées par Xandres, ce que je trouve personnellement fantastique. En ce qui concerne le look, ces tenues apportent résolument un plus à notre festival. Je pense qu’il est important de pouvoir nous rattacher à une marque et de veiller à ce que l’ensemble du festival respecte un certain style.

Comment décririez-vous votre propre style? Quand je suis en représentation, je m’habille plus glamour que pour une réunion sur le budget, c’est évident ! Au fil des ans, j’ai augmenté mon budget vestimentaire et j’essaie d’être toujours bien habillée. Je porte beaucoup de tailleurs parce que c’est un vêtement dans lequel je me sens bien. Pour nos concerts, avant j’allais plusieurs fois par an en Allemagne où j’avais mes adresses. Je ne sais pas pourquoi, mais en Allemagne, on trouve beaucoup plus de robes de cocktail qu’en Belgique. Je dois toujours veiller à ne pas porter de robes sans manches, car sinon j’ai l’air nue derrière mon violoncelle. (rires). Et puis rien de trop brillant non plus, parce que sinon, avec les reflets des spots, les gens ne voient plus rien.

Vous réfléchissez vraiment à tous les détails et à ce qu’il semble rien ou presque ne vous échappe… et pourtant, vous avez l’air très calme. Êtes-vous de celles que rien ne perturbe ? On peut aussi faire une chose à la fois et l’une après l’autre. Mais je peux aussi me montrer insatiable et aller tellement loin que je dois alors parfois me freiner. Il m’arrive d’être stressée avant une représentation ou face à un délai, mais quand finalement tout se passe bien, c’est une nouvelle victoire qui redonne de l’énergie pour le défi suivant.

Nos 'Inspiring Women' ont souvent fait de leur passion leur métier. Avez-vous encore des hobbys en dehors de la musique ? C’est une bonne question. (réfléchit) Parfois, je me dis que oui, mais quand je joue du violoncelle et que je suis en pleine étude d'un morceau, c’est à la fois une source de stress, parce que je veux toujours aller plus loin et me perfectionner, et en même temps je me sens tellement dans mon élément en le faisant que cela me détend aussi. J’aime aussi manger avec mes amis.

Et pour terminer, même si ce n'est pas fairplay, je ne peux m'empêcher de vous poser la question fatidique : quel concert ne voudriez-vous surtout pas rater dans cette 58e édition du Gent Festival Van Vlaanderen? Thomas Hampson est un baryton américain aussi très actif dans le domaine éducatif. Il aime former les jeunes et veut transmettre ses connaissances. Moi j’aime quand les gens ne gardent pas leur talent pour eux seuls et l'utilisent pour enthousiasmer les autres. Nous ne pouvons pas proposer de la musique uniquement à notre petit groupe d’amateurs, nous nous devons aussi d’attirer ceux pour lesquels le chemin vers les salles de concert est plus difficile à trouver. Le thème de cette édition est "Heroes" et mes héros tiennent aussi compte des autres. Donc, oui, je suis très contente que Thomas Hampson participe à ce festival.

www.gentfestival.be

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Parfumeuse

Durant sa vie d’expat en Norvège, Ellen De Veirman a couvé pendant plusieurs années un projet ambitieux: créer sa propre collection de parfums à l’accent street. Le faible taux de survie des marques de parfum belges ne l’a pas découragée. Au contraire, cela n’a que renforcé sa détermination à frapper aux portes noitoirement fermées de cette industrie jusqu’à ce ce que BillyXClub devienne réalité. Un an seulement après le lancement simultané de ses six (!) premières fragrances, l’une desquelles fut imméditatement nominée pour un award prestigieux du secteur, Ellen De Veirman est prête à présenter un nouveau projet, avec Xandres. “MsBillyX for Xandres” est le fruit d’une autre collaboration "Inspiring Women" unique entre Xandres et une entrepreneure extraordinaire. Ellen De Veirman n’a qu’un mot d’ordre : "Dream big". Ses journées, elle les passe à rêver… et concrétiser, sans jamais esquiver le dur labeur et l’autoanalyse nécessaires à l’intégration de tous les aspects de sa personnalité dans son travail. Une vraie Inspiring Woman avec laquelle Xandres est ravie de travailler.

Avant que nous nous penchions sur votre percée dans l’industrie du parfum, j’aimerais vous demander votre ressenti à propos de votre collaboration avec Xandres. Lorsque j’ai été contactée pour entamer une collaboration "Inspiring Women", je n’ai pas hésité un seul instant. J’ai débuté ma collection de parfums il y a à peine un an, être considérée comme "inspirante", c’est quelque chose de fort.

Comme vous le dites, BillyXClub est tout récent. Pouvez-vous m’expliquer comment vous êtes arrivée là où vous êtes aujourd’hui ? J’ai reçu une éducation secondaire tout ce qu’il y a de plus "classique", pourrait-on dire. Je débordais de créativité et je voulais poursuivre un cursus dans une école créative comme Sint-Lucas à Gand. Mais pour diverses raisons, cela ne s’est pas fait. J’ai commencé un travail administratif et à me construire une carrière. Entretemps, j’ai rencontré l’homme qui allait devenir mon mari et je l’ai suivi dans ses rêves de travailler à l’étranger, en tant qu’ingénieur. Je m’étais dit : « Pourquoi pas, un peu d’aventure ne peut pas faire de mal ». C’est ainsi que nous avons atterri en Norvège, dans l’industrie offshore, industrie dans laquelle je travaille aujourd’hui depuis près de onze ans.

Chaque fragrance BillyXClub a sa propre personnalité, un sillage unique

Il y a quelques années, votre côté créatif s’est réveillé. Comment avez-vous combiné le lancement de BillyXClub avec un job à plein temps ? En Norvège, on prend l’expression « job 9 h-5 h » totalement au pied de la lettre. Même la plupart des managers et CEO commencent leur journée à 8 heures et rentrent à la maison à 16 heures. Et les heures sont flexibles. Comme j’habite à 10 minutes de mon travail, j’avais pas mal de temps libre et les idées ont commencé à germer. Il est rapidement devenu évident qu’il fallait que je me remette aux parfums.

Qu’entendez-vous par « vous remettre aux parfums » ? J’ai toujours adoré le parfum. Je pense que je tiens ça de ma mère. Elle aussi était une grande amatrice. Notre salle de bain était toujours remplie de bouteilles et flacons. J’étais plus jeune que la plupart des enfants lorsque j’ai reçu mon premier parfum. C’était Anaïs Anaïs. Je n’ai pas été immédiatement séduite par l’odeur, mais j’étais ravie d’avoir mon parfum à moi, et depuis lors, je n’ai cessé d’en porter.

Le monde de la parfumerie n’est-il pas très fermé ? Comment avez-vous approché la création de BillyXClub ? La première étape, pour moi, c’était d’avoir un concept clair. Je voulais me tenir à l’écart des marques commerciales et faire mon truc à moi. J’ai réellement mis de ma personnalité dans BillyXClub. Billy, c’est le surnom affectueux que m’a donné mon mari. Mon premier investissement, ça a été de déposer ma marque en Europe, Norvège et Belgique. J’ai pensé : « Commençons par ça ».

Ensuite, j’ai contacté des gens du milieu avec une présentation bien préparée. J’ai notamment rendu visite à des maisons de parfum et experts à Paris et Grasse afin de leur expliquer mon concept. Tous n’ont pas réagi immédiatement, mais je suis persévérante. Lorsqu’un e-mail restait sans réponse, j’appelais la personne par téléphone. (Rires) Je me suis également entretenue avec des distributeurs et propriétaires de parfumeries. Certains se sont montrés très ouverts au projet, d’autres ont estimé que le défi étaient énoorme et m’ont demandé si je savais dans quoi je me lançais.

Et comme vous ne saviez pas dans quoi vous vous lanciez, vous avez décidé de sortir non pas un, mais six parfums en même temps. « C’est un projet trop ambitieux pour quelqu’un qui se lance ! », m’a-t-on dit. Mais mon concept n’aurait pas eu de sens sans les six parfums. Chaque fragrance BillyXClub a sa propre personnalité, un sillage unique auquel mes clients peuvent s’identifier.

Parlons de « MsBillyX for Xandres », ce parfum unique et fantastique que vous avez conçu avec Xandres. La collaboration a-t-elle coulé de source ? J’ai tout de suite su que je voulais saisir l’opportunité, mais j’ai aussi soulevé la question des différents groupes cibles de BillyXClub et Xandres. BillyXClub s’adresse à un public plus jeune, urbain et est plutôt bigarré. Nous avons alors parlé du fait que Billy était mon surnom et juste un aspect de ma personnalité. C’est ainsi qu’est née l’idée de développer un parfum pour Xandres en tant qu’Ellen De Veirman, l’"Inspiring Woman" derrière BillyXClub.

Quelle a été votre approche pour la création du parfum “MsBillyX for Xandres” ? J’ai demandé à voir le lookbook automne/hiver ’16 et l’univers visuel de la collection il y a plusieurs mois. Il est important pour moi que mon parfum y soit connecté. J’ai été inspirée par les couleurs, les aspects graphiques et le thème "boho chic" en particulier. Il y a de l’attitude dans la collection, un petit côté rebelle. Des références aux hippies. Le patchouli m’est immédiatement venu à l’esprit car c’était mon parfum préféré durant mes années rebelles. (Rires) Je savais aussi qu’il fallait un parfum "chaud". Une odeur agréable pour l’hiver. J’ai donc ajouté des notes boisées et de chaleureuses touches fruitées florales.

Quelles femmes vous inspirent au quotidien ? Yolandi Vi$$er de Die Antwoord, Cara Delevingne et Lana Del Rey. … De vraies femmes fortes.

Cette collaboration avec Xandres a-t-elle fait ressortir une nouvelle facette de vous-même ? Mon côté féminin n’est pas très marqué dans BillyXClub. Je ne suis pas la "femme moderne à la coiffure parfaite" si souvent représentée dans les médias, mais j’ai une certaine attitude. Je sais qui je suis et ce que je veux. C’est un trait que je partage avec la femme Xandres. Ça a été très amusant et inspirant de jouer avec ces aspects lorsque nous développions le parfum et je suis tellement fière du résultat !

L’édition exclusive et limitée du parfum “MsBillyX for Xandres” créé par l’Inspiring Woman Ellen De Veirman sera disponible dans les magasins et en ligne à partir du 12/11/2016. Découvrez-la ici.

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créatrice du StoryBox

« Je préfère poser les questions plutôt qu’y répondre ! », prévient, au début de notre entretien, Pascale Baelden, conteuse à l’état pur, ancienne journaliste mode & beauté et créatrice du concept unique StoryBox. Après avoir rempli pendant des années les pages de magazines tels que Weekend Knack, Feeling et Glam*IT, elle a dit adieu aux médias traditionnels voici quelques années. Ce mois-ci, elle est notre 'Inspiring Woman’ : dans cette série de femmes, il est en effet très important de donner la parole à celles qui ont osé quitter une position apparemment confortable d'un point de vue extérieur – un job de rêve en tant que rédactrice en chef d'un magazine de mode populaire, ça vous dit ? – pour opérer un virage à 180 degrés. Pourquoi a-t-elle fait cela ? « Il était devenu évident pour moi que pour être vraiment heureuse, je devais arriver à mon essence même. »

En ce qui me concerne, à treize ans, mes rêves d'avenir étaient on ne peut plus purs et ambitieux. À quoi rêvait la pré-adolescente Pascale ? Même si, aujourd’hui, je suis maman de deux filles et d’un garçon, je ne rêvais absolument pas d’une maison avec jardin, d’un bébé et de tout ce qui va avec. Je voulais réaliser quelque chose, mais je ne savais absolument pas quoi. J’ai grandi dans le calme de la Campine. Vous savez, avec les deux pieds sur terre. Réaliste. La première personne qui a cru en moi, c’était ma titulaire de classe, en première secondaire. Elle a vu mon potentiel et m'a poussée à étudier le latin et le grec. Ma mère, quant à elle, a toujours souligné qu'en tant que femme, il était important d'être indépendante financièrement. À cet âge, ce sont des choses qui restent.

Après vos études, vous êtes-vous directement retrouvée dans le monde de la mode ? Pas du tout. Mon parcours universitaire a été plutôt cahoteux. J’ai fait un an de droit mais, pour la première fois, j’ai réalisé que je ne pouvais pas fonctionner sans passion. Je suis alors passée aux Sciences politiques et sociales, mais une fois mon diplôme en poche, je n’ai pas trouvé d’emploi. J’ai alors travaillé un certain temps en tant que consultante intérimaire et même vendeuse de voitures, et j’ai directement remarqué que j’aimais parler aux gens, leur poser des questions, si bien qu’à la longue, je connaissais toute leur histoire. Je ne savais pas ce qu’il y avait sous le capot des voitures, mais j’ai toujours voulu regarder sous celui de la personne. Je me suis ensuite retrouvée dans le monde des magazines via un job chez ‘Loving You’ où, pendant un an, j’ai beaucoup appris, parce que je faisais tout de A à Z. Christina von Wackerbarth (magnat belge des médias, NDLR) a vu mon travail. Elle a cru en moi et m'a donné un énorme coup de pouce, si bien que j’ai pu travailler avec les rédacteurs en chef de différents magazines. Et très vite, j’ai compris que mes intérêts se situaient du côté de la mode et de la beauté.

Il était devenu évident pour moi que pour être vraiment heureuse, je devais arriver à mon essence même.

Quels ont été les temps forts durant cette période ? Prendre un café avec le top model Christy Turlington à New York et sympathiser à propos de notre nouvelle maternité, discuter en coulisses avec Giorgio Armani et savoir l’étonner positivement avec mes questions, avoir un entretien avec Isabella Rossellini et avoir toutes les deux l’impression d’avoir rencontré l’âme sœur... Je pourrais encore continuer longtemps. Mais le plus important pour moi, ce sont les nombreuses amitiés que j’ai gardées de ma carrière dans les médias.

Vous aviez alors un mari et trois enfants, et vous avez décidé d'abandonner votre travail en tant que rédactrice en chef d'un magazine pour devenir indépendante. Quel courage vous a-t-il fallu ? Quelle folie, voulez-vous dire ? (Rires) Surtout parce que j’ai dû renoncer à cette indépendance financière sur laquelle ma mère avait tellement insisté. Mais je ne pouvais plus continuer, tout simplement. J’en ai aussi bavé très longtemps pour combiner maternité et carrière. Surtout quand les enfants étaient encore petits.

Avez-vous su rapidement quelle direction vous souhaitiez prendre en tant qu’indépendante ? Avec hésitation, je me suis mise à écrire un peu en tant que free-lance. C'était déjà bien. Mais la meilleure chose que j’aie faite, c’est d’aller boire beaucoup de cafés avec des amis et des collègues. En parlant avec des gens, on se trouve face à un miroir, et les pièces du puzzle commencent à s’assembler. Au bout d’un certain temps, j’ai réalisé que c’était vraiment pour les interviews que je le faisais. Lors de l'un de ces entretiens, j’ai déclaré à haute voix : je vais faire "a story in a box", et c’est ainsi que StoryBox, ma petite entreprise de biographies sur commande, a vu le jour. Magnifiquement présentées, dans une jolie boîte. Tout le monde a bien dans sa famille ou son cercle d’amis quelqu’un qui a une histoire riche et intéressante. Lorsque vous achetez un StoryBox pour quelqu’un, je vais interviewer plusieurs fois la personne en question, puis je fais un livre de l'histoire de sa vie.

Ne tombez-vous pas souvent sur des tragédies familiales ou autres situations douloureuses ? À quel point cela vous
affecte-t-il ?
Il m’est déjà arrivé d’assister à des mariages et à des funérailles. Quand mon StoryBox est prêt, j’ai souvent l’impression que la personne et ses proches sont devenus des amis. Parfois, il arrive que quelque chose me colle à la peau, mais les histoires tragiques ne me mettent pas à plat. J’ai vraiment le sentiment de rendre quelque chose, parce que mes sujets peuvent raconter leur histoire, et à la fin, je peux leur remettre un beau livre.

Êtes-vous encore branchée mode et beauté ? Bien sûr, je suis encore un peu tout cela, mais je n’ai plus le temps d’aller faire du shopping ! Ce n’est tout simplement pas une priorité pour le moment.

Comment décririez-vous votre propre style, et qui sont vos créateurs préférés ? On m’a récemment dit que je suis du type tricot. J’adore les matières douces et douillettes. En ce qui concerne les créateurs, j’aime bien ce que fait Wim Bruynooghe, qui a terminé ses études il n’y pas si longtemps. Sinon, A.F. Vandevorst, Tim Van Steenbergen et Haider Ackermann font partie de mes favoris. Si je disposais d’un budget illimité, je me laisserais volontiers tenter de temps en temps par le Dior de Raf Simons.

Qu'avez-vous appris au cours de ces dernières années plutôt mouvementées ? Qu’est-ce qui a changé ? Les enfants sont maintenant en garde partagée. Quand ils sont là, je me concentre sur eux. Et quand ils sont chez leur père, je peux me jeter à corps perdu dans mon travail sans éprouver de sentiment de culpabilité. Mais le principal, c’est que je sois arrivée à mon essence même. Je sais maintenant ce en quoi je suis vraiment bonne. J’ai appris qu’il faut parfois se laisser un peu guider par ce qui croise votre chemin, et j’ai plus que jamais confiance en l'avenir.

Envisagez-vous d'écrire un jour votre propre histoire ? Oui. Des éditeurs m’ont également posé la question. Il ne me reste plus qu’à prendre deux décisions : quelle histoire d’abord, car il y a actuellement quinze livres en moi, et quand ? Dans un scénario de rêve, je mettrais ma vie sur pause, et je terminerais ce livre dans le sud de l'Espagne. Oh oui ! C’est un projet qui reste encore à réaliser. Mais comme je l'ai déjà dit, je suis pleinement confiante.

www.storybox.be

Xandres et StoryBox publient ensemble un StoryBox Xandres x Alice en édition limitée. Plus d'informations sont disponibles ici.

© Lieven Dirckx

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Responsable communication du Flanders Fashion Institute

Jasmijn Verlinden, responsable communication du Flanders Fashion Institute, attache beaucoup d’importance à l’équilibre. Qu’il s’agisse de trouver le juste équilibre entre ses deux grandes passions professionnelles – le design et la mode- ou un style de vie à la fois durable et confortable pour elle et sa famille, sa façon de consommer, de se cultiver ou de réduire son empreinte écologique fait des émules. Nous avons rencontré une "Inspiring Woman" qui a compris dès l’âge de 13 ans l’importance de faire les bons choix pour se faciliter la vie.

Le Flanders Fashion Institute (FFI) fait beaucoup pour la mode avec des projets tels que "ikkoopbelgisch" et "Flanders Fashion Fuel". Comment décririez-vous votre tâche? FFI est une asbl en grande partie subventionnée par les autorités flamandes par l’entremise d’Agentschap Ondernemen (Agence Entreprendre ndlr). Autrement dit, les actions que nous initions doivent toujours entrer dans le cadre de cet entreprenariat. Le FFI a pour mission d’informer, conseiller, coacher et promouvoir. Nous regroupons un maximum d’informations sur la réglementation, la fiscalité, les droits de douane,... que nous structurons et diffusons via notre site web et le guide de la mode. Ma collègue Jasmien organise aussi les journées d’information "Fashion Lab". Tous ceux qui s’intéressent à la mode ou cherchent une information peuvent nous contacter. Les candidats entrepreneurs qui souhaitent lancer leur propre marque peuvent demander un entretien. Lorsqu’un journaliste souhaite écrire un article sur la mode durable, nous lui fournissons une liste de stylistes concernés. Notre spectre est vraiment très large : nous sommes au service non seulement des créateurs mais de tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la mode et ont besoin de conseil.

Parlez-nous de "ikkoopbelgisch", une initiative qui intéresse la marque belge Xandres au premier chef. Lors de l’événement "De Invasie Van Antwerpen" il y a quelques années, nous avons distribué des boutons "ikkoopbelgisch". Vu le succès remporté, nous étions décidés à poursuivre dans cette voie. Il y a peu, j’ai acheté pour mon fils un siège vélo de marque néerlandaise et la boîte était visiblement estampillée "Dutch Design". Je me suis dit : "Les Néerlandais sont très forts en design et nous, les Belges, dans la mode. Il existe une multitude de marques belges, il faut en être fier acheter belge. La « Belgitude » ne se limite pas à Dries Van Noten et Ann Demeulemeester. Xandres est aussi une marque de mode belge. J’avais bien d’autres idées mais difficiles à réaliser pour toutes sortes de raisons, de temps et de budget notamment. Lors de l’Antwerp Fashion Festival, nous avons proposé aux commerçants d’apposer l’autocollant "ikverkoopbelgisch" sur leur vitrine. Certains sont toujours là. La prochaine étape consiste à persuader d’autres commerçants et à leur proposer l’autocollant. De manière à ce que le consommateur sache dans quel magasin acheter pour supporter la mode belge.

Il existe une multitude de marques belges, il faut en être fier acheter belge.

Vous avez fait des choix importants dès votre plus jeune âge. Vous êtes végétarienne depuis vos 13 ans, une décision tout sauf évidente il y a plus de 15 ans. Enfant, j’étais souvent malade et même si j’aimais la viande et le poisson, j’ai décidé de m’en passer après une hospitalisation prolongée. Une décision que j’ai eu du mal à faire accepter à la maison car le végétarisme était encore mal connu à l’époque et les supermarchés ne vendaient quasi pas de produits de remplacement. Mes parents ont fait pour le mieux avec le peu de renseignements qu’ils avaient. Il a fallu du temps avant qu’ils approuvent complètement mon choix mais quand ils se sont rendu compte que je me sentais mieux et que mon état de santé s’améliorait, ils ont été tout à fait rassurés. Le végétarisme est un choix personnel conforme à ma philosophie de la vie. Ceci dit, je ne suis pas une militante pure et dure: je porte des chaussures en cuir et je mange de temps en temps du poisson.

Faites-vous d’autres choix importants? Nous avions souscrit un abonnement Cambio mais notre fils est né en hiver et le parking était assez loin, ce n’était donc pas très pratique. Je dispose maintenant d’une voiture de société que j’utilise une fois tous les quinze jours. Quand je prends l’avion, j’essaie d’acheter un "Green Seat" pour compenser les émissions de CO2 de mon déplacement. Tous nos produits d’entretien sont de marque Ecover. Mon partenaire et moi envisageons de passer à l’énergie verte. Pour ce qui est de l’alimentation, je privilégie les produits bio à l’état brut. Nous sommes inscrits à la Stadsboerderij Antwerpen qui nous fournit chaque semaine en légumes, la base de notre alimentation. Ceci dit, il m’arrive de faire un pas sur le côté. J’adore les sucreries et je craque parfois pour une tartelette ou des bonbons.

Etiez-vous déjà branchée mode quand vous étiez jeune? Branchée esthétique, oui, sans aucun doute. Historienne de l’art de formation, j’ai toujours été fascinée par l’art au sens large. Ma grand-mère paternelle était une artiste. Elle avait un atelier où enfant, j’ai pas mal expérimenté. Il y avait aussi des tonnes de livres que je dévorais. A l’adolescence, je m’intéressais davantage aux arts appliqués, à la mode et au design. Mon autre grand-mère était abonnée au Knack. Le mercredi après-midi, je me délectais des photos et des articles de mode dans le supplément Weekend. A l’époque, Peter Pilotto terminait sa formation à l’Académie de la Mode d’Anvers et je trouvais sa collection de fin d’études absolument superbe. Je n’ambitionnais pas de devenir créatrice mais une composition bien équilibrée de formes et de couleur avait le don de m’inspirer.

Bientôt se tiendra la deuxième édition de "Fashion Talks", un cycle de conférences dédiées à la mode, organisées par le FFI. J’ai trouvé la première biennale particulièrement réussie. Les "talks" avec Tim Blanks et Walter Van Beirendonck étaient très intéressants. Qui seront les intervenants cette année? Je suis très contente que mes collègues aient pu convaincre l’Irlandais Patrick Scallon de participer, c’était tout sauf évident. Directeur de la communication de Dries Van Noten depuis 2008, il a longtemps travaillé pour Maison Martin Margiela où il a commencé par faire du café et envoyer des fax avant de gravir les échelons. J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui ont accompli un tel parcours et jettent de ce fait un regard différent sur la vie. Scallon fait des choix très personnels. Ainsi par exemple, il n’a pas recours à la communication rapide comme Instagram. Il a sa vision à lui, que je suis impatiente de découvrir. L’Afrique génère pas mal de créateurs très en vue, ce qui en fait une autre piste intéressante. Nous avons demandé à Robb Young, un journaliste qui travaille notamment pour International New York Times et Business of Fashion, de convier des interlocuteurs intéressants qui viendront débattre on-stage. Nous prévoyons également un programme off-stage avec des "Cabin Sessions", autrement dit de petits groupes de discussion sur des thèmes spécifiques. Le programme est très varié, sur le podium mais aussi en dehors.

Vous venez de citer Patrick Scallon et sa carrière que vous admirez tant. Comment voyez-vous l’évolution de votre carrière? Question difficile s’il en est. A mes débuts chez FFI, en tant que project manager, je coordonnais la plateforme Design Vlaanderen pour tout ce qui concernait la mode. Je m’occupais à la fois de mode et de design. Venant d’un milieu design, je trouvais passionnant de pouvoir combiner mes deux passions. Je ne m’occupe plus de la plateforme aujourd’hui et même si cela me manque, je ne me plains pas car j’apprends énormément. Le FFI offre l’avantage de toucher un peu à tout et de suivre chaque projet. La communication m’intéresse beaucoup aussi. La langue est primordiale pour moi. J’appelle le service Taaltelefoon au moins une fois par semaine, ce qui amuse beaucoup mes collègues. Quand je me demande : "Faut-il l’écrire en un mot ou avec un tiret ?", j’appelle Stef du Taaltelefoon. Il me connaît bien. Le choix du bon mot, l’expression la plus correcte possible revêtent une importance capitale à mes yeux. La combinaison de l’esthétique et de la perfection dans le langage me convient parfaitement. Autrement dit, j’adore ce que je fais. Pour le reste, qui vivra verra.

www.ffi.be

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Dessinatrice

Dans sa quête permanente de vous faire rencontrer des « Inspiring Women » de tous horizons, Xandres a le plaisir de vous présenter Valentine De Cort, dessinatrice au service de Delvaux et de ELLE Belgique et conceptrice indépendante. Inspirante parce qu’elle vit son rêve: être indépendante. Inspirante parce qu’en procédant par essais et erreurs, elle apprend à se connaître chaque jour un peu mieux. Inspirante parce que pleine d’humour aussi. Quelle leçon a-t-elle tirée de sa collaboration avec une des plus grandes maisons de luxe du monde ? Quel est son rapport avec le Roi Baudouin de Belgique? Les réponses ci-dessous...

Vous avez étudié le dessin et la sculpture à La Cambre, la scénographie et l’architecture d’intérieur à Paris. Quand et pourquoi avez-vous décidé de devenir dessinatrice? Mes études étaient tout sauf un long fleuve tranquille. Une fois mon diplôme de La Cambre en poche, je me suis rendu compte que je n’avais pas ma place dans le monde de l’art contemporain. J’ai eu la chance de décrocher un emploi à New York, ce qui m’a permis de remettre les choses en perspective. J’étais sûre d’une chose : je voulais travailler comme indépendante. J’ai touché un peu à tout: j’ai dessiné des moustaches en cuir pour des chaussures, j’ai conçu une collection de bijoux, j’ai fait des dessins pour des amis et des connaissances. Un boulot en a amené un autre et c’est ainsi que j’ai débuté.

Quand avez-vous pris conscience que vos dessins pouvaient vous faire vivre? Au début, j’enchaînais les petits boulots de dessinatrice mais pas de quoi travailler à temps plein. J’ai donc cumulé deux temps partiels pour pouvoir dessiner le soir et le week-end. Au bout d’un certain temps, j’ai laissé tomber un temps partiel, puis le second et je suis aujourd’hui dessinatrice à temps plein. Formidable, non?

C’est très jouissif de dessiner des personnages prétentieux et égocentriques.

C’est ainsi qu’ont débuté de nombreux artistes talentueux. Il y a pas mal d’humour et de légèreté dans vos dessins, alors que la vie n’est pas rose tous les jours. Qu’est-ce qui vous fait rire? Mon amoureux est l’homme le plus drôle de la terre! Il me fait beaucoup rire.

Quels sont quelques-uns des points communs de vos personnages? Ils ressemblent généralement davantage à de grands enfants délurés qu’à des adultes. C’est très jouissif de dessiner des personnages prétentieux et égocentriques. C’est vrai aussi bien pour les humains que pour les chiens et les oiseaux.

Parlez-nous de votre collaboration avec Delvaux. Notre collaboration très fructueuse remonte à 2012. Je m’estime très chanceuse de pouvoir travailler avec l’équipe Delvaux, si motivée et si imaginative. Leur collection est superbe et leur héritage des plus prestigieux. L’esprit Delvaux' est chic et intemporel.

Quelle est la leçon la plus importante que vous tirez de votre collaboration avec des marques comme Delvaux et autres? Cela peut sembler assez banal mais la grande Ieçon de vie à en tirer est: sois toi-même, n’essaie pas d’être ‘fashionable’. Quand j’étais jeune, jamais je n’aurais osé faire des dessins aussi légers et naïfs. J’ai aussi appris qu’il faut toujours tout faire sérieusement, travailler très dur et ne jamais tergiverser sur la qualité.

Combien de sacs Delvaux possédez-vous ? Y a-t-il encore un "dream Delvaux" que vous aimeriez avoir un jour? Je suis fière d’en posséder deux! Un sac vintage en si piteux état que même la Clinique Delvaux ne peut rien pour lui et un 'Simplissime' noir que je trimbale partout. Je pourrais en avoir un troisième bientôt. Le bicolore ‘Madame’ noir et rouge a ma préférence pour le moment.

Parlez-nous de votre travail pour ELLE Belgique. Comment voyez-vous les choses? Je m’estime très chanceuse d’avoir cette autre opportunité formidable. Même si l’exercice est assez stressant car je ne me considère pas comme une scénariste. Le simple fait de penser à tous les lecteurs potentiels me paralyse. Je mets des jours à préparer un dessin, puis je demande l’avis de mon ami Max, de mon amoureux et de tous mes collègues de travail.

Vous avez conçu une fort belle collection de bijoux inspirée du Roi Baudouin. Pourquoi lui? Merci pour le compliment. J’ai baptisé cette collection ‘Little Baldwin’. Le Roi Baudouin est très populaire en Belgique. En fait, j’avais encore pas mal d’anciennes pièces de 1 franc, ce qui m’a donné l’idée d’en faire des bijoux à son effigie. J’envisage de lancer une deuxième collection en phase de test pour le moment. Longue vie à Baldwin !

Quel est votre principal défi pour 2015? Enchaîner plus facilement les contrats en travaillant avec des agents et d’autres professionnels. J’aimerais aussi consacrer plus de temps à mes projets personnels et passer plus de temps avec mes amis et ma famille.

À quand remonte votre dernière frayeur? J’ai appris à piloter un planeur quand j’avais 18 ans, une expérience assez flippante. J’ai pris peur et n’ai pas terminé la formation. Je devrais m’y remettre!

Quels sont vos modèles stylistiques? Les femmes d’Absolutely Fabulous, évidemment! Et Alexa Chung, une icône universelle.

Quelle est votre tenue préférée pour dessiner? N’importe quoi, pourvu que je n’aie pas le ventre serré quand je suis assise.

Avez-vous un mantra dans la vie? J’ai un faible pour les maximes. Je cherche toujours celle qui me convient parfaitement. ‘Ne réfléchis pas trop’ est une maxime très utile pour survivre à une journée super chargée.

Que faites-vous pour vous détendre? Je regarde le programme de John Oliver "Last Week Tonight" et je passe des heures au téléphone avec mes amis et ma famille.

Quels sont vos lieux de prédilection à Bruxelles? J’ai redécouvert La Galerie Bortier récemment, un endroit fabuleux. J’adore le parc Tournay Solvay, le cinéma Aventure et le restaurant La Meilleure Jeunesse pour son ambiance à nulle autre pareille. Je n’ai pas particulièrement envie de fréquenter les nouvelles adresses branchées pour le moment.

www.valentinedecort.com

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Créatrice d'accessoires

Il y a quelques années, elle épinglait encore de la haute couture sur les reines Mathilde et Máxima. Aujourd’hui, ses subversifs badges by Oh! font le tour du monde, agrémentant d’innombrables tenues. Depuis 2000, à Bruxelles, Olivia Hainaut crée, dans son propre univers, des bijoux et accessoires à la touche « frêle rock » reconnaissable. Nous nous sommes entretenus avec l’ancien bras droit d’Édouard Vermeulen chez Nathan de l’influence de l’Old Hollywood, qui constitue exactement le contenu actuel du « bourgeois rock », et de l’avenir de la marque.

Comment s’est passée votre jeunesse ?« Je suis née à Bruxelles, et enfant, j’ai toujours été entourée d’intellectuels et d’artistes. Mes parents étaient amoureux d’art. Ma mère est thérapeute et psychanalyste. Mon père est décédé alors que j’avais 10 ans, il possédait autrefois une usine de textile. Nous sommes trois sœurs, dont je suis la plus jeune. La gente féminine est donc très présente dans notre famille. »

Les clients achètent des bijoux pour se distinguer. Un bijou peut littéralement éclairer le visage ou la tenue d’une femme.

Dans votre bio sur le web, vous parlez de photos de votre mère qui vous inspirent…« Ma mère est la personne la plus importante dans ma vie. Sa vie n’a pas toujours été facile mais elle nous a appris beaucoup. Elle nous envoyait au cours de danse, nous faisait visiter des musées. Elle aime la vie et mon amour pour mon métier est né sous son influence… Il faut tenir bon, même lors des moments difficiles. Elle a veillé à ce que nous choisissions notre métier en fonction que de ce que nous aimions réellement. Elle a aujourd’hui 80 ans mais elle travaille encore. Elle est tellement passionnée… Elle est chic, charismatique et c’est le genre de mère qui ne se montre absolument pas jalouse de ses filles. D’autre part, elle est aussi très stricte et rien ne lui échappe : si je prends ou perd 1 kg, ou si je suis triste ou fatiguée, elle le remarque de suite... Son amour est inconditionnel. Ma mère est mon soutien. C’est grâce à elle que je suis encore debout. »

Vous avez étudié le stylisme au sein de la division Mode de La Cambre. Existe-t-il une différence conséquente entre les académies bruxelloise et anversoise ?« Lorsque j’ai fait mes études à Bruxelles, il existait une rivalité entre les deux écoles. La Cambre n’est pas une école si grande que l’académie d’Anvers et le département est plus récent. On disait auparavant qu’Anvers était plus difficile que Bruxelles, mais je n’en suis pas sûre. À la fin de mes études, étant donné ma passion pour les sixties et seventies, j’ai conçu des costumes de cinéma durant quelque temps, mais c’est un monde très fermé. Pour pouvoir accomplir une mission, ou pour se hisser jusqu’à New York ou L.A., on a besoin de connexions. J’ai travaillé un moment pour Olivier Strelli et me suis essentiellement concentrée sur la maroquinerie. C’est là que mon amour pour ce matériau s’est affirmé. J’ai fait mes débuts chez Nathan, où j’ai travaillé durant onze ans. »

Quel est le plus bel enseignement que vous ayez retiré de votre collaboration chez Nathan ?« J’ai appris le goût et la subtilité. Édouard Vermeulen est un peu trop classique et traditionnel pour moi, mais il est extrêmement raffiné et a énormément de goût. Cela m’a nourri. J’ai appris énormément parce que la maison travaille en respect des traditions de la haute couture, qui s’éteint… Nathan est une très vieille école, avec un salon d’essayage, comme à Paris. J’y ai tout fait, depuis la conception de bijoux jusqu’à de la broderie pour les clients privés. J’ai travaillé pour la reine Mathilde, la duchesse de Luxembourg, et la reine Máxima d’Orange. Après quelque temps, j’ai créé ma propre collection de maroquinerie « Olivia Hainaut », dont des écharpes en cuir très fin perforé. Dix ans plus tard, ces concepts se vendent toujours. Je ne suis pas les saisons de la mode. Tant que mes créations continuent à me plaire et se vendent, je n’arrête pas la production. »

Quand avez-vous su que vous deviendriez créatrice d’accessoires ?« Cela a très vite été une évidence pour moi. Les accessoires sont bien plus amusants à concevoir. Il y a moins de limites. Ma mère porte mes accessoires mais ils conviennent aussi parfaitement aux femmes de 25 ans. Indépendamment de mes

collaborations avec des ateliers pour mes accessoires en cuir, je fabrique tous mes bijoux moi-même. Je garde ainsi le contrôle. J’ai du mal à déléguer (rires). Mes bijoux sont « riches ». Je mélange d’anciennes pièces avec de nouvelles, des pierres précieuses avec du plastique, du cristal avec du cuir. J’aime faire rimer glamour et humour. Je n'aime pas que les gens marchent sur les sentiers battus. On peut très bien porter de la haute couture et l’agrémenter de mes badges by Oh ! C’est ça la richesse : être assez libre pour en jouer. »

Pour d’autres créateurs, vous pouvez combiner leurs pièces à n’importe quelle tenue ; mais chez vous c’est l’inverse : le bijou d’abord et ensuite les vêtements.« J’aime quand mes clients portent une tenue très simple qu’ils rehaussent de l’un de mes bijoux. Si vous avez beaucoup d’argent et vous pouvez vous offrir une robe McQueen, le bling-bling est superflu. Mais le plus souvent, les clients achètent des bijoux pour se distinguer. Un bijou peut littéralement éclairer le visage ou la tenue d’une femme. »

A quoi ressemble une journée ordinaire pour vous ?« Comme je suis indépendante, je travaille souvent seule et je dois donc être très organisée. Il y a quelque temps, je n’avais pas suffisamment avancé dans mon travail durant la semaine. J’ai donc bossé sans répit du vendredi au dimanche. Musique allumée, téléphone coupé. Je peux parfaitement me réfugier dans ma bulle et j’ai d’ailleurs besoin de cet isolement. Me retrouver seule avec mes perles et ma musique ne me pèse pas. Tout est alors « peace and love ». Lorsque j’émerge après ce genre de week-end, je me sens généralement un peu déconnectée. »

Quel est votre plus grand défi pour l’année prochaine ?« J’aimerais beaucoup être à nouveau plus active sur les marchés sur lesquels j’étais présente auparavant, comme les États-Unis, le Japon, la Russie, ou l’Arabie Saoudite. À mes débuts, j’avais des agents et je participais au salon « Première Classe » à Paris. C’est ainsi que ma ligne avait séduit Bergdorf Goodman New York et Joyce China, mais étant donné la charge de travail chez Nathan, je ne pouvais pas investir beaucoup de temps dans ma propre marque. Le potentiel existe, mais je ne l’exploite pas encore suffisamment. J’ai beaucoup de mal à déléguer le travail. »

Quel est votre principale source d’inspiration actuellement ?« Pour l’instant, j’aime énormément travailler avec des perles fines et du cuir. Les perles font un peu « bourgeois » mais ce sentiment est contré par le cuir. J’aime bien parler de « bourgeois rock ». En matière de style, Blondie est mon modèle. Elle est fragile mais rock’n roll ! C’est pour cette raison que je préfère faire mon shopping à Londres. Cette ville allie la subtile « English Rose » au punk. Mes badges me permettent d’apporter un peu de douceur et d’humour dans l’univers du rock. »

Quelle personne aimeriez-vous voir porter l’une de vos créations ?« Si je devais choisir une célébrité, ce serait Cate Blanchett car elle est différente. Le problème c’est que la plupart des stars que je souhaiterais voir porter l’un de mes bijoux sont déjà mortes. J’ai toujours été une fan inconditionnelle de Romy Schneider, Marilyn Monroe, Bette Davis et Liz Taylor. »

Quel est le moment de votre carrière dont vous êtes la plus fière ?« C’est plutôt le fait que je me suis accomplie seule, je pense. En matière de mode, je trouve important de viser haut. Si vous vous satisfaites de votre zone de confort, ça devient inintéressant. Je vais toujours de l’avant, mais je travaille lentement, étape par étape. Je ne souhaite pas devenir une star mais je veux pouvoir vivre de mon activité. Et cela pour longtemps encore ! »

www.oliviahainaut.com

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CEO, conceptrice de produits, artiste make-up, ...

Avec la série "Inspiring Women" Xandres poursuit ses efforts à mettre les femmes accomplies et leurs histoires de réussite à l'honneur. Ce mois-ci nous avons eu l'honneur d'interviewer Ellis Faas. La définir est presque impossible: CEO, conceptrice de produits, artiste make-up légendaire, photographe,... notre dernière "Inspiring Woman", créatrice de la marque de produits de beauté ELLIS FAAS, est un peu surprise par l’énumération de ses différentes fonctions. Elle a collaboré avec les plus grands noms de la photographie (Mario Testino, Inez & Vinoodh,...), ses clichés ont été publiés dans tous les magazines de mode du monde, elle a souvent participé aux semaines de la mode en tant que conceptrice de look pour Chanel et Dries Van Noten notamment. Le plus impressionnant est non pas toutes les célébrités qu’elle a côtoyées mais sa personnalité affirmée dès son plus jeune âge.

Il semblerait qu’enfant déjà, vous saviez qui vous étiez, ce que vous vouliez et ne vouliez pas. Comment l’expliquez-vous? Je ne l’explique pas. J’ai assez vite compris que ce n’était pas le cas de tout le monde et que j’avais beaucoup de chance. J’avais de l’intuition et je savais dès enfant que je pouvais suivre cette intuition. Cela tient probablement à mon éducation. Je viens d’une famille où le respect mutuel et le développement de la personnalité sont encouragés.

Vous souvenez-vous de la première photo beauty qui vous a marquée? Je pense que c’était un cliché du célèbre photographe de mode Guy Bourdin dans le magazine français Vogue, ou un cliché de Serge Lutens pour Dior. Très tôt, je me suis frottée au monde de la mode et de la photographie car ma mère était abonnée au magazine néerlandais "Avenue".

Serge Lutens que vous venez de citer vous a visiblement beaucoup influencée. Pourquoi? L’ambiance, les couleurs, la dramaturgie. Tout évoque le cinéma des années 20 mais dans une version couleur, plus moderne. Son monde me fascinait. Je voulais savoir comment ces femmes parlaient, mangeaient, fumaient. Il suffit de voir un de ces clichés pour imaginer tout un monde.

Je tenais à ce que les produits ELLIS FAAS soient efficaces, faciles à emporter, flexibles et beaux à la fois.

Vous avez entre-temps travaillé avec toutes les icônes du stylisme et de la photographie, de Jean-Paul Goude à Jean-Paul Gaultier et Yves Saint-Laurent. Quelles sont les principales leçons que vous avez tirées de ces collaborations? J’ai sauté sur l’occasion sans trop me poser de questions. J’ai appris à regarder autour de moi. A repérer les gens qui avaient peut-être un autre agenda et à garder mes distances. A ne pas me laisser entraîner dans le tourbillon mais à prendre du recul. A utiliser mon énergie pour comprendre le message que le styliste veut transmettre et créer une ambiance tout autour. J’ai évidemment appris à relativiser aussi. Un enfant m’attendait à la maison et c’était beaucoup plus important que la dernière petite jupe à la mode.

En tant que mère, de quoi êtes-vous la plus fière? Qu’avez-vous transmis à votre fille? L’humour et la compassion. Je dirais la musicalité aussi, car c’est une formidable musicienne, mais elle ne tient pas cela de moi! (rires)

Vous êtes aussi la reine de l’efficacité. J’utilise plusieurs de vos produits. Mes tiroirs de salle de bain débordent de produits beauty & hair mais de toute évidence, les vôtres sont les plus efficaces et les plus joliment conditionnés. Pourquoi y attachez-vous tant d’importance? Précisément pour les raisons que vous venez d’invoquer. Je tenais à ce que les produits ELLIS FAAS soient efficaces, faciles à emporter, flexibles et beaux à la fois. La plupart des autres marques proposent des palettes de cinq teintes dont on n’utilise que trois, les autres finissent par se craqueler et deviennent inutilisables. J’ai toujours été fascinée par l’efficacité des militaires qui arrivent à transporter tellement de matériel dans un petit sac. J’ai donc eu l’idée de concevoir une sorte de boîte à munitions pour le rangement des accessoires de maquillage. On peut y mettre ce dont on a besoin, ni plus ni moins. Tout reste bien rangé et propre. Et cela ne pose aucun problème au contrôle sécurité à l’aéroport: interdit de passer avec une bouteille d’eau mais la “boîte à minutions” passe sans problème!

Si vous deviez recommander trois produits de votre collection, ce seraient lesquels? Le mascara et le fond de teint sont nos best-sellers. Le rouge à lèvres connaît aussi un beau succès. Il se décline dans 36 coloris soigneusement mélangés. Mais je vous conseille également le fard à paupière, un produit vraiment révolutionnaire. Vous ne pourrez plus vous en passer.

Vos produits s’adressent à toutes les femmes, quelle que soit leur couleur de peau. Jada Pinkett Smith et Mary J. Blige sont fans d’ELLIS FAAS. Votre gamme a toujours été aussi large? Je trouvais important, dès le départ, que tout le monde trouve son bonheur. Ne vous y trompez pas : d’autres grandes marques proposent également un nuancier de fonds de teint beaucoup plus large que ce qu’on trouve en grand magasin. Mais les détaillants ne proposent pas toujours tout l’assortiment par crainte de se retrouver avec certaines teintes moins demandées. Nous insistons pour que la gamme ELLIS FAAS reprenne toutes les teintes de la collection.

La vente de produits de maquillage en ligne a le vent en poupe. Votre site et votre online shop sont magnifiques mais être sûr d’acheter en ligne la bonne teinte de fond de teint ? Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite commander un fond de teint ou un correcteur ELLIS FAAS par ex.? Il suffit d’envoyer un mail à help@ellisfaas.com pour demander des échantillons. Vous pourrez ainsi tester nos huit nuances de fond de teint.

Comment avez-vous fait pour éduquer votre fille tout en menant une carrière de haut niveau? J’étais seule avec ma fille et jamais je n’y serais arrivée sans l’aide de ma mère. Une visagiste de mon niveau doit constamment se déplacer à l’étranger. Il est donc primordial de pouvoir compter sur quelqu’un en qui on a toute confiance, très flexible. Ceci dit, je n’ai pas accepté toutes les offres professionnelles. J’ai refusé des propositions que d’aucuns jugeaient essentielles pour ma carrière. Je n’ai peut-être pas toujours pris les meilleures décisions pour ma carrière mais j’avais d’autres priorités à la maison. Point à la ligne. Mon frère était déjà mon agent à l’époque. Il adore ma fille et a toujours fait tampon.

Travailler avec son frère, ce ne doit pas être toujours facile… Thijs et moi avons des tempéraments très différents mais nous nous complétons à merveille et avons évidemment beaucoup d’affinité l’un pour l’autre. Nous nous aimons et savons que c’est beaucoup plus important que l’argent, le succès ou le statut. Nous nous entendons très bien, y compris sur le plan professionnel. Nous avons fait un long bout de chemin ensemble. Enfant déjà, il était mon premier modèle de maquillage. Il est ensuite devenu mon agent. Il était donc logique qu’on crée ELLIS FAAS ensemble. Jamais nous ne pourrions imaginer de nous brouiller pour une histoire d’argent. Ce n’est pas dans nos gènes.

Vous rêviez de devenir styliste dès l’adolescence. Quels sont aujourd’hui les stylistes que vous admirez le plus ? Comment décririez-vous votre propre style? Mon style est en dormance pour le moment, je le crains. Il se réveillera un jour. J’aime le drame, y compris dans la mode. Alexander McQueen sera toujours un héros pour moi.

Vous réalisez tous vos clichés de campagne vous-même. Vous avez exposé à Amsterdam et à L.A. Vous avez publié le livre "Ellis Faas : On the Edge of Beauty". Jusqu’où comptez-vous aller dans la photographie? Seriez-vous disposée à réaliser des campagnes pour d’autres? Je ne songe pas encore à réaliser des clichés pour quelque d’autre, hors de question. Laissez-moi développer mon art en solitaire et trouver ma voie. J’apprécie beaucoup de pouvoir travailler en toute indépendance. Cela colle parfaitement à ma personnalité excentrique!

www.ellisfaas.com

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Responsable de communication Biennale Interieur

Bientôt, Courtrai sera de nouveau le centre du monde du design avec sa 24ème biennale. Vous êtes fan de design contemporain ? Vous trouverez des tonnes d'inspiration à INTERIEUR2014. Pour organiser une grand-messe de 10 jours et aussi fréquentée que celle-ci, vous avez besoin d'une équipe disposant d’un ensemble de compétences très spécifique, et prête à travailler très dur pendant quelques mois. Entretien avec la responsable de communication An Michiels – une architecte de formation qui, après avoir vécu et travaillé quelques années à Londres, aborde sa deuxième biennale – à propos de job detours, de mails nocturnes, de baignade zen en famille et, bien sûr, des incontournables d’INTERIEUR2014.

INTERIEUR 2014 est la deuxième biennale que vous organisez. Comment vous êtes-vous retrouvée chez eux ? En invitant des gens à boire un café. Je suis revenue de Londres en Belgique sans le moindre réseau professionnel. Et quelqu'un m'a dit : « Tu devrais peut-être envoyer un mail à Joost Van Hecke d’Interieur. » Quatre cafés plus tard, Joost m’a dit : « Viens donc travailler avec nous ! ». Et tout d’un coup, j’avais un job en free-lance.

Il s'agit d'un événement biennal. Est-ce que cela signifie commencer l'organisation quelques mois à l'avance, puis rester un an et demi sans rien faire ? Après chaque biennale, il y a une pause d'un petit semestre. Et puis tout se remet en marche. L'objectif est que nous fassions tout de même du bruit pendant les années intermédiaires, durant lesquelles il n'y a pas de biennale. C’est pourquoi nous organisons les « Interieur Awards ». Nous voyageons alors beaucoup, afin de motiver de jeunes créateurs à participer et de parler de la Biennale. En même temps, il y a aussi des brochures à rédiger et un site web à remplir.

Vous êtes architecte de formation et avez également exercé le métier à Londres, mais vous avez alors été durement touchée par la crise ... En 2008, je travaillais encore dans l'architecture résidentielle, mais après la crise, beaucoup de choses se sont arrêtées et tout est devenu une histoire de compromis. Pour la construction d'une maison, il fallait que ce soit toujours moins cher et toujours plus original. Je ne trouvais pas ça chouette, et je suis allée suivre un master en « Curating Contemporary Design ». Peu après, je suis rentrée en Belgique avec mon compagnon et ma fille. Et maintenant, j’aime me qualifier d’« architect on a detour ». (Rires)

Ne restez pas sur votre petit nuage, mais cherchez aussi des partenaires pour réaliser quelque chose.

Parlez-moi de cette édition de la biennale... Eh bien, le curateur est l'architecte, auteur et chercheur britannique Joseph Grima. Grima fait partie du collectif Space Caviar. Et ils ont une opinion ! (Rires) Et c'est ce qui est important cette fois-ci. Il ne s’agit plus de placer un beau produit dans une galerie, où des femmes élégantes viennent jeter un œil, sac Delvaux au bras. Grima a proposé le slogan : « The Home Does Not Exist ». Ce qui, bien sûr, suscite la controverse, surtout dans le contexte de toutes ces marques qui viennent présenter des meubles. Mais il veut simplement poser la question : « Où en sommes-nous maintenant ? ». Et il le fait avec une exposition intitulée « The Theatre of Every Day Life ». Il veut tout simplement parler de la salle de séjour. Par exemple, aujourd'hui, tout le monde est connecté numériquement. Dans un monde où Skype est important, qu’est-ce qu’une salle de séjour ? Cela a-t-il encore du sens, ou est-ce votre ordinateur portable qui est devenu votre salon?

Qu’est-ce qui est encore à conseiller ? Les bars que nous construisons dans l'expo. Vous avez Gone Fishing bar, Behind The Curtain, Dried Chat Room et Gelato Meccanico. Rien que des créations des lauréats des « Interieur Awards ». C’est pourquoi on demande à ces gens – souvent jeunes : « Ne restez pas sur votre petit nuage, mais cherchez aussi des partenaires pour réaliser quelque chose. » Nous voulons leur offrir une scène, ainsi que donner à des marques commerciales l’occasion de montrer qu'elles soutiennent aussi de tels projets.

Les gars de Goose font aussi quelque chose ... Ils occupent quatre étages dans la tour BUDA. Chaque membre du groupe décore un étage, et ils jouent séparément une performance spécialement conçue à cet effet. Chaque étage peut accueillir 100 personnes, et celles-ci se retrouvent donc avec l'un des membres du groupe. Ensuite, il y a une after party, où chacun peut partager ses expériences. C'est aussi le but de ce volet urbain : quand l'exposition ferme ses portes, à 18h, chacun peut partir en ville, parce que là-bas, ça continue.

Pour la conception de l'uniforme des hôtes et hôtesses, le choix s’est porté cette année sur Mattia Van Severen, diplômé en 2013 de l'Académie de la Mode d'Anvers. Chaque édition, nous collaborons avec un designer. En général, encore avant sa percée. Cette année, nous avons choisi Mattia. Je pense que ça s’inscrit dans une longue tradition d’avant-gardisme. Nous voulons devancer les tendances.

Mais revenons à vous. Avant notre entretien, vous m’avez fait savoir qu’il n’est pas rare pour vous de travailler 16 heures par jour à la même pièce. Comment vous détendez-vous ? J'essaie de garder une après-midi et une matinée entièrement libres pour ma famille pendant le week-end. Le dimanche matin, nous allons toujours nager. Je dois aussi ajouter que je ne serais pas capable de tenir ce rythme sans l'aide très appréciée de mon compagnon. Mais, fondamentalement, je travaille trop dur. Se réveiller la nuit et s’envoyer des rappels à soi-même, vous connaissez ça ?

Heureusement, vous avez un long break en vue... Oui, je peux faire de très grands projets, mais ensuite, il faut me laisser tranquille. Je veux partir trois mois au Brésil ou deux mois en Argentine. C’est pourquoi, mon compagnon et moi, nous veillons à organiser nos vies de manière à pouvoir nous permettre ces breaks. Sinon, je ne pourrais pas tenir le coup.

Est-ce que Londres vous manque ? Cela fait bientôt trois ans que nous sommes revenus en Belgique, et je regrette les surprises sur lesquelles on tombe dans la rue, les petites choses qui vous font rire, comme le street art là-bas. Et aussi le fait de pouvoir se faire des amis rapidement. À Londres, comme presque tout le monde vit loin de sa famille, les contacts sont plus faciles. Mais ici, à Anvers, on peut vivre dans un logement spacieux et abordable au centre-ville.

Dans l’intervalle, vous avez beaucoup voyagé, exercé différents jobs et vécu longtemps à l'étranger. Qu’est-ce que l’An de 15 ans penserait de l’An adulte ? (Réfléchit) Je pense que je serais très fière de ma place dans le monde. J'ai grandi dans un village avec une mère qui n'en était pas originaire. Et nous avons toujours trouvé que nous devions voir plus loin et découvrir des choses. En fait, j'ai toujours su secrètement que je ferais ce dont j'avais envie. Autrefois, quand je regardais la classe, je me disais parfois : voudrais-je être cette personne ou cette autre ? L'une était jolie, l'autre intelligente, ou autre chose encore. Et pourtant, j’arrivais toujours à la même conclusion : « Je vais de toute façon opter pour moi ! » (Rires)

Biennale Interieur 2014
Du 17 au 26 octobre
Courtrai

www.interieur.be 

Je ne suis cependant véritablement heureuse que lorsque tout le monde est satisfait: les clients, le personnel et moi-même.Arabelle Meirlaen
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Révélation jazz belge

« Vivre le moment présent », tel est le mantra de Mélanie De Biasio, la révélation jazz belge (d'origine italienne). Et c'est aussi exactement ce qu'elle attend de son public : profiter maintenant, participer dans l’instant. C’est peut-être la raison pour laquelle il peut être difficile pour elle d’être interviewée : regarder vers le passé ou vers l'avenir semble inutile pour quelqu'un qui souhaite avant tout être « ici ». Mais comme il n’arrive pas souvent qu’une artiste de notre pays soit comparée aux plus grandes, comme Billie Holiday, Xandres Magazine a néanmoins estimé qu'il était nécessaire de s’entretenir avec elle, ne serait-ce que pour la féliciter de son passage réussi et quelque peu turbulent à Rock Werchter .

Etait-il évident de se produire à un festival de rock ? Tous les festivals où mon groupe et moi-même nous sommes produits au cours de l’été dernier étaient différents. À Rock Werchter, il y a eu le facteur supplémentaire que nous allions jouer juste avant le quart de finale Argentine-Belgique, et lorsque nous sommes arrivés sur place, il était déjà clair que la journée allait être intense. J’avais déjà décidé à l’avance de monter sur scène sans set list. Nous voulions simplement surfer sur l’énergie du public. Jouer pour des fans de foot débridés est une expérience exceptionnelle. Nous étions aussi programmés au prestigieux Montreux Jazz en Suisse, l’autre extrême. Mais c’est vraiment cool de se lancer la tête la première dans ces différents défis.

Vous devez tout de même avoir une confiance incroyable en vous et votre groupe pour dire : « laissons cette set list de côté, on verra bien où ça nous mènera. » Cela fait dix ans déjà que nous nous connaissons, et on se parle peu. Nous ne répétons presque jamais. Je les connais si bien ! C’est vrai que nous partons des titres de mes albums « A Stomach Is Burning » et « No Deal », mais cela sert surtout de base pour les improvisations. Ce qui signifie qu’il n’y a pas deux concerts semblables. Chaque personne qui vient me voir a droit à une expérience unique et éphémère, et je fais aussi participer le public à cette prestation. C’est pourquoi mes concerts sont souvent intenses et magiques.

laissons cette set list de côté, on verra bien où ça nous mènera.

Avez-vous toujours été capable de vous laisser aller facilement ? (rires) Oh non, pas du tout ! Je dois y travailler tous les jours, et m’en occuper très consciemment. Par exemple, pour Rock Werchter, je m’étais dit: « Mélanie, tu as le choix. Ou bien tu essaies d’avoir le contrôle de la situation - jouer juste avant la plus grande compétition sportive de l’année, ou bien tu lâches prise et tu essaies de surfer sur l’énergie du moment. » J’ai fait le deuxième choix, car le premier n’était pas une option, en fait.

Vous avez grandi à Charleroi, une ville qui a aussi un côté un peu morose et sombre. Votre musique est souvent décrite comme étant « moody ». Pensez-vous que votre ville natale a quelque chose à voir là-dedans ? Pour beaucoup de gens, Charleroi n’est pas d’emblée la plus belle des villes, mais pour moi c'est une pépite d’or cachée dans un morceau de charbon. Nous avons tous un caractère fort et assez direct, et ce sont des qualités que j'essaie de préserver. Charleroi est pleine de contrastes, avec beaucoup de lumière mais aussi une certaine obscurité, et peut-être que l’ensemble constitue la base de ma musique.

Pendant un certain temps, vous tourniez en avant-programme avec Eels. Ça se passait comment ? On entend souvent dire que les support acts des groupes plus important sont mal traités, mais nous nous sommes fait des amis pour la vie. Ils partageaient absolument tout avec nous : équipe technique, matériel. À un moment, ils vendaient même nos produits sur leur stand. Ça a été une expérience incroyable.

Un groupe qui tourne depuis si longtemps au niveau mondial vous a-t-il appris quelque chose ? Oui, que je dois surtout persévérer. J’aime la vie de musicien. Et que je dois continuer à suivre mon instinct.

Vous passez bientôt au Cirque Royal à Bruxelles... C’est un rêve qui se réalise ! Nous y jouerons bien sûr des titres de mes deux albums, et j’y ajouterai probablement un nouveau morceau, mais cette salle est tellement belle que nous nous laisserons surtout inspirer par l’environnement. Je suis sûre que ce sera une soirée exceptionnelle.

Vous consacrez beaucoup de temps et d’attention à vos textes, à la musique et à la performance. Mais vous préoccupez-vous aussi de vos tenues de scène ? Absolument pas. Off-stage, j’adore porter de la soie et du cachemire, et j’aime les habits simples et bien faits. Sur scène, par contre, je porte toujours la même chose. J’ai perfectionné ma « tenue de travail », et maintenant que je m’y sens bien, je ne veux plus porter quoi que ce soit d’autre.

Une dernière question : qui est pour vous la femme la plus inspirante de tous les temps ? Nina Simone, dans les années 60 et 70. Tout était bien en elle.

Mélanie De Biasio se produit le 12 novembre au Cirque Royal à Bruxelles.

www.melaniedebiasio.com

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Modèle belge

Amélie Lens est l’un des modèles belges les plus demandés et les plus polyvalents des dernières années. Jeune modèle, elle a gagné notamment le cœur de Jean-Paul Gaultier, qui l’appelait affectueusement “ma petite Belge”, et celui d’Ann Demeulemeester, qui faisait souvent appel à elle pour essayer les « final looks » destinés aux catwalks parisiens, et a exposé son image sur les affiches de plusieurs mètres carrés et diffusées mondialement de Maison Martin Margiela x H&M

Dans l’intervalle, son talent de DJ a aussi été révélé, et on peut la retrouver presque autant derrière les platines que devant l’objectif de photographes renommés comme Wendelien Daan, la photographe de campagne de Xandres. Mais s’adonner au clubbing la nuit, et offrir un visage frais dès le matin ? Comment faites-vous ?

Plus je suis occupée, plus je vis sainement

En 2010, j’ai lancé un concept DJ avec mon copain Sam Deliaert, devenu lui-même producteur et DJ depuis lors. Finalement, nous n’avons pas pu poursuivre ensemble ce projet, parce que je devais beaucoup me rendre à l’étranger trop souvent et pour de longues périodes, pour mon travail de modèle. En 2011, j’ai lancé un duo DJ avec une amie du moment, sous le nom de Søren. Nous étions DJ résidentes pour le programme « Playground » de Studio Brussel, et étions engagées partout en Europe. Nous passions un week-end à Helsinki, et le suivant à Dresde, Amsterdam ou Venise.

Depuis lors, on peut aussi vous engager en solo sous le pseudonyme de RENEE, mais aussi en tant qu’Amélie Lens. Quelle est la différence avec Amélie Lens? Pour l’instant, on m’engage le plus souvent pour des événements de mode et de presse, où ou me connaît évidemment sous mon vrai nom. En tant que « DJ Amélie Lens », je passe mes morceaux les plus accessibles. Mais j’aime aussi énormément l’électro, la techno, la tech-house et la minimal, d’où mon alter ego RENEE. Pendant ces sets, je passe de la musique plus sombre, profonde et hard, mais aussi chaleureuse.

Pourquoi ce nom ? J’ai réfléchi très longtemps à un nom, et j’ai finalement opté pour RENEE car je cherchais un nom androgyne et universel, avec une touche de mystère. J’ai toujours dit que je donnerais à ma première fille le prénom de Renée, qui était aussi celui de ma mère décédée.

Vous menez souvent une vie de noctambule, vous voyagez beaucoup, et devez avoir le teint frais et vous sentir en forme dès le matin en tant que top modèle. Comment faites-vous ?J’essaie de toujours avoir 7 heures de sommeil, et plus je suis occupée, plus je vis sainement. Dans ce cas, la plupart des gens se jettent sur le fast food, et boivent du coca ou des boissons énergisantes « parce qu’ils ont besoin de sucre ». Je fais exactement le contraire, car le corps consomme justement beaucoup d’énergie pour venir à bout de toutes ces cochonneries malsaines, ce qui finalement fatigue plus encore. Parfois, je suis totalement crevée, alors que le prochain jour de congé n’est pas même encore en vue. Je profite alors de mes quelques moments de temps libre pour préparer des barres de céréales, et je fais cuire du quinoa pour toute la semaine. Mais bon, il m’arrive parfois aussi de commander une pizza par téléphone lorsque je suis en congé, hein!

Vous êtes très proche de votre grand-mère. Quelle est la principale leçon de vie qu’elle vous ait transmise ? Ma grand-mère compte énormément pour moi. Elle a toujours été mon meilleur exemple. Elle a élevé seule ses six enfants, et m’a prise chez elle alors que j’avais onze ans. Elle m’a appris que la famille, la santé et manger à satiété sont les choses les plus importantes de la vie. C’est une très forte femme, pleine de confiance en elle.

Vous avez eu une séance de photos avec Wendelien Daan, la photographe de campagne de Xandres. Expliquez-nous comment est née l’idée de la photo sur laquelle vous apparaissez vêtue en tout et pour tout d’un sac Delvaux. Ce shoot pour ELLE a été photographié en deux jours à la Côte d’Azur. La séance a été particulièrement agréable, et c’était la première fois que je travaillais avec Wendelien. Elle vous laisse énormément de liberté en tant que modèle, ce qui est toujours agréable. Pour cette image, nous étions dans une rue, sur une hauteur, avec une vue magnifique. J’ai marché jusqu’à l’arbre, vêtue d’une robe de chambre et, lorsqu’il n’y avait personne dans les environs, la styliste m’a retiré rapidement ma robe de chambre et le shoot a commencé. Pour la photo qui a finalement été choisie, je regarde vraiment derrière moi, car je pensais que quelqu’un arrivait. Le shoot a eu lieu en décembre, il faisait à peine 8°C. La vie glamour d’un modèle ! (rires)

Pour les images de campagne de MMM x H&M, vous avez travaillé avec la réalisatrice et photographe Sam Taylor-Wood. Vos mouvements sur ces images sont fantastiques. Comment ce processus se déroule-t-il dans votre esprit ? Et envisagez-vous de vous lancer dans le métier d’actrice, à l’occasion ? Je me rappelle parfaitement de cette période ! Mon agent m’a appelée : « Amélie, H&M veut t’auditionner pour une mission. Peux-tu partir tout de suite pour Paris ? Il y a un Thalys dans 30 minutes ! » J’ai sauté dans un taxi pour me rendre à la gare, et lorsque je suis arrivée au casting à Paris, on avait préparé une chaise. On m’a dit : « Monte dessus, et danse ». Je ne suis absolument pas danseuse, et ce n’était donc pas facile du tout pour moi. Je me suis simplement contentée de faire quelques mouvements, et lorsque je suis descendue de ma chaise, on m’a dit que j’étais engagée. Le shoot a eu lieu le lendemain matin. Je pense que ça me plairait bien d’être actrice, mais je n’y ai pas encore beaucoup réfléchi. Si l’occasion se présente, je la mettrai sûrement à profit!

Quels sont les trois photographes avec lesquels vous souhaiteriez encore absolument travailler ? Les 3 meilleurs, tiens ! J’ai déjà eu l’honneur d’être devant l’objectif de Tim Walker. Et bien sûr, j’aimerais beaucoup travailler avec Mario Testino ou Steven Meisel.

Vous êtes accro à Anvers : pouvez-vous donner à nos lecteurs 3 spots qu’ils doivent absolument visiter lorsqu’ils passent à Anvers ? Bar : Sips et Vitrin Restaurant : Le John Magasin : Graanmarkt 13

Maintenant que vous savez ce que vous savez, que diriez-vous à l’Amélie de 14 ans? Don’t grow up just yet!!

Instagram : @Amelie_Lens

https://www.facebook.com/renee.antwerp

Crédits photoAmélie Lens (Dominique Models) pour Elle NL mars 2014
Photographie Wendelien Daan (Unit CMA)
Styling Thomas Vermeer
Cheveux et maquillage Judith Neyens (NCL )

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Chef de l'année 2014

Arabelle Meirlaen (41 ans) accumule les récompenses depuis 2005. À l’époque, elle a été couronnée meilleur chef de Wallonie avant de recevoir en 2008 le titre de Lady Chef. Depuis lors, elle a également devancé pas mal de collègues masculins pour décrocher le titre de « Chef de l’année 2014 » décerné par Gault & Millau, la référence en matière de restauration. Xandres s’est entretenu avec cette représentante majeure de la « cuisine intuitive » qui ne laisse manifestement pas le succès lui monter à la tête.

Arabelle Meirlaen : « Ces prix sont certes importants car ils font en sorte que ma cuisine attire l’attention. Recevoir sa première étoile est évidemment aussi très agréable. Je ne suis cependant véritablement heureuse que lorsque tout le monde est satisfait : les clients, le personnel et moi-même. Nous travaillons tous dans le même but et celui-ci n’est pas de décrocher un maximum de prix. Ce que je veux, c’est vivre de façon équilibrée et me sentir bien dans ma peau car cela se reflète dans ma cuisine et c’est ce que les gens ressentent et apprécient.

Je ne suis cependant véritablement heureuse que lorsque tout le monde est satisfait : les clients, le personnel et moi-même.

Lorsque vous étiez adolescente, vous avez hésité entre une carrière de styliste et d’architecte d’intérieur. Votre amour du design est-il toujours perceptible dans votre restaurant ? Pendant mes études, je me sentais surtout attirée par les métiers concrets et c’est ma mère qui m’a proposé d’apprendre à cuisiner, afin que je puisse tout de même me débrouiller (rires). Cela m’a tellement passionné que j’ai voulu aller plus loin. Posséder mon propre restaurant me permet de combiner mes différents centres d’intérêt : l’organisation, l’aménagement, la création. C’est beaucoup de travail mais mon restaurant jouxte ma maison et je m’entoure d’un personnel de pointe … C’est donc une situation parfaite.

Quelle est la principale leçon que vous tirez depuis le lancement de votre « Cuisine Intuitive » et auriez-vous un conseil à nous donner ? J’ai appris à utiliser d’autres produits que ceux qui étaient jusqu’alors la règle dans le domaine de la cuisine gastronomique. Il s’est avéré que mon corps réagissait mal à bon nombre de produits tels que la farine, la crème et le lait de vache. J’ai donc commencé à utiliser des produits bio et locaux. Je veille à ce que mes légumes soient suffisamment frais et je les sers souvent avec des protéines, ce qui permet une bonne digestion. J’aime aussi utiliser le citron et le vinaigre, afin de maintenir l’équilibre en termes d’acidité de l’estomac. Je ne mélange par ailleurs pas trop d’ingrédients. Un conseil que j’applique aussi moi-même est d’aller chercher ses légumes dans des « points verts », c’est-à-dire des fermes ou des petits artisans qui cultivent eux-mêmes leurs produits.

Pour ceux qui souhaitent réserver une table chez « Arabelle Meirlaen », y a-t-il également d’autres choses intéressantes à faire à proximité de votre restaurant ? Quels seraient vos recommandations ? Mon restaurant ne se trouve pas très loin de Durbuy et l’on trouve dans cette région de magnifiques routes pour se balader à vélo, se promener, sans oublier des parcs et des jardins d’enfants. Pour les amateurs, sachez que l’on vient également d’y aménager un nouveau terrain de golf !

En tant que chef, vous portez généralement un tablier ; vous intéressez-vous également à la mode dans le cadre de vos loisirs ? Je n’ai malheureusement plus beaucoup de temps libre mais j’en libère notamment pour me rendre au « Salon du tissu ». J’y choisis mes propres étoffes et je réalise des vêtements pour mes filles et moi-même. En matière de design intérieur, j’aime les éléments naturels en bois, les objets des années ’70, la marque « Knoll » et j’ai aussi chez moi des lustres « Spiridon ».

Pour terminer : quelle est la principale leçon que vous aimeriez transmettre à vos filles ? Je leur parle beaucoup de ce qu’elles ressentent et de leurs centres d’intérêt. Je ne les obligerai par exemple pas à cuisiner. Je veux vraiment qu’elles fassent quelque chose où elles se sentent bien. J’ai appris cela de mon père. Il était constructeur et a inventé diverses machines destinées à aménager l’intérieur des bâtiments de ferme. Il a réussi à vivre de ses créations et j’en suis extrêmement fière. Il écoutait aussi son corps et mangeait ce qui était bénéfique pour lui. C’est exactement ce que je fais, je ne mange personnellement que ce j’estime bon pour moi. L’essentiel, c’est l’intuition…

www.arabelle.be

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Chef of the year 2014

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Grande danseuse et chorégraphe

Vivre dans une compagnie de danse à succès, c’est vivre dans un univers de voyages, de travail de recherche créatif et de discipline. La grande danseuse et chorégraphe Cynthia Loemij le décrit elle-même (avec une pointe d’accent hollandais encore perceptible) comme un train dans lequel on monte et qui vous emmène d’emblée à une vitesse vertigineuse. En 1991, elle est montée à bord de Rosas, notre fierté nationale de la danse, quand elle a obtenu son diplôme de danse à Rotterdam et – à sa grande surprise – été sélectionnée par Anne Teresa de Keersmaeker en personne.

Pour vous, les choses ont démarré vraiment très fort dès le début, non ? Oui, quand j'ai été engagée chez Rosas, je me suis dit : « Super, je vais vivre un an à Bruxelles ! » Ça me semblait si romantique ! Dans l’intervalle, cela fait 23 ans que je suis ici ! (Rires)

Vous montez à bord, et c'est directement parti à fond. Oui, Rosas, c’est un train. Chaque année, on réalise une ou deux productions, et on part en tournée. Et puis il y a les pièces de répertoire qu’on apprend, et pour lesquelles on part aussi en tournée. Au début, j'étais très souvent loin de la maison. Avant même d’avoir eu le temps de le réaliser, cela faisait dix ans que 0j'étais ici, j'avais dansé un tas de productions et participé à un opéra et deux films. Le rythme ne faiblit jamais. Maintenant, il y a de nouveau un grand projet de musée, sans compter d'autres idées nouvelles.

Vous allez à New York, mais vous n’avez absolument pas le temps de voir la ville… C'est un euphémisme. Nous partons mercredi. Jeudi, nous avons la répétition générale, vendredi et samedi, nous jouons « Rosas danst Rosas », dimanche et lundi, « Elena’s Aria », mardi et mercredi, « Bartok », et le lendemain, nous rentrons à la maison. Les répétitions générales pour ces autres spectacles ont lieu dans l'après-midi. Le matin, on nous masse pendant trois quarts d'heure. Au final, on a donc encore éventuellement tout juste le temps de prendre un petit déjeuner, mais en général, c’est à peu près tout. Ce sont aussi des spectacles très lourds. « Rosas danst Rosas » dure deux heures, c’est un véritable marathon. Ce n'est donc pas vraiment malin de sortir en ville tard le soir.

J'ai besoin d'avoir une place spécifique dans la loge, où je me sente bien : non pas au milieu, mais plutôt quelque part dans un coin.

Avez-vous des rituels avant de monter sur scène ? Tout le monde en a. J'ai besoin d'avoir une place spécifique dans la loge, où je me sente bien : non pas au milieu, mais plutôt quelque part dans un coin. Je dois aussi me mettre un instant sur les mains. Ça dépend aussi d’un spectacle à l’autre. Pour « Drumming », je devais sauter très haut.

Devez-vous respecter un certain régime alimentaire ? Anne Teresa de Keersmaeker est très convaincue par l'alimentation macrobiotique. Quant à moi, pas vraiment. Mais je mange à la cantine chez P.A.R.T.S. (l'école de danse d'Anne Teresa de Keersmaeker, NDLR) et c'est très bien, car il y a beaucoup de légumes et tout est bio. Mais l'alimentation macrobiotique ne contient ni viande, ni poisson, ni produits laitiers, or j’adore manger du cheese cake ou une glace. Bien sûr, il faut faire attention, parce qu’on sent vraiment la différence d'énergie quand on a mangé un hamburger avec des frites. Lorsqu’on se nourrit mal et qu’on boit de l'alcool le jour où il faut danser, on peut faire une croix dessus... Les muscles donnent immédiatement un signal, ou on respire plus mal.

Qu’est-ce qui suit, après New York ? De courtes vacances, puis je pars directement en tournée à Berlin. Après, nous dansons « Vortex Temporum », la nouvelle chorégraphie créée par Anne Teresa, et bientôt, j’accompagnerai la tournée de “Drumming” en tant que répétitrice.

Est-ce habituellement votre travail en tournée ? Non, c'est la première fois que je le fais. Habituellement, j’accompagne simplement en tant que danseuse. Mais depuis un certain nombre d'années, je dirige la petite compagnie OVAAL avec Mark Lorimer. Nous avons fait deux représentations, et avons décidé de travailler en free-lance afin d’avoir plus de temps pour créer nous-mêmes, mais aussi pour ne pas toujours devoir être disponibles. Je veux aussi pouvoir être à la maison. Je trouve qu'il est très important de passer du temps avec ma fille Stella et mon mari Clive.

Est-il difficile de séparer art et vie quotidienne ? Vous faites l’objet d’une standing ovation et, peu après, vous devez préparer la boîte à tartines pour votre fille de 10 ans. C’est bien qu’il faille préparer des tartines, parce que quand il n'y a rien à faire, que Stella est à l'école, Clive au travail, et que je suis à la maison, par exemple après une tournée, c'est toujours un moment difficile. J’adorerais lire des livres ou ce genre de choses, mais je me sens parfois un peu perdue. Et quand j’ai retrouvé mon équilibre, il est souvent temps de commencer une nouvelle pièce ou de redonner cours.

Rosas a travaillé plusieurs fois avec Dries Van Noten. Avez-vous de l’influence sur les costumes ? Non, c'est Anne Teresa qui en décide avec Tim Van Steenbergen, lequel a déjà créé des choses pour nous, ou Anne-Catherine Kunz, qui fait les costumes de Rosas.

Y a-t-il des choses que vous ayez portées pour danser et qui vous soient restées particulièrement en tête ? Les costumes de Dries Van Noten dans "Just Before" et "Drumming" étaient très beaux. Je trouvais également très drôles les vêtements qu'ils portaient autrefois dans "Bartok", une sorte de look pensionnat.

Chez OVAAL, votre propre compagnie, assurez-vous ce rôle vous-même ? Lors de la première représentation, nous avons demandé à Anne-Catherine, parce qu'elle est une de nos bonnes amies, et son briefing était de faire des vêtements qui ne font absolument pas penser à Rosas et qu’on ne mettrait jamais dans la vie quotidienne. Elle a finalement proposé une robe rose. Je ne la porterais jamais. J'aime laisser d’autres prendre ce genre de décisions. On est surpris par ce que les gens imaginent et vous proposent. Soi-même, on choisit toujours la même chose. Si vous me laissez choisir, c’est généralement du noir ! (Rires)

Vous travaillez depuis très longtemps déjà au top niveau. Quel est actuellement le plus grand défi pour vous ? Combiner travail et vie privée, et puis trouver un défi personnel dans l'enseignement. Je préfère encore la scène. Parce qu’on est dans le « maintenant ». On ne peut penser à rien d'autre, ni s’inquiéter. On danse « maintenant ». C’est en fait une sorte de méditation.

C’est ce qui me paraît génial dans votre travail. Il est très athlétique et exige beaucoup de concentration, mais vous avez la satisfaction de vous être consacrée à des choses qui génèrent une sorte de beauté, ou un moment qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs. Oui absolument. C'est aussi pourquoi je le fais encore.

Retrouver à chaque fois cette beauté, cela reste-t-il une constante au fil des ans ? Non, les choses évoluent. Au début, j'étais tellement transportée que chaque pas, chaque suspense, chaque respiration étaient extrêmement importants. Cela m’oppressait incroyablement. Quand une représentation se passait mal ou que je ne me sentais pas bien pendant une représentation, cela me donnait un véritable sentiment de malaise, et il m’était difficile de passer outre. De même, la réaction du public me préoccupait énormément. Mais après un certain temps, ça passe. Au bout de dix ans, on se dit : « Oui, il y a dix ans, cela me préoccupait énormément. Personne ne s’en souvient. Je dois tout simplement profiter de la danse. Donc, j’ai fini par apprendre.

Vous êtes maintenant depuis plus de vingt ans au top. Avez-vous des fans inconditionnels ? Y a-t-il des gens qui viennent voir toutes les représentations de Rosas et vous suivent en voyage ? Quand j'étais plus jeune, j'avais beaucoup de fans, vous savez ! Mais il y a quelques irréductibles qui assistent à toutes les représentations. A Bruxelles, il y avait toujours un petit homme avec de grosses lunettes, assis au premier rang. Mais nous le soupçonnions de rechercher autre chose que seulement la danse ! (Rires)

www.rosas.be

© photo: Herman Sorgeloos

Un bon architecte vous aide non seulement à concevoir et à construire votre projet, il sait aussi vous libérer du stress inutile!Charlotte Lardeyret
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Créatrice de bijoux

En plus d’une plateforme en ligne, nous voulons cette année offrir un coup de projecteur offline aux femmes qui nous inspirent. C’est la jeune créatrice de bijoux Lore Van Keer (29 ans), au style minimaliste caractéristique, qui ouvre le bal, avec une parure pour Xandres. Papote avec cette « Inspiring Woman » à propos de grands rêves, de la dorure des stéréotypes et de ce que l’on peut ressentir lorsque l’une de vos créations se retrouve dans une boîte à bijoux quelque part au château de Laeken.

Vous venez de dessiner un bijou pour la reine Mathilde qui a retenu l’attention de la presse. Racontez-nous. Tout a commencé avec « Belgian Beauties », un concours organisé par l’Unizo pour la création de « produits-souvenirs » belges artisanaux. Quatre designers ont été sollicités afin de proposer un prototype pour lancer le concours. Comme c’est la reine Mathilde qui remettait les prix, nous avons également créé quelque chose pour elle. Dans mon cas, il s’agissait d’une paire de boucles d'oreilles en or blanc 18 carats incrustées de diamants blancs. J’ai commencé par faire quelques recherches sur les bijoux que la reine Mathilde affectionnait particulièrement. J’en suis arrivée aux boucles d’oreilles et la reine s’est montrée très enthousiaste.

Qu’attendez-vous de telles collaborations ?  C’est avant tout un honneur de se voir proposer une collaboration de ce type, bien entendu. C’est également « la chance d’une vie ». L’été dernier, j’ai lancé une collection « or » que j’aimerais étoffer. L’attention de la presse constitue donc une publicité précieuse. Et qui sait, peut-être un jour, deviendrai-je, moi aussi, fournisseur officiel de la cour ! 

Vous voyez grand, j’aime ça !  C’est ce qu’il faut, non ? Je veux conserver mon propre style, et non m’orienter vers des créations où foisonnent diamants et perles. J’aime concevoir des pièces uniques pour quelqu’un, mais ces bijoux doivent garder ma signature.

J’ai analysé la structure de l’un de ces tissus et j’en ai fait une forme abstraite.

Eva Daeleman porte aussi vos bijoux. J’ai entendu dire qu’une amie y était pour quelque chose... J’ai un jour laissé échapper, dans un bar, que j’aimerais voir une BV porter mes créations. Quelqu'un du groupe a répondu qu’elle connaissait Eva Daeleman et qu'elle lui enverrait volontiers un petit tweet. Eva a immédiatement réagi. Une semaine plus tard, j’avais rendez-vous avec elle à la VRT et tout était réglé. Ce que j’aime, avec cette collaboration, c’est qu’Eva porte mes bijoux parce qu’elle les apprécie réellement, pas parce qu’il s’agit d’un sponsoring fortuit. Nous déjeunons de temps en temps ensemble et je reçois énormément de réactions via les médias sociaux lorsqu’on la voit porter du « Lore Van Keer » à la TV. Incroyable ce que cela déclenche ! Ces agréables surprises ont pour effet que j’ai encore plus envie d’aller de l’avant. Cela semble parfois étrange, mais l’amour de mon métier s’intensifie avec le temps.

Pour la première collection « Inspiring Women » by Xandres, vous avez imaginé des boucles d’oreilles et un collier. Racontez-nous comment cette collaboration a vu le jour ? J’ai été très flattée que Xandres me demande de devenir leur « Inspiring Woman ». C’est plutôt agréable à entendre ! Je me suis alors inspirée des étoffes que l’on retrouve dans la collection actuelle. J’ai analysé la structure de l’un de ces tissus et j’en ai fait une forme abstraite. Xandres lance régulièrement des collections capsules et je voulais proposer quelque chose qui aille avec tout. Des bijoux qui se portent aussi bien avec une tenue chic qu’une robe ample ou un pull oversize.

Êtes-vous, vous-même, fan de Xandres ? Certainement ! Je suis une adepte du « casual chic », comme la veste biker gris clair de cette saison. Je la trouve top ! Les pièces légères et oversize, c’est aussi mon style ! 

Qu’est-ce qui, selon vous, caractérise le style Lore van Keer ? Quelle est votre marque de fabrique ? L’abstraction est quelque chose de très important pour moi. J’aime le minimalisme, mais emprunt de délicatesse et de féminité. Je veux créer des bijoux que vous ne retrouverez pas à tous les coins de rue, mais qui restent portables.

En termes de style, quelles sont vos icônes ?  Les créateurs Ann Demeulemeester et Dries Van Noten. Quelqu’un comme Hannelore Knuts. Je suis aussi fan du travail du designer de mobilier et architecte Mies van der Rohe. 

Parlez-moi un peu de votre nouvelle collection… Ma nouvelle collection, qui sera disponible dès mars 2015, s’intitule « Stéréotype ». L’histoire derrière la collection est qu’on a tous des stéréotypes vis-à-vis des autres ou que l’on colle des étiquettes. Je veux détourner ces étiquettes, leur donner un twist positif en les dorant ou en les recouvrant d’argent. Mais certaines de mes créations antérieures restent dans la collection. Des pièces que j’aime créer comme celles de la collection mosaïque, celle avec laquelle le public a appris à me connaître. Cette collection, je continue à l’alimenter. Parfois, j’enlève des pièces.

Vous vous êtes accordé une belle forme de liberté. C’est important, non ?  Je travaille souvent l’argent et des pierres noires, des matériaux intemporels, alors pourquoi devrais-je tout gommer tous les six mois ?

Quel est votre prochain challenge ? Pour l’instant, mes créations sont uniquement disponibles en Belgique et j’aimerais me développer au-delà des frontières. Mais ce n’est pas si simple.

Dans quelles boutiques aimeriez-vous le plus voir vos créations exposées ?Je suis encore en phase de prospection, mais en tout cas, je ne vise pas les bijouteries classiques. De la même manière que je ne crée que des bijoux que j’aime porter moi-même, je veille à ce que ma marque soit distribuée dans des boutiques qui vendent des vêtements, par exemple, qui me plaisent personnellement. 

Vous travaillez aussi sur commande ? Absolument. En plus de ma collection, je crée également des pièces uniques telles que des alliances ou bagues de fiançailles. J’aime lorsqu’un bijou naît d’une discussion où, à partir d’esquisses ou de modèles que j’ai réalisés, je peux proposer quelque chose de nouveau. 

Vous voyagez beaucoup pour vous inspirer ?  L’architecture et le design d’intérieur m’inspirent énormément et je lis un tas de magazines de mode. Les treks sac sur le dos ne sont pas pour moi. Par contre, j’aime les city trips. Les villes me parlent terriblement. Les passants qui ont de l’allure me donnent des idées. 

Vous avez votre propre boutique à Wolvertem. Avez-vous encore d’autres rêves ? À long terme, j’aimerais ouvrir une autre boutique, dans une plus grande ville. Mon rêve ultime, c’est une boutique à Paris. Cela me paraît encore très lointain, mais qui sait... Quand j’étais encore à l’école, mon plus grand rêve était de voir un jour mon nom sur une boîte à bijoux. 

Un rêve qui s’est plutôt bien réalisé ! Vous savez, en ce moment, je me sens un peu euphorique, mais je suis bien consciente que je dois rester concentrée. Mes bijoux ne vont pas se créer tous seuls. Quels que soient les horizons qui s’ouvrent à moi, je procède toujours selon le même schéma : faire des recherches, me fier à mon instinct et puis… faire le grand plongeon. 

www.lorevankeer.com
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Architect

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Architect

Lorsque nous avons rencontré l’architecte parisienne Charlotte Lardeyret, elle venait juste d’achever avec brio deux projets aussi prestigieux que différents. Un loft dans le quartier branché et vivant du Marais d’une part, et l’extension d’une propriété datant du 16e siècle dans le Pays d’Auge d’autre part. À l’aise dans tous les environnements, elle aime avant tout relever des défis. Et entre la cuisine, la mode, et l’achat de pièces d’art de rêve lors de ventes aux enchères, son cœur balance. Cette "chic lady" nous a entretenus de chasse et de lieux insolites à Paris ainsi que de la manière de choisir son architecte.

Quand avez-vous été réellement fière de vous la dernière fois? J’ai conçu un appartement à Paris pour un client qui vivait à New York. J’ai donc essentiellement communiqué avec lui via Internet. Ce client a été tellement ravi de mon travail et de ma perception de son mode de vie qu’il m’a également confié la mission d’acheter ses objets d’art. Je vais donc écumer tous les salons et ventes publiques d’art intéressants pour lui...

C’est aussi l’une de vos passions, n’est-ce pas? Assurément! Si je n’avais pas été architecte, j’aurais sans hésitation été commissaire-priseur.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui doivent choisir un architecte? Commencez par examiner les listes officielles. Prenez connaissance des projets que chacun a réalisés. Si vous aimez ce que l’un a créé, prenez un premier rendez-vous sans engagement. Assurez-vous que le courant passe avec cette personne. Si ce n’est pas le cas, la relation ne fonctionnera pas. Un bon architecte vous aide non seulement à concevoir et à construire votre projet mais aussi à économiser temps et argent, à négocier avec les contractants et à vous libérer du stress inutile!

Un bon architecte vous aide non seulement à concevoir et à construire votre projet, il sait aussi vous libérer du stress inutile!

Où puisez-vous l’inspiration pour vos conceptions? Lors de mes voyages et de ventes aux enchères et dans les salons d’art. Mais aussi lors de mes rencontres et collaborations avec d’autres artistes, comme mon amie créatrice de mode Céline Méteil, que je suis depuis ses premiers croquis.

Nous savons que vous aimez cuisiner. Avez-vous un plat fétiche? J’aime cuisiner le gibier. Des canards sauvages ou du sanglier de la région d’où je suis originaire, la Sarthe. Chaque année, j’accompagne des chasseurs durant la saison de chasse. Le gibier est une viande peu grasse et délicieuse.

Quelles sont les trois choses essentielles pour vous durant un jour de congé? Voir des amis, faire du sport et déguster un bon plat de fromage.

Vous êtes l’une des Parisiènnes les plus cool que nous connaissions. Pourriez-vous nous recommander quelques lieux insolites à visiter lors de notre prochaine visite de la capitale française? “Le Fantôme" est un nouveau bar tenu par l’excellente équipe de l’établissement "Le Baron". Si vous aimez jouer à des jeux vidéo vintage et boire des cocktails, c’est the place to be! "The Carpenters Gallery" présente une sélection de belles œuvres d’art très avant-gardistes. "The Broken Arm" propose une superbe collection de vêtements. Et cerise sur le gâteau: on vous y offrira un délicieux café. Lorsque le soleil est de la partie, allez prendre un verre "Au perchoir", sur la terrasse de toit. Vous aurez une jolie vue sur Paris. La galerie "Alaïa", à la rue de la Verrerie, est un must pour tous les amoureux de vraie couture. Et pour les fêtards noctambules, "Le Nuba" propose vraiment de la bonne musique.

Quelles sont vos attentes pour les années à venir? Je voudrais faire ce qui est le plus important dans l’existence…

C’est-à-dire? Profiter de la vie!

www.charlottelardeyret.com

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Célèbre photographe néerlandaise

Après une première collaboration réussie, Xandres a une fois encore fait appel à la célèbre photographe néerlandaise Wendelien Daan. Il s’agit cette fois de mettre en image la campagne Printemps/Eté 2014. En son temps, Wendelien a mis de côté son diplôme de designer pour se lancer dans la photographie de mode. Avec succès : ses travaux ont été publiés notamment dans VOGUE Paris, I-D, Marie Claire, ELLE, elle a travaillé avec Dries Van Noten et Viktor & Rolf, et les top models Cara Delevingne, Lara Stone et Alek Wek ont posé devant son objectif. Il était grand temps d’avoir un entretien avec cette femme inspirante.

J’ai entendu dire que vous êtes une fervente motarde. Racontez-nous ça!« J’ai obtenu mon permis moto il y a 3 ans, et je regrette encore de ne l’avoir pas fait plus tôt. A part la photographie, la moto est mon activité favorite. J’aimerais pouvoir en faire tous les jours. L’art de maîtriser cette force brute sur deux roues me donne un énorme kick, plus encore que le ski, lorsque je dévale une montagne à toute vitesse. La destination d’un trajet en moto est pour moi sans importance. Ce qui compte, c’est la route à faire. Avec un maximum de virages en épingle ! (rires). »

Vous êtes titulaire d’un diplôme de designer de mode, mais vous vous êtes entièrement dédiée à la photographie après vos études. Pour quelle raison? « Pendant mes études, je n’ai jamais trouvé quelqu’un capable de bien mettre mon travail en image, comme je le souhaitais. Je l’ai donc fait moi-même. Je pense en images et en récit, et la photographie est par conséquent l’un des meilleurs modes d’expression. C’est vraiment une vocation. »

Vous travaillez avec les femmes et les hommes les plus beaux du monde, selon les canons de la mode, mais d’après vous, qu’est-ce qui fait un bon modèle?«Un modèle professionnel est bien préparé pour une séance photo, physiquement et mentalement. Il est important d’être en forme le jour même et d’avoir beaucoup d’énergie, car la journée est souvent longue. Cela aide aussi énormément lorsque le modèle connaît bien son corps et le langage corporel qui s’y rattache. Et il doit pouvoir se projeter sans réserve dans le « personnage » du jour.

Comment créez-vous l’ambiance sur le plateau?«Je mets de la bonne musique lorsqu’il s’agit d’une séance dynamique. J’aime travailler avec une équipe fixe, où tout le monde se connaît bien : il en résulte toujours une atmosphère conviviale, où chacun reste néanmoins concentré.»

Pouvez-vous nous parler d’un moment charnière dans votre carrière? « Ma carrière a pris son envolée en 1997, et j’ai travaillé en très peu de temps pour de nombreux grands périodiques internationaux, dont les éditions française et japonaise de Vogue, i-D et Wallpaper. De 1999 à 2004, j’ai surtout travaillé à New York et à Paris. Le dernier grand périodique international pour lequel j’ai récemment travaillé est l’édition américaine de Marie Claire. »

Vous êtes aussi maman. Comment faites-vous pour combiner l’éducation avec une vie bien remplie, avec de nombreux voyages? «Jusqu’en 2011, ma belle-mère était disponible à 100% pour veiller sur son unique petite-fille lorsque je devais voyager. Elle est malheureusement décédée, et mon époux et moi-même avons alors dû trouver ensemble des solutions. Heureusement, il y a la garderie, et nous avons suffisamment d’amis et de voisins sympathiques. Je voyage aussi moins fréquemment, pour des périodes plus courtes, et finalement, tout fonctionne parfaitement. »

Que faites-vous pour maintenir votre équilibre? «J’adore manger, mais des choses saines. Je suis une vraie foodie. Pour le reste, je fais du sport depuis toujours, 2 à 4 fois par semaine, histoire de maintenir la forme et de garder le sourire."

Qu’aimez-vous le plus dans votre travail?«Comme je le disais, mon travail est une vocation. Tout ce que je photographie retient entièrement mon attention et mon engagement. De plus, j’ai aussi à présent le loisir de n’accepter que les commandes qui m’inspirent, et pour lesquelles je peux exprimer le meilleur de moi-même.»

A court terme, quel autre objectif souhaitez-vous accomplir ? «Publier une suite à mon premier livre « Wendelien Daan : Tales : 1998-2004 ».
www.wendeliendaan.com

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Chanteuse

"Les Marolles! Je suis née à la place du jeu de balle" s’exclame avec enthousiasme Joy Adegoke, enfant de l’électro, aujourd’hui femme affirmée de 32 ans, alors que je lui demande quel lieu de sa ville natale lui manque le plus. Elle a quitté Bruxelles il y a quelque temps pour se rendre à Berlin avec son partenaire à la scène comme dans la vie, Wim Janssens, avec lequel elle forme le duo "Joy Wellboy". La fameuse DJ et as des platines Ellen Allien souhaitait en effet produire leur premier album « Yorokobi’s Mantra » sous son label. Entretemps, le duo connaît son premier hit fracassant sur "Radio Eins", l’équivalent allemand de notre Radio 1, et débute sa tournée mondiale.

Votre premier album "Yorokobi’s Mantra" est sorti il y a quelques mois. Quelle est la plus belle réaction que vous ayez reçue concernant le disque?"Un jour un fan nous a envoyé une saisie d’écran de notre clip de "Lay Down Your Blade" sur laquelle on pouvait voir qu’il avait écouté 100 fois le morceau sur la journée. Et après un concert, un homme nous a glissé un paquet de café fraîchement moulu. Il nous a alors expliqué que le même morceau avait sauvé son couple."

Dans "The Movement Song", j’ai le sentiment que vous comblez le fossé entre un Erykah Badu plus jeune et Roisin Murphy. Qu’en pensez-vous ? "Je suis fan absolue de Roisin. J’aime son attitude, ce qu’elle dégage, sa façon de bouger. De plus, ses textes contiennent toujours des messages empreints de mystère. Elle utilise un langage imagé très élégant ! Peut-être provenons-nous de la même planète ? Nous avons toutes deux tendance à changer notre timbre en fonction de la chanson que nous interprétons… Elle m’a influencé positivement et m’a donné de la force, c’est certain. Dans les moments difficiles, je trouve le réconfort dans les paroles de ses chansons. Elle fait preuve d’une incroyable détermination.”

Votre partenaire musical l’est aussi dans la vie. Avez-vous un rituel particulier juste avant d’entrer en scène? A-t-il besoin de se retrouver seul? Que faites-vous une heure avant le spectacle? "Avant le spectacle nous sommes ensemble. Nous sommes déjà, chacun à notre manière, plongés dans le show. Nous nous immergeons dans l’ambiance du concert et prenons le temps d’échauffer notre voix, de nous habiller, etc. Nous nous regardons dans les yeux, et puis GO ! (rires)”

Dévoilez-nous quelque chose de lui que la plupart des gens ne savent pas encore. "Il est capable de nager deux longueurs entières sous l’eau! ”

Vous avez un style vestimentaire très particulier. Comment le décririez-vous ?"Je suis très branchée années 80, mais mon style varie d’un jour à l’autre, en fonction de mon humeur. Et j’aime l’or ! Pour l’instant, je porte souvent du bleu ciel et des T-shirts oversized. J’essaie également toujours d’apporter une petite touche ludique pour tout mettre en équilibre… J’aime personnaliser mes vêtements avec des « smiley faces », des motifs appliqués au fer à repasser, des cœurs, ou encore des choses que je trouve à la brocante. Mes accessoires de coiffure sont aussi très importants. Il m’arrive même de me sentir mal dans ma peau parce que je ne porte pas le nœud adéquat dans mes cheveux ! Ma coiffure est réellement le prolongement de ce que je dégage."

De qui vous inspirez-vous en matière de mode ? "Ces derniers temps, je suis assez fascinée par Tilda Swinton, et Jane Birkin dans sa jeunesse. J’aime aussi Franzius, une fantastique berlinoise qui crée mes tenues de scène et s’est chargée du stylisme pour notre pour notre nouveau clip : "Birds" ”

Vous habitez Berlin. Quels sont pour vous les trois lieux incontournables de la ville?"Tempelhof pour faire du roller. Le lac Liepnitzsee, tout droit sorti d’un conte, et le Hamburger Bahnhof (gare de Hambourg) parce que le bâtiment à lui seul est magnifique.”

"Buy Me Flowers" est l’une de mes chansons favorites de votre album. Quand avez-vous reçu des fleurs pour la dernière fois?"Oh là… Wim ne m’a jamais surpris en m’offrant des fleurs. Mais le week-end dernier, je me suis gâtée moi-même avec trois roses rouge foncé. Comme ça, pour le plaisir!”

www.joywellboy.be

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Outre un spotlight en ligne, Xandres invite en 2015 des femmes fortes à faire preuve de créativité sur sa plate-forme. Après le succès de la collaboration avec Lore Van Keer, la conceptrice de "La Femme Garniture", Sabine Van Acker, a été invitée à créer un plaid unique "Sabine Van Acker for Xandres". Le parcours de cette styliste d’accessoires quinquagénaire est une source d’inspiration car elle prouve, une fois de plus, qu’oser n’a décidément rien à voir avec l’âge.

Après 25 ans de bons et loyaux services comme graphiste, vous avez décidé, en 2011, de devenir conceptrice d’accessoires indépendante. Pourquoi ce changement de carrière?L’idée me turlupinait depuis des années mais je n’osais pas franchir le pas, car j’avais vu, à la maison, combien la vie d’indépendant pouvait être difficile. Dans les années 50, mon père concevait des chaussures pour des fabricants belges et étrangers et était, par ailleurs, un dessinateur et photographe méritant. Avec le déclin de l’industrie de la chaussure en Belgique, ma famille a connu une période difficile et cela m’a marquée. Mais j’ai toujours eu en moi ce besoin de créer, que je tiens vraisemblablement de mon père. Après mes heures de travail, je créais des sacs à main et les réactions étaient très positives. J’ai d’abord reçu des commandes d’amis, puis des amis de mes amis, vous savez comment cela va. Je suis alors devenue indépendante à titre complémentaire, mais les demandes allant croissant, après 25 années de travail créatif dans une entreprise de sérigraphie, j’ai démissionné pour me consacrer entièrement à ma marque : "La Femme Garniture".

Comment êtes-vous passée des sacs à main au tricot?Chaque pièce de ma collection de sacs à main était unique, entièrement réalisée à la main. Pour moi, mes créations devaient être de qualité mais à un prix abordable, d’où une recherche importante du matériau adéquat. Mon mari travaille dans le commerce du tissu et via ses contacts, nous avons déniché, voici quelques années, une machine à tricoter circulaire et avons fait la connaissance de quelqu’un qui manipule et entretient ces monstres depuis la plus tendre enfance. Pour ma part, j’excelle dans le mariage des couleurs et des motifs. Mon époux maîtrise les spécificités des tissus et des fils et ma « tricoteuse » connaît les possibilités de combinaisons entre les fils et les points. Ça a collé entre nous et je me suis lancée dans le tricot et la conception d’étoffes.

Vos écharpes et vos couvre-lits connaissent un immense succès. Xandres vous confie aujourd’hui la réalisation d’un plaid "Sabine Van Acker for Xandres".Xandres est une valeur sûre en Belgique et j’ai suivi de près leur collaboration avec Lore Van Keer. Quand la responsable marketing, Nienke Lambert, m’a contactée, je n’ai pas hésité une seule seconde. Elle m’a demandé de créer une couverture légèrement moins épaisse pouvant également faire office de cape, d’écharpe, voire de poncho. Le concept devait être prêt en l’espace de quelques semaines, de manière à pouvoir être repris dans la campagne photos d’hiver.

Qu’attendez-vous de cette collaboration?J’espère en retirer une plus grande notoriété, évidemment, mais aussi et surtout découvrir le fonctionnement d’une collaboration avec une entreprise de cette envergure.

Vous avez également été sélectionnée par la plate-forme de créativité "De Invasie". Racontez-nous.Je dois beaucoup aux fondateurs Bert Pieters et Yves Drieghe. Mes amis m’avaient suggéré à plusieurs reprises de m’inscrire pour la présélection, mais j’hésitais. Il fallait, selon moi, un produit parfaitement fini pour participer à "De Invasie". Quand j’ai posé ma candidature, j’ai immédiatement été sélectionnée. Grâce à la plate-forme, mes créations se vendent aujourd’hui jusqu’au Japon. Lors de l’événement "De Invasie van Amsterdam" organisé par la plate-forme, une femme m’a acheté une écharpe pour sa sœur, qui tient un hôtel doté d’une boutique-galerie à Kyoto. Quelques mois plus tard, je recevais ma première commande pour cette galerie et cela se poursuit. L’Allemand "Monoqi" m’a repérée lors de "De Invasie van Kortrijk". Bref, la plate-forme fonctionne et m’a véritablement servi de tremplin. Je me souviens comme si c’était hier du moment où j’ai appris ma sélection. Mon mari a immédiatement sabré le champagne. Et comme il ne boit pas, j’ai pour ainsi dire vidé la bouteille à moi seule. Quelle journée mémorable!

Quel est votre plus grand défi aujourd’hui?Faut-il développer ma petite entreprise ou non? Elargir mes collections ou pas? Telles sont les grandes questions auxquelles je suis confrontée. Vous savez, j’aurais aimé faire le grand saut vers le statut d’indépendant dès la quarantaine, mais de graves soucis de santé m’ont contrainte à reporter mon projet de quelques années. Je ne suis pas une carriériste à qui rien ne peut résister. Selon les conseils de personnes que je tiens en estime, je ne dois pas transformer "La Femme Garniture" en grande entreprise. Je veux maintenir une activité gérable et adaptable. C’est pourquoi mes collections sont en vente uniquement chez les commerçants avec qui je suis sur la même longueur d’ondes. Je n’ai pas l’intention de me limiter au tricot. J’aimerais reprendre ma collection de sac à mains et m’orienter davantage vers le linge de maison.

Vous nous avez parlé de vos parents qui n’ont pas eu la vie facile. Que pensent-ils de votre succès?Malheureusement, papa est décédé. Maman m’a confié récemment "Vraiment, Sabine, c’est fantastique ce que tu as réalisé!". Elle est très fière de moi, mais reste malgré tout – et c’est compréhensible – un peu inquiète.

Vous avez pris un gros risque à un âge déjà assez avancé et vos enfants en sont conscients. Quelle leçon aimeriez-vous qu’ils en tirent? Mon mari et moi avons une fille de 19 ans et un fils de 13. Nous les encourageons à vivre leur passion. Ma fille est mon modèle, pour les séances de photos pour "La Femme Garniture", mais elle est aussi mon baromètre. Elle a le regard de la jeunesse et élargit souvent ma vision. Les enfants sont parfaitement conscients du chemin que nous avons parcouru, mon mari et moi. Ils font preuve de beaucoup de compréhension et nous recevons un grand soutien de leur part. Cela fait énormément plaisir.

www.xandres.be/sabinevanacker
www.lafemmegarniture.be

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"De Madammen" - Radio 2

Cathérine Vandoorne n'est pas uniquement l’une des protagonistes du populaire programme « De Madammen » sur la chaîne flamande Radio 2, c’est aussi une personnalité inspirante pour nous parce que nous pouvons annoncer - à juste titre - fièrement qu’elle est désormais l’un des visages de Xandres xline. Mais Cathérine n’est pas uniquement un visage et une voix… C’est aussi un talent qui travaille dur. En effet, en tant que coproductrice de ses programmes, elle se plonge aussi dans la gastronomie et l’art culinaire, thèmes qu’elle aborde à la radio.Elle nous a parlé de ses challenges, de ses talents cachés, de ses enfants… et de ses bains de 2 heures !

Cuisiner à la radio, comment faites-vous cela ?« Hé oui, ce n’est pas facile… Nous commençons par définir le contenu, ce que nous voulons raconter. Nous choisissons ensuite la personnalité qui convient, ou voyons s’il existe un reportage en relation, etc. Je règle chaque détail. Et comme j’ai endossé ce rôle, la gastronomie est devenue une passion. Pourtant, au début, j’étais pour ainsi dire à peine capable de cuire des spaghettis. »

Depuis ma collaboration avec Xandres xline, je porte désormais aussi des couleurs vives.

Vous ne semblez reculer devant aucun défi. Ainsi, vous aviez à l’époque commencé à faire des émissions radio sportives alors que vous ne connaissiez par exemple rien au football.« Effectivement. Mais attention ! C’est une évolution progressive. Disons que cela arrive un peu par hasard… Mais il est vrai que dans tout, je trouve toujours quelque chose qui m’intéresse. »

Est-ce que cette soif de savoir, cet intérêt existent chez vous depuis toujours ?« Mes parents disent que j’étais une enfant très loquace, qui aimait expérimenter. Et j’étais apparemment toujours très pressée de tout découvrir. J’ai d’autre part suivi des cours de théâtre et de diction.

Et ce rêve de devenir actrice ?« Il suit son chemin. Je fais du théâtre amateur depuis quelque temps. J’adore me glisser dans la peau de quelqu’un d’autre, aller fouiller dans les recoins de ma personnalité. Pour diverses raisons, on m’a toujours proposé des rôles comiques, mais en fin de compte, j’aime surtout le dramatique. Je suis aussi capable de pleurer sur commande. Si vous voulez, j’explose en larmes dans les deux minutes. »

La maternité vous a-t-elle beaucoup changée ?« Absolument ! Je suis devenue maman sur le tard. J’avais 41 ans. Il faut dire qu’avant, je travaillais tout le temps. Maintenant, j’ai une raison de rentrer à la maison. J’arrive également davantage à relativiser.

La maternité vous a-t-elle beaucoup changée ?« Absolument ! Je suis devenue maman sur le tard. J’avais 41 ans. Il faut dire qu’avant, je travaillais tout le temps. Maintenant, j’ai une raison de rentrer à la maison. J’arrive également davantage à relativiser.

Supposons que vous disposiez d’un weekend de liberté. Et que votre petite fille soit en de bonnes mains. Quels seraient les ingrédients de ce week-end ?« Tout d’abord, de l’eau. J’adore les longs bains. De deux heures, au moins. J’aimerais ensuite aller acheter de bons ingrédients pour préparer un délicieux repas. Un curry thaï. Ou un plat au four, quelque chose avec des chicons et du faisan, ou dans ce genre. Et s’il fait beau j’aimerais aussi aller travailler au jardin.

Venons-en à Xandres xline. Comment cette coopération a-t-elle débuté ?« Alors que nous devions tourner un spot TV avec « De Madammen », la styliste m’a demandé où j’achetais mes vêtements. Ce n’est pas toujours simple pour moi, parce que je n’ai pas une taille standard. J’ai expliqué que je trouvais de jolies choses chez Xandres, et maintenant, nous travaillons ensemble ! »

Pourriez-vous nous décrire votre style ?« Auparavant, ma garde-robe ne contenait que du noir. Je me disais que le noir amincissait. Mais depuis ma collaboration avec Xandres xline, je porte désormais aussi des couleurs vives. Et je me sens revivre ! »

Vous êtes jolie !« Je ne le ressens pas souvent. Ma corpulence me gêne quand je cours derrière ma fille, par exemple. Ce n’est pas agréable. J’ai commencé à prendre du poids à la puberté. Ensuite, j’ai tout essayé. J’ai suivi tous les régimes imaginables. Et avec succès ! Cependant, j’aime manger et boire. Je mange très sainement à la maison. Mais j’aime aussi aller au restaurant. Et je ne bouge pas suffisamment. Bref, c’est un cercle vicieux. Plus vous avez des kilos en trop, et plus il est difficile de faire du sport. »

Notre dernière question : quels sont vos souhaits pour 2014 ?« Être aussi heureuse qu’en 2013. Plus heureuse ne serait pas possible, je pense. J’ai vraiment connu une année fantastique. Je suis mariée à un homme merveilleux, j’ai un magnifique enfant et j’exerce un métier exceptionnel. Je suis vraiment très heureuse et je m’emploie réellement à protéger ce bonheur.

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Capitaine de l'équipe belge de hockey

En tant que capitaine de l'équipe de Belgique de hockey sur gazon féminin, Charlotte De Vos (29) apprécie le boom actuel de son sport favori : le jeu – très technique, se plaît-elle à souligner – dans lequel les filles n’utilisent rien de plus qu'une crosse, une balle et leur corps puissant et vif pour vaincre leur adversaire, tout en ayant l’air toujours très féminines avec leur queue de cheval bondissante et leur jupe courte. Mais comment combine-t-elle sa fonction d’athlète olympique, de leader (elle a mené son équipe à la 11ème place en 2012) et de propriétaire d’entreprise ? Nous lui avons posé la question.

Combien de temps avez-vous été capitaine des Red Panthers ? Depuis 2010, mais j'ai commencé à jouer au hockey à l'âge de cinq ans.

Etes-vous fière de ce titre ? Très. D'autant plus depuis que nous prenons une telle ampleur. Quand j'ai été choisie en tant que capitaine, c’était un processus naturel : je prenais un peu plus d’âge et j’avais l'expérience nécessaire. Je voulais vraiment aider l'équipe à accéder à un autre niveau. Je me sentais prête à le faire. Cependant, il faut être conscient de la pression qui va de pair avec le titre. Il n'y a pas de pauses. Je dois toujours être là pour l'équipe, pour le meilleur comme pour le pire. Comme je dirige aussi ma propre entreprise, j’arrive parfois à l'entraînement en étant fatiguée avant même que nous n’ayons commencé. Je suis là à 100 %. Si jamais je ressens une baisse, je suis la première à lever un drapeau.

Ainsi, vous combinez une place dans l'équipe « Oranje Zwart » (Pays-Bas) et dans celle des Red Panthers (Belgique) avec un job exigeant ? Quel genre de travail faites-vous ? Depuis maintenant quatre ans, mon frère et moi dirigeons notre propre société d'informatique, De Vos Systems. Nous vendons un ensemble de logiciels pour clubs sportifs appelé ONLI. Il permet à ceux-ci de gérer plus facilement leur administration, leur communication et leurs finances.

Je vais continuer jusqu'au Championnat du Monde de La Haye, en 2014.

Avez-vous encore une vie personnelle ? Une vie de famille? Comment maintenez-vous votre équilibre ? C’est parfois difficile ! { rires }
Je divise mon temps en segments. Il y a des segments dédiés entièrement au sport, au travail, ou à la famille. Mais il y a aussi des segments que je me réserve. Il y a tellement de choses que je veux apprendre, tellement de choses pour lesquelles je veux m’améliorer ! Chaque fois que je sens que je me retrouve avec trop peu de temps pour ces choses-là, j’y remédie. C'est un choix délibéré.
Pour être honnête, je suis encline aux extrêmes. D'une part, je veux me donner à fond pour le hockey, parce que si on ne se donne pas à 100 %, on n’est pas au meilleur de soi-même et ce n'est pas amusant. D'autre part, je suis bien consciente du fait qu’on peut aller trop loin. Si je me concentrais uniquement sur mon travail et mes sports, je ne pense pas que je pourrais être heureuse. Je l'ai fait pendant certaines périodes de ma vie, et on ne peut pas continuer comme ça. Alors, on est au pied du mur.

Devez-vous faire attention à ce que vous mangez ? Être un joueur de hockey signifie qu’on ne peut pas laisser son pourcentage de graisse corporelle devenir trop élevé. Mais ce n'est pas le genre de sport qui exige un pourcentage de graisse nul, comme l'athlétisme. C'est un sport de contact, et on a besoin de graisse pour éviter les blessures. J'aime manger sainement, de toute façon. Je m'intéresse à tout ce qui est lié à une bonne hygiène de vie : cuisine, yoga, techniques de relaxation ...

Quels sont vos autres centres d’intérêt ? Qu'aimez-vous faire ? D'autres sports. J'aime le golf. J'aimerais apprendre le kite surf ou la voile. Un de mes bons amis organise des week-ends de kite surf et j'ai été invitée à maintes reprises, mais je ne peux pas y aller maintenant. Les risques sont trop élevés. Mais c'est quelque chose que j’ai vraiment l'intention de faire après le hockey. Voyager, découvrir des villes, visiter des expositions ... voilà quelques-unes des choses que je n'ai pas suffisamment faites.

Vous avez dit que vous preniez de l’âge. Quand je vous vois assise là en face de moi, je me dis : « Elle peut passer encore une dizaine d'années au plus haut niveau, minimum ! » {rit aux éclats} L'année dernière, lorsque les Jeux olympiques se sont terminés, pour la première fois, je me suis sentie plus vieille. C'est vraiment confrontant. J'étais blessée, aussi. Il faut beaucoup d'énergie supplémentaire pour guérir d'une blessure. Les tournois, je les prends un à la fois. J'ai dit que j’allais continuer jusqu'au Championnat du Monde de La Haye, en 2014. On va voir ce que ça va donner.

A votre avis, que va-t-il se passer au Championnat du monde ? Nous avons joué contre 3 des plus grandes équipes du monde cet été au Championnat d'Europe : Allemagne, Angleterre et Pays-Bas. Le Championnat du Monde ne sera pas beaucoup plus difficile que cela.

Fixez-vous vous-même des objectifs pour votre équipe ? Toujours. Et nous sommes très claires à ce sujet, aussi. En tant qu’équipe, il est vraiment important de travailler aux mêmes objectifs. Mais nous n'avons pas encore fixé nos objectifs pour le Championnat du monde. Personnellement, je voudrais être dans le top 6. Je pense que nous sommes prêtes pour cela.

Croisons les doigts !

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Bibliothécaire de MoMu

« Happy Birthday Dear Academie » est le titre enjoué choisi pour la célébration des 350 ans de la Royal Academy of Fine Arts Antwerp et des 50 ans de la prestigieuse école Antwerp Fashion, qui a formé des créateurs de mode parmi les plus respectés au monde, comme les Six d’Anvers. Birgit Ansoms (36), bibliothécaire du MoMu et initiée du secteur de la mode, nous détaille son parcours avant de décrocher le job de ses rêves et de présenter l’exposition pour laquelle elle s’est préparée durant plus de dix ans…

Vous n’occupez peut-être pas une haute fonction mais vous n’en êtes pas moins une personnalité importante dans les murs de l’Antwerp Fashion Academy… Je ne sais pas si le qualificatif « important » se justifie. Je travaille essentiellement dans les coulisses. C’est pourquoi vous ne trouverez pas grand-chose à mon sujet sur Google (rires). Je suis par contre une bibliothécaire qualifiée. J’ai étudié ici, à Anvers, et je me suis réellement toujours intéressée à la mode. C’est pourquoi j’ai étudié la confection de costumes de scène durant deux ans. Lorsqu’un poste d’assistant-bibliothécaire s’est libéré, j’ai bondi sur l’occasion, d’autant plus que l’archivage d’articles sur la mode belge faisait partie des activités inhérentes à la fonction. Mon emploi ici réunit tout ce qui m’a toujours intéressé. J’aide les visiteurs dans leurs recherches et j’essaie de les orienter vers les bonnes sources d’information.

Je me suis réellement toujours intéressée à la mode

L’exposition « Happy Birthday Dear Academie - 50 Years Antwerp Fashion Department » a débuté. Quelles sont vos attentes ? Au rez-de-chaussée de cet immeuble, vous trouverez une ligne du temps des 50 années d’existence de la Fashion Academy. Elle commence avec des photos en noir et blanc datant des années 60, ensuite vous pouvez clairement voir l’évolution jusqu’à nos jours. L’académie jouit aujourd’hui d’une renommée internationale. Nos élèves viennent non seulement des quatre coins du monde mais ils collaborent aussi avec les plus grandes maisons du monde. C’est ce genre d’évolution que nous souhaiterions montrer. Mais il y a aussi l’exposition à proprement parler. Je ne vais pas tout dévoiler, car nous voulons vraiment que le public vienne et découvre par lui-même, mais sachez que nous avons collaboré intensément avec l’équipe académique actuelle, dont Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene, Hilde Frunt… Nous nous sommes réunis à intervalles réguliers durant une année entière et chacun a choisi les pièces qu’il/elle considérait comme les plus inspirantes durant toute l’existence de l’académie. Une tâche pour le moins laborieuse car il s’agit des travaux d’étudiants, donc certains n’ont pas persévéré. D’autre part, à ses débuts, l’académie organisait une grande vente chaque année, après le défilé de mode. De nombreuses pièces ont donc été difficiles à retrouver. Bien entendu, ces aspects ont rendu le travail d’autant plus intéressant. Professeurs et responsables du musée travaillons en effet dans le même bâtiment depuis 11 ans, mais nous n’avions jamais réellement collaboré étroitement. C’est la première fois.

Quelle est votre partie préférée de l’exposition ? Il y aura un grand mur présentant les meilleurs croquis et dessins des étudiants. Yvonne Dekock, la professeure de graphisme, a travaillé avec tant d’acharnement pour retrouver les meilleures pièces, les ramener ici et les sélectionner ! Ce sera une vraie « Wow experience » ! Les pièces exposées incluront des travaux d’anciens étudiants comme Patrick Van Ommeslaeghe (qui a ensuite travaillé chez Gaultier, Balenciaga, Jil Sander, etc.) et Wim Neels. La qualité de ces dessins est tout simplement incroyable ! Tim Van Steenbergen a également tout gardé depuis les premières années jusqu’à aujourd’hui et il a tout ramené pour l’exposition. Nous avons également pu faire une sélection parmi tous les carnets de croquis.

Aimez-vous porter les créations de certains anciens étudiants en particulier ? En fait, j’achète beaucoup de Stephan Schneider. Depuis ses débuts, outre sa petite touche supplémentaire, je trouve ses vêtements réellement confortables. Ici, à la bibliothèque, je cours d’un côté à l’autre. Le confort est dès lors également important pour moi.

Venons-en au défilé de fin d’année 2013. Quel est le travail qui vous a le plus interpellé ? C’est difficile à dire. Vous savez, je ne suis que bibliothécaire. Je ne suis pas experte en la matière. Mais Minju Kim a fait de très nombreuses recherches à la bibliothèque. J’étais vraiment très emballée de regarder le défilé et de pouvoir me dire : « Tiens, elle m’a demandé ça et peut-être a-t-elle utilisé cette technique ici… ». Je me trompe peut-être, bien sûr. Mais c’était chouette de le remarquer et cela m’a rendue heureuse, en quelque sorte.

www.happybirthdaydearacademie.be

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Chanteuse de Hooverphonic

Pour son nouvel album "Reflection", Hooverphonic a de nouveau fait preuve d’une créativité particulière. Alex Callier, Raymond Geerts et Noémie Wolfs avaient lancé auparavant un appel à leurs fans, en leur demandant de venir chez eux pour enregistrer leur album. Finalement, tout le groupe, accompagné par les techniciens et l’équipe, s’est rendu à 5 endroits différents (un hôtel de maître, un loft, etc.) pour y vivre et y enregistrer ensemble pendant une semaine. Le résultat est un son nouveau et naturel pour le deuxième album, avec la leader Noémie, qui a cette fois également co-écrit certains titres.

"Les toutes premières semaines avec Hooverphonic n’étaient pas vraiment saines pour moi, physiquement et mentalement. Trois semaines avant nos deux premiers concerts à l’AB à Bruxelles, j’avais déjà perdu mon appétit. La même chose s’est produite l’année passée, lorsque nous étions au Sportpaleis. Récemment, je suis allée au Sportpaleis pour voir Jay-Z, et une amie m’a demandé : "Quel effet cela faisait, quand tu étais toi-même sur cette scène?". La réponse a été que je ne m’en souvenais vraiment pas. J’avais traversé ce concert dans un élan de folie. Et à l’AB, c’était exactement la même chose. J’ai dit plein de choses en français sur scène. Alors que je ne parle absolument pas le français!" (rires)

N’y a-t-il pas d’enregistrements que vous pouvez revoir par la suite ? "Sûrement, mais ce n’est pas ce que je fais. Je ne cherche pas à me revoir, je trouve cela encore trop confrontant. M’entendre à la radio, ça va. Mais l’image en plus, c’est trop. Lorsqu’on organise un screening de nos vidéos, je n’ose pas regarder. Je suis une femme pleine d’incertitudes. Mais ça s’améliore."/p>

Pouvons-nous déjà vous féliciter pour le nouvel album ? Il est très différent du précédent… "Merci ! Je pense que nous cherchons à nous réinventer en permanence. C’est ce que font aussi les artistes que j’apprécie."

Je pense que nous cherchons à nous réinventer en permanence. C’est ce que font aussi les artistes que j’apprécie.

J’ai l’impression qu’il s’agit d’une sorte d’album break-up. Les textes parlent de distance, de colère... "C’est drôle, vous êtes l’un des premiers à le remarquer. La plupart disent :"c’est un album très optimiste", ce qui est vrai aussi."

Plutôt pour les arrangements... "Exact. Cela montre aussi à quel point peu de gens de nos jours sont encore attentifs aux textes. Sans vouloir trop dévoiler : il est vrai que les textes sont souvent émotionnels ou négatifs, et qu’il est question de break-ups. Mais ce que j’aime tant avec Raymond et Alex, c’est qu’ils essaient de contourner cet aspect. 

Quels sont les titres que vous avez co-écrits ? "Copper et Roadblock. J’ai récupéré les programmes d’ordinateur d’Alex et de Raymond pour composer seule chez moi. Au début, j’avais du mal à aller chez Alex avec mes idées brutes et, à mon avis, ridicules. Mais il se mettait aussitôt à la production, et utilisait des samples et des plug-ins. Il savait parfaitement où je voulais en venir, et y rajoutait un peu de lui-même. Lorsqu’on entend le titre ensuite, avec les backing vocals et ce que ça y apporte... Je sais que c’est un peu bête à dire, mais ces deux titres sont ceux que je porte le plus dans mon cœur."

Pour se maintenir à un tel niveau en tant qu’artiste, cela tient du sport de haut niveau. Avez-vous entre-temps trouvé votre rythme ? "Je cherche toujours. Alex et Raymond m’avaient prévenue dès le début : ça peut être très chargé pendant un an, pour retomber au calme plat pendant les deux années suivantes. Mes amis me disent souvent qu’ils ne voudraient jamais échanger leur vie contre la mienne. On ne peut presque rien prévoir. J’ai essayé de bloquer la date du mariage de ma sœur plus d’un an à l’avance. En vain, car nous avons dû jouer ce jour-là. C’est l’un des aspects moins agréables de la vie de musicien. Mais, par rapport à tout le reste, ça ne pèse pas lourd."

Qu’envisagez-vous pour l’année prochaine ? "Nous serons sur scène avec un nouveau show. Je suis surtout curieuse de voir comment les gens vont réagir. Nous sommes très enthousiastes, et j’espère que ce sera le cas également pour le public."

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